Jasmin Bélanger a choisi de s’expatrier de La Pocatière à Trois-Rivières pour poursuivre son cheminement en judo.

S’expatrier pour mieux progresser

TROIS-RIVIÈRES — Depuis sa création au début des années 90, le programme sport-études de l’Académie les Estacades s’est forgé une belle réputation qui dépasse largement les limites de la région, et ce, dans de nombreuses disciplines. Le judoka Jasmin Bélanger en est un des plus récents exemples, lui qui a choisi de quitter son village natal en septembre dernier pour prendre racine avec sa famille à Trois-Rivières, par amour pour son sport.

Originaire de La Pocatière, le nouveau champion canadien de 55 kg chez les cadets (U18) s’est d’ailleurs laissé convaincre de joindre les rangs de l’Académie les Estacades et du club Seikidokan sous la recommandation d’Alix Renaud-Roy. Cette dernière avait également quitté son village natal du Bas-Saint-Laurent pour poursuivre sa progression à Trois-Rivières, où elle a atteint un calibre international. «Alix m’a dit à quel point c’était une belle place et que les athlètes étaient bien encadrés. Ça m’a poussé à venir m’installer ici et mon père a décidé qu’il allait déménager ici aussi avec mon frère», raconte le judoka de 16 ans, dont le père a déjà été champion québécois de judo.

Pour Jasmin Bélanger, il était devenu nécessaire de quitter sa région pour atteindre les sommets d’excellence qu’il reluque. «Au club où j’étais avant, j’avais deux à trois entraînements par semaine. Au niveau où j’étais rendu, je sentais que ce n’était pas assez. Il fallait que je fasse le saut en sport-études, où je peux m’entraîner une dizaine de fois par semaine.»

Invitation prestigieuse

Les efforts à l’entraînement n’ont pas tardé à se manifester, dès sa première année au club Seikidokan. Le 18 mai, il a été le seul judoka de la région à décrocher l’or aux Championnats canadiens présentés à Edmonton.

Cette victoire était également accompagnée de bonis fort intéressants. En premier lieu, Bélanger s’est vu remettre sa ceinture noire par les dirigeants de Judo Canada, lors du banquet de fin d’année. Ce privilège appelé «Batsugun» – qui lui évite de devoir passer les examens habituellement nécessaires pour obtenir ce grade – lui a été octroyé en raison de ses performances lors des Championnats canadiens. «Je ne m’attendais vraiment pas à ça. Quand j’ai vu mon nom apparaître à l’écran sur la scène, j’étais tellement surpris. Je devais normalement passer mon test de ceinture noire le 1er juin. Ça fait un stress de moins!»

De plus, le nouveau porte-couleurs du club Seikidokan a été invité à participer aux Championnats panaméricains cadets et juniors qui se dérouleront les 19 et 20 juillet à Cali, en Colombie.

En Amérique du Sud, Bélanger n’en sera pas à sa première expérience internationale. L’an dernier, il avait notamment eu l’honneur de défendre les couleurs du Canada après avoir remporté le Championnat canadien Élite 8, un tournoi réservé aux huit meilleurs athlètes de chaque catégorie au pays. Ce triomphe lui avait ensuite donné accès à deux Coupes européennes en Turquie et en Croatie. «C’était vraiment une super expérience pour une première fois à ce calibre de compétition. J’ai pu voir que le niveau était beaucoup plus fort qu’au Canada.»

Avant de s’envoler vers la Colombie, Bélanger sera d’abord en action le 29 juin à Montréal dans le cadre de la Coupe Canada, une autre compétition de calibre international.