Pour sa dernière saison avec les Carabins, Frédéric Laplante-Thompson a atteint des sommets offensifs avec 17 passes captées et 201 verges de gains .

Sixième chapitre en six ans

Trois-Rivières — Le Rouge et Or de l’Université Laval et les Carabins de l’Université de Montréal en finale de la Coupe Dunsmore, c’est pratiquement devenu une tradition. Pour une sixième année de suite, les deux ennemis jurés ont rendez-vous en finale du circuit universitaire québécois, samedi au Stade Telus de Québec.

Le duel affichera encore une fois une touche mauricienne alors que six joueurs issus de la région goûteront à ce rendez-vous fort attendu. Pendant que Thomas Frost sera l’unique Mauricien dans le camp du Rouge et Or, on retrouvera cinq joueurs aux racines mauriciennes dans l’alignement des Carabins de Danny Maciocia.

Du lot, Jean-Sébastien Bélisle et Frédéric Laplante-Thompson sont les plus expérimentés, eux qui viennent de vivre leur quatrième campagne au CEPSUM. Ils sont d’ailleurs bien placés pour partager l’ivresse que peut procurer une victoire à la Coupe Dunsmore contre les rivaux de la Vieille Capitale. Après tout, ils y ont goûté à l’automne 2015. Cette année-là, les Bleus avaient atteint la finale canadienne avant de s’incliner 26-23 devant les Thunderbirds de l’Université de la Colombie-Britannique.

Dernier droit

Depuis, deux défaites en finale provinciale se sont ajoutées au compteur. Pour Laplante-Thompson, qui complète ses études cet automne, le dernier droit s’annonce particulièrement émotif. Contrairement aux saisons précédentes, l’ancien des Diablos du Cégep de Trois-Rivières et des Gothics de l’école secondaire Des Pionniers a eu l’occasion de contribuer davantage aux succès collectifs. En neuf rencontres, le Trifluvien de 25 ans a capté 17 passes pour des gains de 201 verges, des sommets en carrière.

«Je suis bien content d’avoir pu participer. Il y a beaucoup de profondeur chez les Carabins, mais je suis toujours prêt à répondre à l’appel quand on a besoin de moi. Je joue au football depuis que je suis au secondaire alors je sais que ça ne sera pas facile la transition d’étudiant-athlète vers le marché du travail. Je veux profiter de chaque moment au maximum», explique le numéro 84.

Bélisle est en un autre qui a su laisser sa marque chez les Carabins cette saison. Ralenti par des ennuis de santé lors des deux dernières années, le demi défensif est revenu en force avec 19 plaqués en huit matchs. Son brio lui a d’ailleurs valu une place sur l’équipe d’étoiles du RSEQ.

À sa quatrième saison universitaire, le demi défensif Jean-Sébastien Bélisle a été choisi sur l’équipe d’étoiles du RSEQ.

Puis, au premier tour éliminatoire, il s’est offert une interception retournée sur 42 verges, à la porte des buts! «Cette année, je voulais seulement jouer au football. Je sais que je suis capable de jouer dans ce calibre-là. Dans tout ça, c’est le plaisir qui demeure la clé!», mentionne le numéro 9, membre de l’unité défensive qui a inscrit un record du réseau québécois pour le moins de points accordés en une saison (46.)

À ce sujet, l’ancien du Vert et Or du Séminaire de Trois-Rivières n’est pas prêt à étiqueter la défensive 2018 comme étant la meilleure depuis son arrivée en 2015. «On se retrouve avec une unité à maturité cette saison. J’ai joué avec beaucoup de bons joueurs depuis que je suis avec les Carabins. Ce qui fait notre force, c’est la profondeur. Dès que quelqu’un quitte, il y en a un autre qui est prêt à prendre sa place. Il n’y a pas seulement que les partants qui ont eu leur mot à dire dans les succès. Tout le monde y a contribué et tout le monde peut être fier de ça.»

Avantage Rouge et Or

Cette saison, le Rouge et Or a dompté deux fois les Carabins, 12-7 au CEPSUM et 18-15 en prolongation au Stade Telus de Québec alors que le premier rang du classement était à l’enjeu. Comptez sur les Carabins pour faire fi de ces résultats lorsque le coup d’envoi sera donné samedi! «On sait très bien qu’on peut rivaliser avec eux. Ça donne toujours des matchs serrés. On doit simplement bien exécuter nos jeux. Dans le vestiaire, on sait qu’on peut gagner», souligne Laplante-Thompson, qui évolue aussi chez les Carabins avec son ancien coéquipier des Diablos Cédric Mignault (ligne défensive) et les anciens du Vert et Or du Séminaire de Trois-Rivières Marc-Antoine Lemay (ligne offensive) et Antoine Mailhot (receveur).

Au-delà de l’intense rivalité, le receveur de passes rappelle que les Carabins ne veulent pas se contenter d’un rôle de figurants à la Coupe Dunsmore. Leurs ambitions dépassent le cadre du réseau québécois. «À chaque année, le but n’est pas de gagner la Coupe Dunsmore ou la demi-finale canadienne. Le but, c’est de gagner la Coupe Vanier. Nos yeux sont là-dessus. Mais avant, on doit réussir à sortir du Québec», rappelle Laplante-Thompson.

«Très excitant»

Du côté du Rouge et Or, le secondeur Thomas Frost est également plongé dans la frénésie du week-end. Au terme d’une saison régulière parfaite, les attentes sont encore à l’apogée du côté de Québec. «Il y a toujours un gros ‘X’ sur le calendrier pour ce match-là. Ce sont toujours des gros matchs comme Montréal et celui-là l’est encore plus car il est sans lendemain. C’est toujours très excitant pour les joueurs et les partisans», mentionne l’ancien du Vert et Or du STR.

À sa deuxième saison dans la Vieille Capitale, le Trifluvien a été en uniforme lors du premier match de la saison. Depuis, il continue de mettre les bouchées doubles à l’entraînement, question d’être fin prêt lorsque les entraîneurs feront appel à lui.

«En saison, tu pratiques pour prouver que tu mérites une place dans l’alignement. Quand tu arrives en éliminatoires, tout le monde travaille pour le même but. Il faut mettre sa personne de côté. Je vis très bien avec mon rôle de soutien. Le jour de match, il n’y a que les joueurs habillés qui ont un impact, mais dans la préparation, on a aussi un rôle important à jouer», explique Frost.

Le coup d’envoi de la Coupe Dunsmore est prévu samedi à 14 h.