Philippe Vachon, étudiant à l'UQTR, est classé dixième au monde dans sa catégorie d'handicap au 100 m dos. Il revendique aussi quatre records canadiens.

Rendez-vous manqué à Mexico pour Philippe Vachon

Quand on se compare, on se console. C'est probablement ce que s'est dit l'étudiant de l'UQTR Philippe Vachon, la semaine dernière, en apprenant l'annulation du Championnat mondial de paranatation.
Au moment où il peaufinait sa préparation en Arizona avec les autres membres de l'équipe canadienne, un puissant séisme de 7,1 sur l'échelle de Richter secouait le Mexique, causant la mort de milliers de personnes. Le site des Mondiaux a été touché par la catastrophe, surtout les hôtels. Par chance, l'équipe canadienne n'avait pas encore gagné les chambres où ses athlètes devaient loger.
D'ailleurs, presque par miracle, aucune personne rattachée à l'événement n'a perdu la vie dans ce drame. On parle d'environ 1400 personnes, autant d'athlètes que d'officiels ou d'entraîneurs. Malgré tout, des centaines d'athlètes vivant avec un handicap physique ont dû faire une croix sur l'un des événements les plus importants de leur carrière, après les Jeux paralympiques. C'était la première fois de son histoire que le Comité international paralympique se voyait forcé d'annuler une compétition de cette envergure.
Normalement, les Mondiaux se seraient mis en branle ce samedi. Au lieu de ça, Vachon et ses compatriotes sauteront dans la piscine pour l'Open canadien de Toronto, une sorte de finale consolation à laquelle ont été invités des représentants d'autres pays.
«Ils étaient sensés quitter l'Arizona vers Mexico le jour même», relate son entraîneur des Mégophias de Trois-Rivières, Charles Labrie. «Philippe se préparait pour les championnats depuis avril, il était en Arizona depuis un mois. Mais voilà, on ne contrôle pas ce genre de choses et le gouvernement du pays ne pouvait assurer la sécurité des athlètes. De toute façon, le peuple mexicain en avait plein les bras...»
Pour Vachon, l'occasion aurait été belle de mesurer son potentiel devant l'élite mondiale, d'autant plus qu'il vise une participation aux Jeux paralympiques de Tokyo, en 2020. Détenteur de quatre records canadiens en paranatation au cours de la dernière année, il a pris part à des épreuves de la Coupe du monde au Danemark ainsi qu'en Allemagne. L'année 2017 marquait son entrée aux Mondiaux. «Il a un fort potentiel de développement, explique Labrie, à ses côtés depuis septembre 2016. Il occupe présentement le dixième rang mondial du 100 m dos dans sa classe d'handicap (S8). Difficile de le comparer à un gars comme Benoît Huot, mais il sera assurément à surveiller dans les mois à venir.»
Maladie rare
Philippe Vachon était un ado actif quand il a appris, à 13 ans, qu'il était atteint de la maladie de Charcot-Marie-Tooth, un trouble neurologique affectant les nerfs et les extrémités. 
«La maladie affecte les pieds et les mains. Certains gestes du quotidien sont plus difficiles à accomplir pour lui, dont écrire. Mais dans une piscine, avec l'apesanteur, il se débrouille très bien! C'est un passionné et ça paraît.»
Le jeune homme originaire de Blainville, qui a déménagé à Trois-Rivières pour poursuivre ses études en psychologie, pratique la natation de manière sérieuse depuis environ sept ans. L'année passée, il a entendu parler du programme des Mégophias et des Patriotes, piloté par Charles Labrie. Celui-ci l'a convaincu de poursuivre son développement en Mauricie.
«On a une bonne chimie et il vient de connaître sa meilleure année, s'enthousiasme l'entraîneur. Philippe est un gars timide, il ne fait pas beaucoup de bruit, mais dans la piscine, il fait parler son talent. C'est un excellent coéquipier.»
En dépit de son handicap, Philippe Vachon est loin de mal paraître sur le circuit universitaire de natation, où sont regroupés tous les athlètes, handicapés ou non. 
«Philippe est l'un de nos 15 nageurs et nous aurons une belle saison», assure Labrie, qui espère voir son poulain réussir des records personnels à Toronto, ce qui pourrait lui ouvrir la porte pour une sélection aux Jeux du Commonwealth. Question de reprendre le rendez-vous raté de Mexico, en attendant Tokyo...