Noah Lapierre et ses équipiers des Patriotes avaient vaincu les Citadins il y a un an en quarts de finale de la saison de soccer intérieur, mais les Montréalais ont pris l'ascendant depuis. Les joueurs de l'UQTR espèrent retrouver le chemin de la victoire face à leurs vieux ennemis samedi, à Québec.

Soccer universitaire: des comptes à régler

Il y a longtemps qu'une fin de semaine de matchs n'avait pas suscité autant d'enthousiasme dans le camp des Patriotes soccer.
Oui, la formation masculine est habituée aux grands rendez-vous depuis quelques années, mais les filles ne pouvaient pas en dire autant. Or, voilà que samedi, à Québec, les deux sélections de l'UQTR tenteront de mériter leur billet pour la finale provinciale de soccer intérieur, un rare moment de concordance qui réjouit les acteurs impliqués.
Roch Goyette, aux commandes des Patriotes garçons, n'aura sans doute pas besoin d'écrire un discours digne des meilleurs scènes de films sportifs pour stimuler sa troupe. C'est que les Trifluviens croiseront la route des Citadins de l'Université du Québec à Montréal, les mêmes qui les ont privés d'une participation au Championnat canadien universitaire l'automne passé. Les Citadins avaient alors prévalu en finale québécoise, au terme d'une campagne mouvementée entre les deux clubs. Une bataille avait notamment éclaté au stade Gilles-Doucet du Séminaire Saint-Joseph le 10 octobre et Goyette avait été suspendu à la suite de cette mêlée.
L'action a repris cet hiver pour la saison intérieure et les Montréalais ont encore pris la mesure de leurs vieux ennemis, cette fois par la marque de 2-0, dans la métropole. L'heure de la revanche a-t-elle enfin sonné pour l'UQTR? «Le match de la finale à l'automne hante encore nos joueurs, surtout les vétérans. Ils ont ça dans la tête depuis plusieurs mois», concède Goyette, plus que fébrile à l'approche de ce duel très attendu.
Le portrait général donne raison à Goyette. Samedi au stade Telus de l'Université Laval, la meilleure attaque du circuit universitaire, celle des Patriotes, en découdra avec la défensive la plus efficace (Citadins). L'autre demi-finale mettra aux prises les Carabins de l'Université de Montréal et les hôtes du Rouge et Or. Les deux gagnants se retrouveront en finale dimanche après-midi.
«C'est extrêmement prometteur», reconnaît Goyette, qui a vu quatre de ses hommes être retenus sur les équipes d'étoiles du Réseau du sport étudiant du Québec.
Le milieu de terrain étoile, le finissant Billal Qsiyer, auteur de quatre buts en huit sorties, a été élu sur la première équipe d'étoiles. Ses coéquipiers Dominic Provost (gardien de but), Félix Bouchard (milieu) et Guy-Alain Fahé (attaquant) ont quant à eux été choisis sur la deuxième équipe.
L'effet Durnick Jean
Si on se transporte dans l'autre vestiaire uqtérien, les filles des Patriotes peuvent aussi prétendre à de belles choses, même si la commande s'avère titanesque. En effet, les joueuses de Durnick Jean rencontrent samedi les représentantes de l'Université Laval, qui ne sont rien de moins que les championnes canadiennes de la saison d'automne!
Mais depuis que Jean offre davantage de son temps à la cause du soccer féminin sur le campus, des résultats probants ont été observés. Les filles ont récolté cet hiver deux victoires en sept parties, soit autant de gains que lors des deux hivers précédents! Elles ont causé une belle surprise en éliminant le Vert et Or sur son terrain, il y a quelques jours à Sherbrooke en quarts de finale.
«On a changé des choses cet automne, mais plus important encore, les filles ont embrassé la cause», soumet Jean, qui a entamé la saison d'hiver avec une victoire même s'il n'avait pas de gardienne de but!
«Une joueuse de demi-centre a gardé le filet mais depuis ce temps, nous avons déniché deux filles pour défendre les buts», sourit l'entraîneur, dont cette réalité témoigne d'un grand désir de vaincre sur le plan collectif. «On a recruté des filles de la ligue intra-murale à l'université. Nous sommes passés de 14 à 20 joueuses.»
Parmi ces 20 joueuses, l'attaquante Valérie Noël s'est taillée un poste sur la deuxième équipe d'étoiles. Troisième meilleure buteuse du circuit, elle était dans la course pour l'obtention du titre jusqu'au dernier match, mais Jean a préféré la laisser de côté par mesure préventive, elle qui avait déjà écopé de deux cartons jaunes jusqu'ici. Elle aura toutefois la chance de se reprendre samedi, à l'instar de toutes ses coéquipières, qui ont soif de victoires après tant d'années de vache maigre.