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Roland-Garros: pourquoi Federer en reste là

Elodie Soinard
Agence France-Presse
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Qualifié pour les huitièmes de finale au bout d’un long bras de fer nocturne, Roger Federer ne perd pas de vue ses priorités: Wimbledon et les Jeux olympiques. Au point de préférer se retirer de Roland-Garros dimanche.

Il avait laissé planer le doute sur la suite de son tournoi dès samedi soir, le verdict est tombé dans l’après-midi du lendemain. «Après avoir discuté avec mon équipe, j’ai décidé que je devais me retirer. Après deux opérations du genou (droit en 2020) et plus d’un an de rééducation, il est important que j’écoute mon corps et que je n’aille pas trop vite dans le retour à la compétition», justifie le Suisse, bientôt quarante ans.

Objectif Wimbledon

«Arriver à Wimbledon à 100%»: c’est cet horizon qui guide toutes ses décisions depuis qu’il est réapparu à petite dose sur le circuit début mars après plus d’un an d’absence. Il le répétait encore à quelques jours du Grand Chelem parisien: «L’objectif, c’est la saison sur herbe. Tout est pensé et fait pour, et pour la suite de l’année. Pour moi, la saison commence vraiment sur gazon».

Dans cette perspective, il doit poursuivre à Halle (Allemagne) son ambitieuse entreprise de retour au plus haut niveau. Mais le tournoi allemand débute dès le lendemain de Roland-Garros. Éviter un enchaînement potentiellement trop dense, c’est une des raisons pour lesquelles il a choisi d’écourter son aventure parisienne.

Wimbledon se profile dans trois semaines, et les JO, son autre objectif estival - seul l’or olympique en simple manque à son palmarès - dans sept.

Le plein de tennis...

«Je ne m’attendais pas à être capable de gagner trois matchs ici», avouait Federer samedi soir.

Le Suisse aux vingt trophées majeurs - comme Rafael Nadal - a toujours été très clair: il est venu à Paris pour emmagasiner des matchs, retrouver du rythme, ses repères et ses automatismes, aussi bien physiquement que mentalement.

Or de ce côté-là, il estime avoir été servi.

Dès son deuxième tour face à Marin Cilic, ex-N.3 mondial aujourd’hui 47e (6-2, 2-6, 7-6, 6-2), Federer considérait que «quel que soit le résultat, je sais que c’était vraiment le bon choix de venir ici».

«Je me suis un peu surpris, je ne pensais pas que je pouvais jouer à ce niveau pendant deux heures et demie contre Marin», se réjouissait-il aussi.

Rayon satisfaction, le Bâlois retenait le fait d’»avoir été capable, quand ça pouvait devenir dangereux dans le troisième set, de passer à la vitesse supérieure», ainsi que d’»avoir gardé l’intensité» ensuite.

«Ça me montre que j’ai quand même encore de la réserve, un peu d’énergie qui me reste, c’est super important pour la confiance», appréciait l’ex-N.1 mondial aujourd’hui 8e.

Rayon progrès à faire, il pointait «des hauts et des bas» et «encore un peu de difficultés en défense».

Son duel à rallonge avec l’Allemand Dominik Koepfer samedi soir, battu 7-6 (7/5), 6-7 (3/7), 7-6 (7/4), 7-5 au bout de plus de trois heures et demie dans le huis clos de la nuit parisienne, lui a fourni encore un lot d’informations supplémentaires.

«J’admire et je respecte Roger pour ce qu’il a fait la nuit dernière, salue l’ancien champion suédois Mats Wilander sur Eurosport. Il aurait très bien pu jeter l’éponge et dire :J’ai suffisamment d’entraînement pour Wimbledon+. Mais non, il veut gagner des matchs. Il m’impressionne tellement.»

... mais gare au trop plein

«C’est un match très important pour moi, reconnaissait Federer après sa victoire. Clairement, je n’avais pas fait d’entraînement de 3h35 min. C’est un énorme pas en avant, surtout que ça confirme en quelque sorte ma bonne performance contre Cilic dans des circonstances complètement différentes.»

Mais «à chaque match, je dois réévaluer la situation et voir le lendemain matin dans quel état je me réveille et comment va mon genou. C’est peut-être même encore plus vrai après un match aussi long», prévenait-il.

«N’est-ce pas trop risqué de pousser encore, n’est-ce pas le bon moment pour prendre du repos?», envisageait déjà le Suisse.

Il faut se rappeler qu’avant Roland-Garros, il n’avait accumulé que trois matchs en 2021 (deux à Doha début mars et un à Genève mi-mai). Et qu’au-delà, il n’avait plus joué en Grand Chelem - et donc en trois sets gagnants - depuis près de 500 jours.

L’envie, en tout cas, est elle intacte. «Il n’y a pas de meilleur sentiment que d’être de retour sur le terrain», affirme Federer.