Samuel Blais

Repêchage de la LNH: la surprise d'une vie pour Samuel Blais

Une des plus grandes surprises du repêchage de la LNH le week-end dernier a sans contredit été la sélection de Samuel Blais par les Blues de Saint-Louis en sixième ronde. L'attaquant n'aurait peut-être jamais eu cette chance sans un passage fructueux avec les Estacades de Trois-Rivières.
Été 2012, Blais s'apprête à participer à son deuxième camp d'entraînement avec les Commandeurs de Lévis dans le midget AAA. À 16 ans, après une année au niveau midget espoir, c'est maintenant où jamais. À sa grande déception, les Commandeurs ne retiennent pas ses services, encore une fois. Difficile à accepter pour celui qui était considéré comme le meilleur joueur au Québec lorsqu'il était au niveau atome.
Entrent en scène les Estacades de Frédéric Lavoie. Ce dernier décide de réclamer le jeune homme, écoutant les conseils de son assistant Pascal Luneau et de Jean-Philippe Glaude, dépisteur pour les Wildcats de Moncton à l'époque et des Predators de Nashville aujourd'hui.
«Il était un petit gars mais son talent offensif était exceptionnel. Plusieurs lui reprochaient son jeu défensif et son éthique de travail», explique Lavoie.
Le déménagement dans le secteur Cap-de-la-Madeleine aura été fructueux pour le jeune homme de Montmagny. En plus de récolter 40 points, il fut l'un des principaux acteurs de l'équipe en route vers la Coupe Dodge. Une performance qui lui a permis d'être repêché en huitième ronde par les Tigres de Victoriaville au terme de la saison.
À 17 ans, il espérait bien se faire une place avec les Félins, mais une blessure l'a ralenti et le directeur général Jérôme Mésonéro lui a indiqué qu'il devait amorcer la saison dans le midget AAA. Un retour qui ne s'est pas fait à Trois-Rivières, puisque les Commandeurs ont exigé qu'il évolue avec eux, une manoeuvre légale puisque Blais est un joueur originaire de leur territoire.
«Au début, nous avons demandé à la ligue pour jouer à Trois-Rivières, mais Lévis n'a pas voulu me libérer. J'ai eu une discussion avec l'entraîneur et on s'est expliqué. Finalement, j'ai bien aimé jouer à Lévis», affirme le principal intéressé.
Son retour dans ses terres aura finalement été de courte durée. À Noël, il est rappelé par les Tigres, avec qui il finira la saison, récoltant 14 points en 25 parties, un très petit échantillon pour se faire remarquer par une équipe de la LNH.
À vrai dire, un seul dépisteur a montré de l'intérêt à son endroit, Michel Picard des Blues de Saint-Louis, qui a demandé à discuter avec le jeune homme.
Pas à Philadelphie
Blais avoue qu'il n'avait pas fondé d'espoirs au terme de cette rencontre. Ignoré par la centrale de recrutement de la LNH, il n'a pas pris la peine de se déplacer à Philadelphie pour le repêchage.
C'est donc installé dans son salon qu'il a appris la nouvelle. Pendant qu'il regardait l'encan annuel à la télévision, son père consultait le réseau social Twitter. Soudainement, il a vu le nom de son fils apparaître au 176e rang.
«C'était malade, on capotait. Je ne m'y attendais pas du tout. J'étais assis dans le fauteuil quand j'ai vu ça. Par après, ils en ont parlé à la télévision. Même aujourd'hui, c'est dur à croire», raconte le jeune homme.
Comment expliquer ce revirement de situation? Non seulement l'attaquant de 18 ans a-t-il bien fait avec les Tigres, mais il a aussi connu une poussée de croissance tardive, lui qui mesure près de 6'1'', quatre pouces de plus qu'à l'époque où il évoluait avec les Estacades.
«Peut-être que ç'a joué dans la décision des Blues, estime Blais. Ils m'ont dit qu'ils aiment mes qualités offensives. Je devrai travailler sur mon coup de patin», note celui qui s'envolera pour la ville du Missouri dimanche.
D'ici là, Blais poursuit son entraînement estival à Trois-Rivières au CAPS de l'UQTR en compagnie de l'entraîneur Jean-François Brunelle.
Trois Mauriciens boudés
Si la journée de samedi a été agréable pour Blais, trois anciens des Estacades, Jonathan Deschamps, Alex Bureau et Guillaume Beaudoin, ont vu leurs craintes se réaliser, puisqu'ils ont été ignorés par les 30 équipes du circuit Bettman. Les trois hommes n'apparaissaient plus sur la liste finale de la centrale de recrutement de la LNH. Kris Hodge et Alex Pawelczyk des Cataractes ont aussi vécu une déception similaire.