Jan Hudec a concrétisé un vieux rêve en montant sur la troisième marche du podium des Jeux de Sotchi dimanche, aux côtés du grand Bode Miller.

Ski alpin: celui que personne n'attendait

Les Olympiques, c'est l'affaire d'une journée, particulièrement au super-G, où tu n'as pas droit de tester la piste contrairement à la descente. On peut donc avoir droit à de belles surprise et c'est ce qu'a accompli Jan Hudec, dimanche, en remportant le bronze.
Même si personne ne l'attendait, l'Albertain a fait une descente brillante. Après avoir montré une certaine retenue lors des quatre premières courbes, un secteur très difficile, il a fait preuve de précision dans ses amorces de virage, en plus d'être très agressif. Sa ligne était parfaite et il a pris des chances. Au final, ce fut très payant.
Hudec est reconnu comme un bon glisseur et c'est quelqu'un qui est costaud, ce qui lui a bien servi à Sotchi.
La médaille de bronze du Canadien est d'autant plus surprenante qu'il ne connaît pas une grande saison, en plus d'avoir été blessé au dos. Avec son parcours, il a dû faire preuve de beaucoup de persévérance. Ce n'est pas celui qu'on attendait, mais on ne peut pas dire qu'il ne l'a pas mérité. Terminer à égalité avec Bode Miller, c'est assez gratifiant. Je ne sais pas s'il s'agit de ses derniers Jeux, mais si c'est le cas, c'est une belle façon de terminer sa carrière.
Les Olympiques, c'est très différent du cadre habituel des compétitions. Les distractions sont légions et la pression est énorme sur les favoris. Contrairement à Érik Guay, Hudec n'en avait pas de pression, ce qui a peut-être joué un rôle dans sa spectaculaire performance.
Guay était-il blessé?
Le parcours olympique d'Érik Guay s'est terminé sur une déception. Si certains diront que la pression et les attentes étaient peut-être trop importantes à l'endroit du skieur de Mont-Tremblant, je continue de me demander s'il n'était pas encore incommodé par son genou droit. Après être passé sous le bistouri en septembre dernier, il a semblé aggraver de nouveau cette blessure il y a un mois à Wengen.
Dès le début de sa course, il était en retard dans tous ses virages. Il était raide et son temps de réaction n'était pas aussi rapide que ce à quoi il nous a habitué.
La bonne nouvelle est la 10e place du Canadien Morgan Pridy, à seulement 23 ans. Ça démontre qu'il y a de la relève au pays.
Propos recueillis par Nicolas Ducharme