Dominique Maltais a été solide lors de chacune des étapes menant à la finale.

Snowboard Cross: la pression s'est enfin envolée

Il fallait voir Dominique Maltais à l'entraînement l'été dernier pour comprendre à quel point toute sa vie tournait autour de l'épreuve de snowboard cross des Jeux de Sotchi. Après la déception de Vancouver, il n'était pas question pour elle de rater cette dernière chance de décrocher une médaille olympique.
J'ai eu l'occasion de m'entraîner à ses côtés lors de la dernière saison estivale. Dominique avait tout mis de son côté afin d'être à son meilleur en 2014. Elle pouvait profiter de son propre entraîneur technique ainsi que d'un préparateur physique.
Les quatre années qui ont séparé les Jeux de Vancouver et de Sotchi lui ont permis d'acquérir beaucoup d'expérience, elle qui faisait déjà preuve d'intelligence en piste lorsqu'il est temps de choisir son moment pour dépasser.
C'est d'ailleurs ce qui lui a sauvé la vie dimanche, puisque, contrairement à son habitude, l'athlète de 33 ans a connu de très mauvais départs, si bien qu'elle était quatrième dès le lancement de l'épreuve lors de la finale, mais aussi de la demi-finale.
Une situation qui l'a forcée à jouer au chat et à la souris, ce que, de toute évidence, nous préférons éviter en snowboard cross. Son expérience lui a toutefois servi. Plutôt que de se précipiter à tout prix, elle a été patiente et a attendu les endroits parfaits pour ravir une place à ses opposantes. Lors de son dépassement sur Belle Brockhoff en demi-finale, elle a aussi profité du fait que l'Australienne est une goofy (ndlr: le pied droit à l'avant) pour la dépasser en utilisant l'angle mort de la planchiste.
Maltais a aussi su se tenir loin du trouble lorsque Lindsey Jacobellis a chuté alors qu'elle se dirigeait vers la victoire. Pour l'Américaine, il s'agit d'une autre déception aux Olympiques qui fait suite à celles de 2006 et 2010, et ce, même si elle domine la scène du snowboard cross. Si certains l'accuseront d'avoir croulé sous la pression, je crois tout simplement qu'elle a été malchanceuse lorsqu'elle a manqué de stabilité dans son absorption après un saut.
Samkova était trop forte
En finale, Maltais devait se mesurer à Eva Samkova, qui a beaucoup progressé cette année en remportant deux des trois coupes du monde auxquelles elle a participé. Face à une adversaire en feu, la native de Petite-Rivière-Saint-François n'avait pas de chance de revenir de l'arrière après son mauvais départ. Lorsqu'elle a finalement accédé au deuxième rang, Samkova était déjà bien loin.
C'était un parcours sans faute de la part de la Tchèque, qui a connu un bon départ et qui était excellente lors de ses atterrissages. Dominique n'a vraiment pas à rougir de terminer deuxième derrière une telle compétitrice. D'ailleurs, elle semble être en accord puisqu'elle y est allée d'un large sourire au terme de la course. La pression s'était enfin envolée de sur ses épaules et c'est une excellente manière de conclure une carrière.
Propos recueillis par Nicolas Ducharme