La défaite de Simon Kean contre Dillon Carman en octobre 2018, sa seule chez les professionnels, avait initié la prise de conscience qu’il l’a amené à arrêter de boire quelques semaines plus tard.

Simon Kean célèbre un an de sobriété

TROIS-RIVIÈRES — À quelques jours de son combat contre le Biélorusse Siarhei Liakhovich pour le titre WBC International Silver, Simon Kean a récemment célébré un an de sobriété.

Le 1er décembre 2018, le boxeur se réveille un peu éméché après avoir fait la fête la veille. Machinalement, il ouvre la télévision et apprend que l’un de ses collègues pugilistes, Adonis Stevenson, est dans le coma, conséquence d’un traumatisme cranio-cérébral grave subi lors de sa défaite contre Oleksandr Gvozdyk quelques heures plus tôt. Le colosse trifluvien réalise alors que le métier de boxeur est dangereux et qu’il doit commencer à faire plus attention à lui s’il désire le pratiquer pendant encore plusieurs années. Il prend donc la décision de cesser de boire.

Un an plus tard, le poids lourd reconnu dans les bars du centre-ville de Trois-Rivières pour sa propension à faire la fête est toujours sobre. Il a d’ailleurs souligné cet anniversaire en publiant sur Facebook un témoignage dans lequel il explique les raisons qui ont motivé sa décision ainsi que les bienfaits qu’il en retire.

«Au début, j’avais pris cette décision pour des raisons physiques. Ce n’est pas une bonne chose de prendre des coups à la tête avec le cerveau déshydraté par l’alcool. Mais maintenant, je constate que les avantages sont encore plus grands du côté psychologique et sur mon état d’esprit. Je vois toutes les possibilités qui s’offrent à moi et comment je peux les atteindre», raconte le boxeur, avant d’ajouter qu’il s’est récemment inscrit au certificat en administration à l’UQTR.

Si la tournure dramatique du dernier combat d’Adonis Stevenson a été l’élément qui l’a poussé à prendre sa décision, sa défaite contre Dillon Carman, sa seule chez les professionnels, avait initié la prise de conscience du Grizzly.

«J’étais allé en voyage après et j’avais ‘‘chillé’’. J’ai arrêté de boire pendant deux ou trois semaines quand j’ai repris l’entraînement en novembre et ça allait bien. Mais j’ai fait la fête un soir et j’ai vu ça en me levant le lendemain matin ‘‘magané’’ aux nouvelles. Ça m’a secoué assez pour arrêter», poursuit-il.

Même s’il reconnaît que son tempérament intense l’a souvent poussé vers des excès, Kean se défend cependant d’être aux prises avec un problème d’alcool s’apparentant à l’alcoolisme.

«Je sors autant qu’avant et j’ai toujours du fun! Je suis allé à Las Vegas, Los Angeles, Nashville et au Mexique cette année [sans consommer]», lance-t-il fièrement.

Un gros défi

Kean ne s’en cache pas, son affrontement contre Siarhei Liakhovich, ce samedi dans le cadre d’un gala qui se tiendra au Centre Bell à Montréal, représente l’un des plus importants défis de sa carrière. Tout comme son entraîneur Jimmy Boisvert, le poids lourd est conscient que son prochain adversaire est un très grand athlète qui a vaincu de grosses pointures au cours de sa carrière. Malgré son âge avancé et la longue période d’inactivité dont il sort, le Trifluvien mentionne donc qu’il serait dangereux de le prendre à la légère.

«Le camp d’entraînement a très bien été. Je me suis entraîné comme un déchaîné», martèle-t-il.

L’entraîneur du Grizzly abonde dans le même sens que son protégé.

«Ça fait longtemps que je le (Liakhovich) suis. Il a été dans les meilleurs au monde et a livré de bonnes batailles dans le passé contre de gros noms. Comme il est plus âgé et qu’il a été inactif pendant un bout, on ne sait pas trop dans quelle forme il va se présenter. On s’est tout de même préparé pour un gars qui va arriver en forme. Côté boxe, il est très bon techniquement et il a un excellent jab qui pourrait embêter Simon», analyse Boisvert.