La pression est toujours forte sur les receveurs dans la Ligue Can-Am, particulièrement avec autant de lanceurs recrues dans l’enclos des releveurs. Le gérant T.J. Stanton est confiant que les ajouts d’Anthony Hermelyn et Jonathan Gonzalez solidifieront la défensive trifluvienne.

S’inspirer de Russell Martin

TROIS-RIVIÈRES — C’est la période de l’année où tous les gérants du baseball indépendant affichent leur optimisme, vantant les trouvailles du recrutement hivernal. À Trois-Rivières, T.J. Stanton n’en fait pas exception!

À première vue, il estime que son club sera plus menaçant au bâton. C’est cependant derrière le marbre qu’il prédit que les changements se feront le plus sentir, avec les ajouts d’Anthony Hermelyn et Jonathan Gonzalez, respectivement receveur numéro un et receveur substitut.

Stanton s’emballe quand il parle de ses deux nouveaux hommes masqués. «Je n’aurais pas pu tomber sur un meilleur duo de receveurs pour épauler nos lanceurs. Anthony était sollicité par la moitié des équipes du baseball indépendant et Jonathan, c’est une recrue de luxe!»

Des deux, c’est Hermelyn qui risque de commencer l’année comme capitaine de la défensive. Déjà, il est identifié parmi les meneurs de l’équipe, comme cela devrait être le cas avec tout bon receveur qui se respecte. Le Texan de 24 ans, un choix de quatrième ronde des Astros de Houston en 2015, a joué 74 parties au niveau A fort l’été passé et ses statistiques défensives sont encourageantes: il a entre autres épinglé 40 % des coureurs qui tentaient de voler un but contre lui.

Mais comme cela survient souvent dans les organisations compétitives comme celle de Houston, le principal intéressé a été libéré à la fin de la saison, faute de place dans l’organigramme. «Les bons clubs ont tendance à être impatients, sourit Stanton. Si Anthony avait été un membre des White Sox de Chicago ou des Padres de San Diego, ça aurait peut-être été différent. Je pense que sa vélocité de frappe laissait à désirer comme frappeur. Mais quand même, je l’ai vu au bâton et il se débrouille bien. Normalement, un receveur qui frappe n’est pas un bon receveur défensif! Ce n’est pas le cas avec Anthony. Il va nous frapper quelques doubles cet été. Il n’a pas le bras aussi puissant qu’un Josué Peley [ancien des Capitales de Québec], sauf qu’il est précis.»

Hermelyn ne connaît pas Kyle Lafrenz, celui qui guidait les lanceurs des Aigles depuis 2014. Tenaillé par plusieurs blessures, Lafrenz n’est pas de retour à Trois-Rivières, même s’il était un coéquipier apprécié et populaire. «Mon modèle, c’est Russell Martin», nous explique Hermelyn, en sachant fort bien que sa réponse sera appréciée de plusieurs amateurs!

«Il n’a jamais hésité à sacrifier son corps et j’adore sa mentalité, la façon qu’il communique avec ses lanceurs. J’essaie de m’inspirer de lui, de sa carrière. Un type comme Francisco Cervelli, le receveur des Pirates de Pittsburgh, m’impressionne tout autant.»

Hermelyn fut surpris de constater toutes les équipes qui tenaient à ses services cet hiver. Les receveurs fiables sont parfois difficiles à dénicher dans le baseball indépendant. «Je suis un gars ouvert d’esprit, ça ne me faisait pas peur d’arriver à Trois-Rivières. J’ai appris un peu d’espagnol avec des coéquipiers hispanophones par le passé, je vais essayer de baragouiner le français! Sinon, le projet que T.J. m’a présenté a été concluant pour moi. J’ai hâte de voir ce groupe en action.»

Derrière lui, Gonzalez le secondera. Il a 23 ans et a joué une trentaine de rencontres avec Sioux City l’an passé dans l’Association américaine, le même circuit où dirigeait le nouvel adjoint, Kole Zimmerman (Fargo-Moorhead). «En attendant nos gars du Venezuela, Jonathan nous sera très utile pour la profondeur de l’alignement. Et quand il sautera sur le terrain comme receveur, nous serons entre bonnes mains», assure Stanton, dont la troupe disputera un premier match préparatoire à Sherbrooke, samedi dès 16 h, face aux Capitales de Québec.