Kean a rapidement montré qui était le patron en obligeant Johnson à mettre le genou au sol dès le premier engagement.

Simon Kean expéditif

Simon Kean (11-0, 10 K.-O.) n’a pas laissé les choses durer longtemps vendredi soir à Montréal. Le poids lourd a signé une victoire par K.-O. dès le deuxième round de son affrontement face à Randy Johnson.

Ce combat s’est peut-être terminé au deuxième round, mais on peut affirmer que Kean l’a gagné dès le premier assaut. Il a durement atteint l’Américain dans le coin. Un coup qui ne l’a pas envoyé au plancher, mais qui semble l’avoir solidement fait réfléchir.

Au deuxième round, le boxeur de 28 ans a de nouveau atteint son adversaire d’une série de coups. Johnson, qui a visité le tapis sur la séquence, n’a pas été envoyé au pays des rêves, mais il a rapidement regardé l’officiel pour lui signaler que sa soirée de travail venait de se terminer.

«J’ai senti que je lui ai fait mal avec ma droite. Il était découragé et n’a pas voulu continuer. Je suis déçu, mon visage en disait long parce que je n’ai pas de poker face. Je voulais donner un spectacle plus long, surtout que c’était à la télévision. J’ai eu la chance de faire un round et demi et maintenant, je passe au prochain», a souligné Kean.

La soirée n’aura toutefois pas été sans frousse pour le Trifluvien. Au premier round, il a envoyé son adversaire au sol pour une première fois avec un coup qui ne semblait pourtant pas des plus puissants. Kean a ouvert la machine, mais Johnson a été en mesure de sortir un coup qui a touché la cible. Kean a alors semblé trébucher et est tombé à la renverse. L’officiel a effectué un compte de huit, mais le boxeur a été rapidement en mesure de confirmer qu’il allait continuer le combat.

«J’ai reçu un coup, mais je me suis enfargé dans son pied en même temps. Je ne pense pas que ça méritait un compte, mais je vais laisser ça aux arbitres. C’est humiliant. Je me demandais s’il allait me compter. Il n’avait pas le choix je crois. J’ai trébuché, mais c’était un coup pareil.»

Plan de match respecté
On peut aisément dire que le camp d’entraînement du Trifluvien en Angleterre aura été plus formateur pour Kean que ce combat. La bonne nouvelle, c’est que le plan de match qui avait été mis en place par son entraîneur Jimmy Boisvert a été respecté, lui qui désirait que son poulain connaisse un meilleur départ.

«Je suis content. Je lui avais demandé de bouger, de faire le tour du ring dès le début du combat pour se mettre dans l’ambiance. Je sentais qu’il écoutait bien dans le ring. Je lui ai demandé d’être patient et la seule fois qu’il ne l’a pas été, il a accroché le pied de son adversaire et est tombé. Mais si ça avait été un vrai bon coup, Simon ne se serait pas relevé. Ce sont des poids lourds», souligne Boisvert.

«C’était un adversaire qu’on avait choisi. Des gauchers, il n’y en a pas à la tonne. Mais au deuxième round, quand Simon est revenu, il n’y avait pas de sentiment de panique. Il ne voulait pas prouver qu’il n’avait pas mal.»

Avec cette victoire, Kean fait passer sa fiche immaculée en carrière à 11 gains, en plus de 10 K.-O.

«Je suis bon sous la pression!»

Jimmy Boisvert a un agenda fort chargé en fin de semaine. En plus de Simon Kean, l’une des têtes d’affiche du gala d’Eye of the Tiger Management présenté dans la métropole vendredi, il sera aussi dans le coin de Jordan Balmir et François Pratte samedi à Drummondville.

Balmir fera les frais de la finale, lui qui est natif de Drummondville mais qui s’entraîne au club Performance à Trois-Rivières. Invaincu en cinq sorties chez les pros, le spectaculaire athlète de 24 ans fera face aux Polonais Daniel Przewieslik (2-3-1) dans un affrontement prévu pour six assauts. «Ce n’est pas de la nervosité que je ressens, plus de l’excitation. Et c’est une bonne nouvelle, car je suis bon sous la pression! Quand je me bats à Montréal, j’ai des amis qui font le trajet pour m’encourager. Cette fois, ils seront tous là. On s’attend à une salle comble (1000 personnes), alors il risque d’y avoir une belle ambiance», prévoit celui qui dit n’avoir aucun pépin à se glisser sous la limite de poids prévue à 160 livres.

Balmir l’avoue sans gêne, il connaît très peu de choses de son opposant. Un aveuglement volontaire! «Je laisse ça à mon entraîneur. Il me fait un plan, à moi de le suivre. On mise surtout sur mes forces à moi», explique Balmir, qui avoue vouloir offrir une prestation flamboyante à ses fans. «Mon entraîneur ne sera pas content que je dise ça, mais je ne crois pas que le combat va se rendre à quatre rondes. Dès que je vais avoir la chance d’enregistrer le k.-o., je vais foncer. Je ne me précipiterai pas, je vais être patient. Mais quand la porte va s’ouvrir, moi je rentre!»

Pratte veut se faire remarquer
Pour des raisons différentes, François Pratte va lui aussi chercher à se faire remarquer samedi. Le Trifluvien traîne lui aussi une fiche immaculée en quatre sorties chez les pros mais il peine à décrocher des contrat, lui qui n’a pas encore de mise hors de combat à sa fiche. Il espère que sa première victime du genre sera Gerardo Sanchez (1-1).

«Dans ma catégorie de poids, les mises hors de combat se font plus rares. C’est sûr que ça m’aiderait si je pouvais aller chercher un k.-o. Mon entraîneur veut que je domine avec ma boxe, mon jeu de pieds. Mais si je peux faire finir le travail avant la limite, je ne me gênerai pas.»
Ce sera une première sortie entre les câbles pour Pratte en neuf mois. Pas trop de nervosité dans l’air, néanmoins. «En comptant les rangs amateurs, j’en suis à une centaine de combats. Je connais mon travail, je sais ce que j’ai à faire. Je me suis bien préparé. J’ai juste hâte que la cloche sonne!»

Un autre combat le 16 décembre

L’affrontement entre Simon Kean et Randy Johnson était à peine terminé qu’on a appris la date de la prochaine sortie du pugiliste. Il se battra la 16 décembre lors de la super carte présentée à la Place Bell de Laval et qui mettra en vedette David Lemieux et Billy Joe Saunders.

Cette soirée de boxe sera présentée sur les ondes de HBO, mais il ne faut toutefois pas s’attendre à ce que Kean s’y retrouve, a confirmé le président de Eye of the Tiger Management, Camille Estephan.
Le Trifluvien, qui n’a pas été amoché lors de son combat vendredi, est prêt. Et il a déjà des idées de celui qu’il aimerait avoir face à lui: Adam Braidwood. Le Canadien n’a pas manqué de provoquer Kean dans les derniers mois sur Twitter, mais on l’attend toujours au Québec.

«Je suis tanné d’entendre parler d’Adam Braidwood. J’ai hâte qu’il s’en vienne ici. Je pourrais l’affronter le 16 en sous-carte de Lemieux. Je suis prêt et je veux affronter n’importe qui.
Kean se garde toutefois un plan B, et pas le moindre.

«Oscar Rivas, ça commence à être intéressant. Il est classé numéro un, mais s’il est dans mon chemin, je vais le tasser parce que je suis le meilleur au Canada. Les deux sont très appétissants.»
L’entraîneur de Kean, Jimmy Boisvert, estime que pour une fois, Braidwood pourrait mordre à l’hameçon pour une soirée de boxe qui serait payante.

«Comme Camille m’a dit, il aura plus de budget pour l’attirer. C’est une carte à saveur mondiale et ce serait très intéressant en sous-carte. Même si Simon ne sera pas sur HBO, le monde qui va acheter l’événement à la télé québécoise va le voir. C’est une soirée internationale, mais aussi avec une rivalité locale. Ce sera bon.»