À maintes reprises cette saison, des équipes se sont présentées aux divers terrain de soccer afin de jouer un match, mais aucun arbitre ne s'est présenté sur les lieux.

Soccer: la gestion des arbitres critiquée

En pénurie d'arbitres depuis trop longtemps, les équipes de soccer de la région doivent en plus, cette année, négocier avec une gestion déficiente dans la coordination des officiels par l'Association régionale de soccer de la Mauricie.
Des parents et des entraîneurs ont déjà manifesté leur mécontentement aux dirigeants de la Fédération de soccer du Québec. Les faits reprochés à l'association sont nombreux: absence de juges de lignes pour les rencontres de certaines catégories, manque de communication et difficulté à recruter des officiels. Pire encore, dans certains cas, l'arbitre en chef ne se présente pas au match.
Entraîneur de l'équipe féminine U-18 locale du Club de soccer de Trois-Rivières, Sylvain Laroche en a ras-le-bol. Il se fait d'ailleurs le porte-parole d'un regroupement de parents, de joueurs et d'autres représentants d'équipes du territoire de la Mauricie. «Ça fait dix ans que je m'implique dans le coaching et je n'ai jamais vu ça. À trois ou quatre reprises cette année, nous sommes arrivés sur un terrain pour constater qu'il n'y avait pas d'arbitre. On a dû reprendre des parties plus tard dans l'été. Il nous en reste encore beaucoup à jouer.»
À un certain moment, pendant cinq semaines, le CSTR U-18 n'a disputé que deux rencontres, faute d'officiel. Le 13 août, l'équipe se rendait à Saint-Étienne-des-Grès pour reprendre un de ces duels. Surprise, pas plus d'arbitre cette fois-ci!
«J'ai des filles de Nicolet dans mon club, il n'était pas question qu'on ne joue pas. Un parent s'est porté volontaire pour arbitrer, même s'il ne connaît pas grand-chose au soccer. On lui a trouvé un sifflet! Quand ça te prend 45 minutes pour te rendre au terrain où ton match a lieu, c'est vraiment ordinaire.»
Au cours de l'une de ces parties, une joueuse de Laroche s'est portée volontaire pour officier. Elle attend toujours son salaire. «J'ai des filles dans le groupe qui se font remplacer au travail pour venir jouer. Elles perdent de l'argent.»
Certaines demandent d'ailleurs un remboursement partiel de leur inscription. Car elles se sentent discriminées. «Elles ont payé pour la présence de juges de lignes, mais on les attend encore. Les règlements stipulent pourtant que nous avons droit à deux juges de lignes et un arbitre à partir d'une certaine catégorie d'âge. Mais dans la ligue locale senior, parfois, il n'y a aucun des trois! Les gens sont fâchés et avec raison. C'est mal administré. Va-t-on recevoir un crédit l'an prochain?»
Avant de rejoindre Le Nouvelliste, plusieurs parents auraient contacté la fédération ainsi que l'association régionale. Pas de retour d'appel toutefois du côté de cette dernière.
«Ça traîne depuis longtemps et on se rend compte que ce n'est pas un problème propre au senior féminin, se désole un parent. Ça coûte cher les faire jouer au soccer, mais on n'a pas l'impression d'en avoir pour notre argent. C'est de la mauvaise gestion. Certains disent que les arbitres sont maintenant payés aux six semaines plutôt qu'aux deux semaines. C'est décourageant car il y a de nombreux étudiants dans le lot.»
Soccer Québec au courant
À la Fédération de soccer du Québec, on admet avoir eu vent de la situation en Mauricie. «On recense divers problèmes dans certaines régions chaque été. Pour l'instant, j'attends une communication plus officielle avant d'intervenir mais en tout temps, la Fédération offre son soutien aux associations dans le dossier de l'arbitrage», assure le directeur de l'arbitrage de l'organisme, Mathieu Chamberland.
Depuis ce printemps, l'Association régionale de soccer de la Mauricie n'a plus de coordonnateur aux arbitres. Le mandat de gérer les officiels revient donc à la directrice générale Sophie Poujade.
«À la Fédération, on recommande à nos associations d'engager un directeur ou un coordonnateur à l'arbitrage. Ça prend de l'expérience et une certaine compétence.»
Dans certaines villes, des clubs ont même claqué la porte de leur association afin de former leurs propres arbitres, frustrés de la situation.
De son côté, Sylvain Laroche jure ne pas en vouloir aux arbitres, bien conscient que ceux-ci évoluent dans des conditions parfois difficiles. «Ça allait bien avant lorsqu'un responsable des arbitres travaillait à plein temps. On a l'impression que la job ne se fait plus et ça affecte beaucoup de monde. Il y a peu de relève, mais si c'était possible au moins de garder ceux toujours présents, de leur donner le goût de rester.»
La saison achève dans la Ligue mauricienne de soccer et quelques équipes espèrent pouvoir satisfaire leurs joueurs avec les matchs à reprendre. Pas évident dans les circonstances, déplore Laroche. «On a hâte d'avoir des réponses de l'association régionale.»
Le Nouvelliste a tenté de joindre Sophie Poujade mardi soir, mais en vain.