Jimmy Boisvert ne supervise plus les entraînements de Simon Kean depuis quelques semaines. C’est un autre entraîneur du club Performance, Denis Hince, qui a pris le relais.
Jimmy Boisvert ne supervise plus les entraînements de Simon Kean depuis quelques semaines. C’est un autre entraîneur du club Performance, Denis Hince, qui a pris le relais.

Simon Kean a changé d’entraîneur

Trois-Rivières — Pour la deuxième fois en quelques années, le boxeur Simon Kean (18-1, 17 K.-O.) et l’entraîneur Jimmy Boisvert ne travaillent plus ensemble. Depuis quelques semaines, c’est Denis Hince qui dirige les entraînements du poids lourd trifluvien, en vedette vendredi soir à Rimouski dans un gala de Eye of the Tiger Management.

La situation est particulière. L’association entre Boisvert et Hince date d’une trentaine d’années. Hince fut d’ailleurs le premier entraîneur de boxe de Boisvert, les deux se retrouvent souvent dans le même coin quand un pugiliste du club Performance monte sur le ring.

Mais voilà, Boisvert n’a pas accompagné Kean dans le Bas-St-Laurent cette semaine. Il n’était ni à la conférence de presse ni à la pesée officielle de jeudi. C’est plutôt Hince qui suivait le Grizzly. La raison invoquée? Une dissidence par rapport aux standards affichés à l’entraînement. Du moins, c’est l’avis de Jimmy Boisvert.

«Simon trouvait que j’étais marabout et il avait raison», explique Boisvert, reconnu comme un entraîneur très exigeant et qui ne passe pas par quatre chemins. «Je ne m’en suis jamais caché, c’est pleinement assumé. Quand venait le temps de l’auto-évaluation, je ne partageais pas la vision de Simon.»

À son retour de vacances au début de l’année, Kean aurait subtilement démontré qu’il préférait les méthodes de Denis Hince. Une rencontre a eu lieu entre tous les intervenants: ça comprend ces trois personnes, mais aussi le kinésiologue Jonathan Lamanque ainsi que l’un des entraîneurs adjoints du club, Patrick Bilodeau.

«Je ne suis pas capable de faire semblant dans la vie, poursuit Boisvert. Statistiques à l’appui, on a montré à Simon qu’il y avait eu régression entre ses deux derniers camps d’entraînement, côté condition physique. Ç’a créé un froid.»

Jonathan Lamanque préfère ne pas dévoiler ces chiffres, sauf qu’il donne raison à Boisvert. Il a choisi de prendre ses distances de Kean durant sa préparation. Même chose pour Bilodeau.

«Ç’a commencé durant le camp d’entraînement de la revanche contre Dillon Carman, à Shawinigan», affirme Lamanque.

«Il a fallu brasser Simon à la moitié du camp, car on ne s’entendait pas du tout sur la préparation. Dans les quatre ou cinq dernières semaines, les rapports ont été plus encourageants et au final, il a signé une belle victoire.»

Toujours selon leurs dires, les choses se sont gâtées quelques mois plus tard, alors que Kean s’entraînait pour son 19e combat en carrière chez les pros (celui de décembre face à Siarhei Liakhovich).

Des retards, de la difficulté à conserver son énergie, un manque d’implication: Boisvert n’a pas mis de gants blancs devant son poulain.

«Il est arrivé au combat sous les standards qu’on s’était fixés, dit Boisvert. Par contre, je dois lui concéder, il a tout donné contre Liakhovich. Il a tout laissé sur le ring dans des conditions loin d’être optimales pour lui. N’empêche, c’était frustrant, car moi je savais qu’il n’était pas dans sa meilleure forme.»

Entre l’arbre et l’écorce

Simon Kean n’était pas disponible pour commenter la situation jeudi, après la pesée officielle à Rimouski.

L’entraîneur Denis Hince convient néanmoins que le contexte est sensible. «Simon m’a pris par surprise quand il m’a demandé d’être son entraîneur en janvier. Par contre, nous avons toujours travaillé en équipe, je le connais bien. Je lui ai dit que je ferais le combat de Rimouski, mais qu’après, il faudrait s’asseoir pour étudier la suite.»

Bien sûr, Hince a souvent été aux premières loges pour constater les dissidences entre Kean et Boisvert. «Ça peut arriver, surtout après 15 ans. C’est comme un vieux couple. Je sais qu’ils ont un grand respect un pour l’autre, je sais aussi que Simon ne veut pas renier Jimmy.»

Du même souffle, Hince reconnaît qu’il se retrouve entre l’arbre et l’écorce dans cette histoire. Sur les ondes de TVA Sports, Simon Kean a affirmé qu’il avait particulièrement aimé l’ambiance de son camp d’entraînement.

«On a changé certaines choses, confirme Hince. Nous avons tenté de baser le camp sur l’équilibre. J’ai demandé à Simon d’être plus relaxe dans certaines phases. On a travaillé sur sa technique aussi. Maintenant, la balle est dans son camp pour vendredi.»

Hince se méfie de l’adversaire, Daniel Martz. «Il est grand et gros. C’est rare que Simon regarde un gars en levant la tête! On a du respect pour sa main droite, il faudra travailler en vitesse et en déplacements.»

Mika Moffa, Samuel Décarie et le Trifluvien François Pratte accompagneront Hince dans le coin de Kean. Le gala sera retransmis en direct à TVA Sports.