Une autre coupe Stanley, un autre Conn-Smythe: Crosby est le meilleur joueur de sa génération, point à la ligne, selon notre chroniqueur.

Sidney Crosby: le meilleur, point à la ligne

CHRONIQUE / Les premiers pas au printemps du prochain empereur Connor McDavid. La belle épopée d'une équipe Cendrillon, celle des Sénateurs. La folie qui s'est emparée de Nashville, où les Predators n'avaient jamais réussi à atteindre le carré d'as.
Ces Predators ont atteint la grande finale quelques mois seulement après avoir échangé leur capitaine vieillissant qui traînait un contrat-boulet, contre un défenseur spectaculaire qui entame les meilleures saisons de sa carrière...
La plus belle histoire reste toutefois la façon dont Sidney Crosby a refermé le débat sur sa place dans l'histoire de la LNH. Une autre coupe Stanley, un autre Conn-Smythe: Crosby est le meilleur joueur de sa génération, point à la ligne.
Le hockey a changé, ce n'est plus simplement une question de buts ou de passes pour déterminer qui est au sommet de la pyramide. Les matchs se gagnant souvent par un seul but, à bas pointage en plus, la polyvalence n'a jamais été aussi importante. Crosby est le modèle parfait à ce niveau.
En plus de s'acquitter de ses tâches offensives, il s'applique en défensive et il ne craint pas le trafic. Il n'est pas vilain non plus aux cercles de mise en jeu. Et il a le caractère pour élever son jeu quand l'enjeu est crucial. Cette recette est toxique pour ses rivaux.
Il fut un temps où Crosby et Alexander Ovechkin divisaient les amateurs de hockey. C'est réglé depuis un bout. Ovechkin est une machine à marquer, il est explosif à souhait, mais il n'a jamais été en mesure de suivre le tempo de Crosby.
Dans les grands moments, Ovechkin est zéro comme Ouellet. Je ne sais pas si c'est une question de mode de vie, ou simplement de personnalité, mais la vedette des Capitals est incapable de fournir le même rendement que son éternel rival.
Il y a eu quelques années, certains avançaient que Jonathan Toews avait surpassé Crosby. Vrai qu'il revendique sensiblement les mêmes qualités que Crosby. À une exception: Toews n'a pas le même pif offensif. Et il a ralenti ces dernières années. Si j'avais un match numéro sept à gagner demain soir et que Crosby n'était pas disponible, Toews ne serait pas mon choix comme centre numéro un. J'opterais pour Ryan Getzlaf...
Karlsson est le plus près
Vraiment, Crosby est dans une classe à part. Le seul qui semble avoir un impact similaire sur son club en ce moment, c'est Erik Karlsson, des Sénateurs. Il est bon en titi, Karlsson. Mais il est assurément sous le meneur des Penguins, car son palmarès collectif est bien moins étoffé.
Carey Price? Come on. Soyons sérieux. L'Élu n'est peut-être même pas le meilleur gardien sur la planète, alors ne laissez pas votre coeur de partisan faire l'erreur de le placer dans la même phrase que Crosby.
Avec Crosby et Karlsson, le podium est complété par McDavid. Déjà! Ça en dit long sur le futur qui attend ce jeune homme.
En route vers le repêchage
Mauvaise nouvelle, pour ceux qui espéraient que la LNH monopoliserait moins d'attention maintenant que la coupe Stanley a été gagnée: il reste encore un mois de couverture médiatique étroite au Canada avant les vraies vacances, à la mi-juillet!
La prochaine étape est le repêchage d'expansion pour les Golden Knights de Vegas. Paraît que Georges McPhee a beaucoup de discussions de coulisses. Puis, il y aura la séance de sélection universelle du côté de Chicago, dans une dizaine de jours.
La cuvée est moins sexy que l'an dernier - c'est vrai aussi pour le Québec - mais rendus au repêchage, certains clubs trouvent toujours le moyen d'améliorer leur sort à court, moyen ou long terme. Finalement, il y aura la chasse aux joueurs autonomes, qui s'amorcera le 1er juillet.
À travers tout ça, on va surveiller de près le travail de Marc Bergevin. Il vient de connaître une saison difficile, le directeur-gérant du Canadien. Il n'a toujours pas nommé l'entraîneur qui dirigera le Rocket de Laval dans la Ligue américaine. Et différentes sources avancent qu'il a placé Alex Galchenyuk dans la vitrine. À ce sujet, espérons seulement que Bergevin sera extrêmement prudent.
Normalement, ce n'est pas l'idée du siècle d'échanger un gars qui vient de connaître une saison difficile, car sa valeur est à la baisse. Le Canadien a commis une grave erreur en sortant de la ville le plus gamer de ses joueurs il y a un an, on voit mal comment le même état-major pourrait maintenant monnayer l'attaquant le plus talentueux du groupe.