Alexis Santos (à gauche) possède beaucoup de puissance pour un poids lourd de petit gabarit et il tentera de s’en servir pour surprendre Simon Kean le 10 février.

Santos va relever le défi

Trois-Rivières — Les promoteurs du gala de boxe à Shawinigan le 10 février peuvent enfin fermer l’œil la nuit. Jeudi, ils ont trouvé un remplaçant à Solomon Haumono (24-4-2, 21 k.-o.), qui a pris tout le monde par surprise vendredi dernier en annonçant sa retraite via Facebook. Après des journées de recherche puis de négociations pour trouver un remplaçant aussi solide prêt à se mesurer à Simon Kean (12-0, 11 k.-o.), Camille Estephan et Roger Lavergne ont convaincu Alexis Santos (18-2, 15 k.-o.) de prendre le combat à trois semaines d’avis.

Ne reste plus qu’à signer les documents pour officialiser la finale du gala qui mettra aussi en vedette Steven Butler, Mathieu Germain, Kim Clavel, François Pratte et Jordan Balmir. Une étape qui sera vraisemblablement franchie au cours des prochaines heures. «L’entente de principe est solide. Nous n’anticipons aucun problème. Santos a été très clair, il sera dans le même ring que Kean le 10 février», se réjouissait Lavergne, président des Cataractes, qui ont mis sur pied ce gala conjointement avec Eye of the Tiger Management.

Lavergne ne cache pas que les derniers jours ont été durs sur les nerfs. Les promoteurs s’étaient mis de la pression en assurant que le rival retenu serait tout aussi dangereux que Haumono. Après avoir essuyé un énième refus du clan d’Adam Braidwood, ils ont négocié pendant quelques jours avec le nouveau champion canadien Mladen Miljas. Sans succès. À partir de là, ils sont partis à la recherche de la perle rare un peu partout sur la planète. Contrairement à bien d’autres, Santos a accepté le défi. «On pense qu’il est plus dangereux qu’Haumono. Simon est mieux d’être prêt. Haumono avait plus d’expérience, mais Santos est plus explosif et à 28 ans, il est dans les meilleures années de sa carrière. On avait promis que le combat du 10 février allait permettre à Simon (Kean) de passer à un autre niveau, c’est ce que nous livrons malgré la volte-face d’Haumono.»

Santos a perdu une décision majoritaire face à  Niall Kennedy (10-0, 6 k.-o.) à sa dernière sortie entre les câbles, le 15 septembre. Sa seule autre défaite en carrière fut contre Daniel Martz (16-6-1) en 2014, un type à qui il a passé le k.-o.  deux ans plus tard.  «Sa défaite face à Kennedy fut controversée. J’ai vu le combat, ce fut une décision partagée et moi aussi, je suis loin d’être convaincu que les juges ont penché du bon côté. Quant à son autre défaite, il s’est blessé lors du combat. Quand il a recroisé Martz, il n’a laissé planer aucun doute sur sa supériorité. Pour moi, c’est comme si on amenait un boxeur invaincu chez nous.»

Le seul bémol dans le cas de Santos, c’est son physique. Il va concéder au moins cinq pouces en grandeur, et une bonne trentaine de livres au Trifluvien.  Lavergne sourit quand on lui mentionne les différences de taille et de poids des deux pugilistes. «Tout au long de sa carrière, il s’est battu contre des gars plus grands et plus gros que lui. Je regarde sa fiche, ça ne l’a pas trop défavorisé jusqu’à maintenant! Je le répète, Simon sera en danger le 10 février. Et c’est parfait comme ça, c’est une soirée qui va lui permettre de faire avancer sa carrière. »

Jimmy Boisvert est sur la même longueur d’onde que Lavergne. L’entraîneur de Kean juge que son protégé sera testé au Centre Gervais Auto. 

«C’est un gars qui avance vers son rival, qui met de la pression. Il a toujours été impliqué dans des combats d’action. Il a de bonnes mains, de bons pieds, honnêtement c’est un gars qui est plus dangereux qu’Haumono. On a dit oui à trois semaines d’avis, car on veut que les amateurs de boxe qui vont se déplacer à Shawinigan aient droit à une finale explosive», mentionne Boisvert, qui dit avoir senti le besoin de mettre en garde son poulain. 

«Il a compris à qui il avait affaire. J’ai adoré son sparring aujourd’hui. Le Grizzly va être prêt.»

Il y aura bien quelques ajustements techniques à apporter, mais Boisvert ne veut pas trop mettre l’emphase là-dessus. «On peut bien analyser en long et en large un rival, à la fin c’est une bataille. Et le mandat, c’est d’être fin prêt quand la bataille s’amorce!»

Kean va défendre sa ceinture intercontinentale des poids lourds de l’IBO face à Santos. Par contre, le retrait d’Haumono va l’empêcher de combattre pour le statut d’aspirant obligatoire à la couronne du Commonwealth.