La séparation entre Jimmy Boisvert et Simon Kean n'aura pas été éternelle. Le boxeur poids lourd est de retour au gymnase de la Bâtisse industrielle.

Simon Kean et Jimmy Boisvert refont équipe

La chicane de famille est terminée. Après une séparation d'un peu plus d'un an, Simon Kean et Jimmy Boisvert ont décidé de faire équipe à nouveau, après avoir passé le temps des Fêtes ensemble au club Performance.
C'est le poids lourd, toujours invaincu en sept sorties chez les pros, qui a fait les premiers pas en demandant la permission d'utiliser le gym pendant un séjour à Trois-Rivières en décembre, lui qui restait à Montréal durant les derniers mois.
Il s'est rapidement senti comme à la maison et plus le temps avançait, plus il a compris que c'est avec Boisvert qu'il voulait progresser sur l'échiquier de son sport. Restait à évacuer les tensions qui avaient mené au divorce, après une association d'une décennie. Une bonne discussion a réglé le dossier, et Kean et Boisvert ont repris là où ils avaient laissé en décembre 2015.
«Ça s'est fait naturellement. Au départ, je revenais vraiment juste pour deux semaines. Mais j'ai vu que j'étais toujours le bienvenu ici, je me sentais chez moi. Et puis j'étais un peu tanné de Montréal, du trafic, du coût de la vie. Jimmy et moi, on s'est donc parlé, et je suis bien content qu'on ait convenu de retravailler ensemble.
Denis (Hince) et Jimmy, ils ont toujours été là pour moi, même dans les moments les plus difficiles, ils ne m'ont jamais lâché. Ce sont eux qui ont fait le travail pas facile, chez les amateurs. Je trouve normal qu'ils puissent profiter de ce qui s'en vient pour moi chez les pros», souligne Kean, qui assure qu'il n'a jamais remis en question les compétences boxe de son mentor. 
«Ça n'a rien à voir avec mon départ. C'était personnel. Jimmy est un excellent entraîneur, Mike (Moffa) qui a pris la relève aussi. Ce sont deux entraîneurs avec des styles différents par contre. Mike est plus défensif, Jimmy est plus offensif. Travailler avec les deux a fait de moi un meilleur boxeur. Mike comprend ma décision.»
Le changement s'effectue un mois avant la prochaine sortie de Kean, programmée pour le 28 janvier à Montréal. Avery Gibson n'a peut-être pas une fiche très reluisante (8-5-4), mais il a semble-t-il des qualités qui vont embêter le Trifluvien. Y-a-t-il un risque à changer de tacticien en cours de route? «Pantoute! Je vais le défoncer, ce gars-là. J'ai tellement hâte que la cloche sonne.»
Boisvert, de son côté, est heureux de retrouver un athlète motivé. «À la fin, il n'écoutait plus mes consignes. Il était déçu de certaines choses, moi aussi. On s'est parlé, on a mis cartes sur table de part et d'autre. C'est correct, ça prenait ça. Moi, ce dont je suis content, c'est que Simon est revenu affamé. Il est très motivé, très sérieux dans ses affaires. »
Et puis ça fait certainement un petit velours à l'entraîneur de constater que Kean s'est aperçu que l'herbe n'était pas nécessairement plus verte dans la métropole. Lors de son départ, il y a un an, le mastodonte de 27 ans avait appuyé sa décision en disant que pour la boxe, c'était à Montréal que ça se passait! 
«Je m'étais trompé. Il n'y en a pas plus qu'ici, des partenaires d'entraînement. On repart la machine ensemble, on va faire les choses à notre manière», conclut Kean.