David Cadieux avait battu Patrice L'Heureux lors du combat présenté à l'Aréna Jacques-Plante en mai 2006.

«Simon va être testé»

Trois-Rivières — Gâcher un party de plus de 3000 personnes n’est pas mission impossible. Il y a 12 ans, David Cadieux sortait de l’aréna Jacques-Plante dans la gloire après avoir terrassé le champion canadien Patrice L’Heureux devant ses fans.

Le Trifluvien prévient donc lui aussi Simon Kean de rester sur ses gardes avec Alexis Santos. «Je vais être présent samedi, on va avoir droit à de la belle boxe. J’ai vu des combats de Santos, il est dangereux. Même s’il se bat toujours contre des plus gros, il est capable de rentrer à l’intérieur en passant sous le jab. C’est vraiment un combat intéressant», analyse Cadieux, qui a lui aussi mis les gants par le passé avec Kean. «À deux reprises. Il est solide. Simon a la grandeur, la puissance, il est bien entouré et il semble avoir éliminé les distractions autour de lui. Reste à le voir aller sous pression. La soirée de samedi va nous donner cette réponse. Car Simon va être testé par Santos, j’en suis convaincu», lance-t-il.

D’ici là, il est impératif pour l’olympien de montrer un peu d’égoïsme. «Il doit garder la tête froide et ne pas multiplier les engagements cette semaine. C’est dur parfois de dire non, il y a beaucoup de monde qui veut te parler. Mais dans la dernière semaine, c’est important d’être focus. Parce que lorsque la cloche sonne, tu es seul sur le ring.»

Cadieux a hâte de renouer avec le public shawiniganais, qui l’avait très bien traité. «Je n’étais pas le favori mais j’avais quand même été applaudi à mon arrivée sur le ring. Pendant le combat, les gens appréciaient les échanges. C’est une foule de sport, qui veut un spectacle. C’était très stimulant. Je suis très reconnaissant envers Patrice L’Heureux et ses proches de m’avoir permis de me battre pour le titre canadien lors de ce gala. Ma carrière a été propulsée par ce combat.»

Cadieux avait alors enchaîné avec quatre victoires, pour porter à 16 son nombre de triomphes d’affilée. Deux défaites l’année suivante, en 2007, l’avaient convaincu de tirer sa révérence. «Je ne voulais pas devenir un faire-valoir. J’avais d’autres options, j’étais à l’université. La boxe est un sport dur, dangereux. Si tu n’es pas dédié complètement, tu peux payer un lourd prix.»

La grosse adrénaline a fini par lui manquer, quelques mois plus tard. Il se souvient d’avoir lunché avec Roger Lavergne, afin d’explorer l’avenue d’un retour. «L’ouverture du Centre Bionest s’en venait, on avait parlé de la possibilité de faire un gros show pour l’inaugurer», confie Cadieux. «On m’a par la suite offert un combat face à Jean-François Bergeron, et j’ai accepté. J’étais convaincu que j’allais pouvoir lui offrir une très bonne opposition. Deux jours plus tard, je suis par contre revenu sur ma décision. Le feu sacré n’y était plus pour m’imposer tous les sacrifices nécessaires.»

Cadieux et Bergeron seront tous près de l’action samedi. Le premier comme spectateur. Le second sera dans le coin de Steven Butler, en demi-finale. «Nous sommes chanceux d’avoir un gala aussi solide dans notre région. J’ai vraiment hâte à samedi», confiait Cadieux.