Olivier Forest passera cinq semaines au Kenya pour s’entraîner sur les mêmes routes et pistes que ses idoles, dont le détenteur du record du monde au marathon et seul humain à avoir couru cette distance en moins de deux heures, Eliud Kipchoge.
Olivier Forest passera cinq semaines au Kenya pour s’entraîner sur les mêmes routes et pistes que ses idoles, dont le détenteur du record du monde au marathon et seul humain à avoir couru cette distance en moins de deux heures, Eliud Kipchoge.

S’entraîner au pays de ses idoles

Trois-Rivières — Peu de coureurs occidentaux peuvent se vanter de s’être entraînés dans le même environnement et suivant des méthodes similaires à celles des plus grands coureurs africains. C’est pourtant ce que s’apprête à faire Olivier Forest, un jeune triathlète trifluvien qui s’envolera pour le Kenya afin de prendre part à un camp d’entraînement de cinq semaines.

Rencontré une dizaine de jours avant d’entreprendre le voyage de près de 20 heures qui l’amènera à Nairobi, d’où il se rendra dans la petite ville d’Iten, le jeune homme avoue qu’il réalisera un rêve lorsqu’il arrivera au Tahri Athletic Center le 16 janvier prochain. Ayant comme idoles plusieurs athlètes africains faisant partie de l’élite mondiale de la course de fond et de demi-fond, il caresse l’idée de s’entraîner «à la kenyane» depuis un bon moment déjà.

«Avec mes partenaires d’entraînement, on parle souvent de la façon de s’entraîner des Kenyans. On regarde des vidéos sur YouTube et on voit qu’ils sont vraiment forts», raconte le jeune homme qui vient tout juste de terminer ses études au Cégep de Trois-Rivières et qui passera quelques mois à l’écart des bancs d’école afin de réaliser le projet qu’il chérit depuis près de deux ans.

Contrairement à ses compagnons triathlètes et coureurs – des protégés de l’entraîneur Pascal Dufresne pour la plupart – celui qui a porté les couleurs des Diablos du Cégep de Trois-Rivières en cross country pendant deux saisons a décidé qu’il n’allait pas se limiter à regarder ses idoles s’entraîner et réussir des performances hors du commun sur des vidéos disponibles sur Internet.

Il a alors entrepris des recherches et a découvert le Tahri Athletic Center, fondé en 2016 par Bob Tahri, un coureur français retraité qui aimait bien s’entraîner au Kenya pendant sa carrière. Ce centre d’entraînement est ouvert aux coureurs de tous les niveaux et offre des installations permettant de bénéficier de tous les avantages qu’offre le pays africain d’où sortent certains des plus grands coureurs que la planète a portés.

Il est également possible de s’entraîner avec de nombreux athlètes locaux et de côtoyer les vedettes actuelles de la discipline, dont le détenteur du record du monde au marathon et seul humain à avoir couru cette distance en moins de deux heures, Eliud Kipchoge.

«J’ai écrit aux responsables du camp [il y a quelques mois] et ils m’ont indiqué qu’il y avait de la place. [En raison de la pratique du triathlon] j’avais prévu faire mon cégep en trois ans. Mais j’ai décidé de le faire en deux ans et demi finalement car je me suis dit que si je voulais vraiment y aller, c’était le meilleur moment», explique-t-il.

Au total, le voyage coûtera environ 5000 $, ce qui comprend le billet d’avion, l’hébergement et la nourriture. À sa connaissance, le jeune Trifluvien sera le seul Québécois présent pendant son séjour.

«Il y a déjà eu des gens d’ici qui y sont allés, mais ce sont plus des Européens généralement», souligne-t-il.

De nombreux bénéfices

En plus de l’aspect exotique de son aventure, le triathlète qui se démarque sur la scène provinciale espère que les séances d’entraînement auquel il s’astreindra pendant son séjour lui permettront de devenir un meilleur coureur. Il a notamment hâte de voir quels seront les effets de l’altitude sur ses performances.

Afin de parvenir à ses fins, il prévoit suivre à la lettre les plans d’entraînement que lui concoctera Pascal Dufresne à partir du Canada, l’encadrement qu’offre le Tahri Athletic Center ne comprenant pas la supervision par un entraîneur. Par contre, les séances seront adaptées à la réalité du Kenya ainsi qu’aux pratiques des habitués de l’endroit.

«Je devrais courir deux fois par jour, soit une séance plus intense le matin et une sortie d’endurance l’après-midi. Ça devrait donner entre 100 et 120 kilomètres par semaine», prévoit-il, même s’il n’a jamais accumulé les kilomètres de la sorte dans le passé.

Question de s’adapter et d’apprendre des meilleurs, son entraîneur lui a demandé d’être tout particulièrement attentif à la philosophie des coureurs kenyans et à leurs techniques d’entraînement.

«Ils courent très lentement, autour de six minutes du kilomètre, pendant leurs sorties d’endurance fondamentale. Généralement, je cours environ à 4:30/km lors de ces séances alors j’ai hâte de voir», mentionne-t-il.