Simon Kean fait confiance à son patron Camille Estephan pour la suite de sa carrière.

Simon Kean: «Je suis prêt à tous les sacrifices»

TROIS-RIVIÈRES — C’est un Simon Kean (19-1, 18 K.-O.) serein qui a accepté de revenir sur tout le tourbillon entourant son dernier combat à Rimouski face à Daniel Martz, qu’il a descendu en trois rounds vendredi dernier.

Le Trifluvien s’offrait ainsi une victoire spectaculaire quelques semaines à peine après avoir rompu les ponts avec son entraîneur de longue date Jimmy Boisvert. Le Grizzly a d’ailleurs tenu à rendre hommage au vieux routier Denis Hince, qui a pris le relais après la séparation.

«J’étais beaucoup plus relax en montant dans le ring. C’est quelque chose que nous avions pratiqué à l’entraînement. On a aussi travaillé beaucoup la stabilité sur mes deux pieds, et on m’a dit que j’avais l’air plus fluide. Chose certaine, j’étais beaucoup moins fatigué entre les rounds. Ça prouve que nous avons bien fait les choses au gym», lance Kean, qui a fait beaucoup moins de sparring qu’à l’habitude.

«Normalement, c’est environ 70 rondes de sparring, là j’en ai fait une vingtaine. On a travaillé sur d’autres choses, dont certains mouvements que je n’avais pas pratiqué en sparring et qui ont fonctionné vendredi…»

Blessé

Kean ne le cache pas, il a été blessé par les propos de Boisvert, qui lui a reproché son manque d’ardeur au boulot pour expliquer la séparation. Une entrevue accordée quelques heures seulement avant son combat.

«J’ai trouvé ça ordinaire. Surtout que ce n’est pas vrai. Je m’entraîne toujours très sérieusement. Je cours même après mes entraîneurs pour faire du temps supplémentaire. Si je n’étais pas en forme cette fois, alors ça veut dire que tous mes camps précédents étaient mauvais car j’étais en meilleure condition physique», rugit-il, sans vouloir préciser les motifs du divorce. «Je suis de l’école de ce qui se passe au gym, reste au gym. On ne s’entendait plus, c’est tout.»


« J’ai recommencé à croire en mon rêve de devenir champion du monde. Je suis prêt à tous les sacrifices. Si ça veut dire aller en Russie, alors je n’ai aucun problème avec ça. Tout ce que je veux, c’est d’atteindre mon plein potentiel »
Simon Kean

Vous aurez compris que les deux anciens complices n’iront pas luncher cette semaine. Kean va prendre ses distances du club Performance, même si ça l’oblige à stopper sa nouvelle collaboration avec Hince.

«J’ai adoré travailler avec lui. Mais là, j’ai vidé mon casier au club, avec tout ce qui s’est passé. Pour continuer à travailler ensemble, faudrait se trouver un autre gymnase, c’est plus compliqué. J’ai rien contre Jimmy, il m’a aidé à me rendre jusqu’ici. Je lui souhaite bon succès avec Jordan (Balmir), dans ses entreprises, avec son gars au hockey. Moi, je vais me trouver un entraîneur qui croit en moi, et qui a du temps à me consacrer.»

Kean révèle que son patron, Camille Estephan, regarde la possibilité de le confier à un entraîneur russe. Ayant signé quatre victoires depuis sa seule défaite en carrière face à Dillon Carman, le Trifluvien se dit prêt à tout pour monter les échelons. «J’ai recommencé à croire en mon rêve de devenir champion du monde. Je suis prêt à tous les sacrifices. Si ça veut dire aller en Russie, alors je n’ai aucun problème avec ça. Tout ce que je veux, c’est d’atteindre mon plein potentiel. J’ai arrêté de boire il y a un an et demi, sur le plan psychologique ça me rend encore plus acharné à l’entraînement. Je pense que j’ai pas mal d’outils pour convaincre un bon entraîneur de travailler avec moi: je suis dédié à l’entraînement, je mets de la vie dans un gym… et je suis un excellent vendeur de billets. Comme un entraîneur est payé au pourcentage, c’est une bonne carte dans mes mains!»

face à makhmudov?

Sur le ring, il fait confiance à Estephan pour la suite des choses. Il est quand même revenu sur ses propos tenus à TVA Sports la semaine dernière, à propos d’un potentiel affrontement avec Arslanbek Makhmudov, son frère d’armes avec Eye of the Tiger Management.

«Je ne tiens pas à me battre contre lui, c’est une brute. Mais si la route vers un championnat du monde passe par lui, et que l’argent est là, je n’ai aucun problème à l’affronter. Je suis un meilleur boxeur que lui. Et en boxe, le boxeur a toujours le dessus sur le cogneur», lance l’ex-olympien, qui a aussi réitéré son désir d’accorder une revanche chez les pros à Tony Yoka, qu’il a défait aux Jeux de Londres.

«Il serait plus dur à battre que Makhmudov mais lui aussi, je suis prêt à le prendre n’importe quand. Je veux ma chance contre les meilleurs. Pour l’obtenir, je suis conscient qu’il faut que je m’impose sur des gars comme lui. Je suis prêt pour n’importe quel défi», conclut Kean, qui dit avoir recommencé la course deux jours après avoir descendu Martz.