Tant chez le Canadien que chez les Alouettes, certains ont reproché à Ray Lalonde son approche rigide. Mais ce sont les résultats qu'il a livrés, particulièrement chez le Tricolore, qui lui ont fait gagner la confiance de Graeme Roustan.

Ray Lalonde: plus question de garder son expertise pour un seul client

Après la NFL, la NBA, le Canadien et les Alouettes de Montréal, Ray Lalonde vole maintenant de ses propres ailes. À la barre de sa propre entreprise, le Trifluvien expert en marketing sportif tente maintenant d'aider différentes entreprises et organismes à obtenir un morceau du gâteau des milliards de dollars sportifs en Amérique du Nord.
En 2012, l'aventure de Lalonde à titre de président des Alouettes de Montréal prenait fin abruptement après une seule saison. Vu comme l'une des références dans le domaine des affaires sportives au Canada, Lalonde décide alors de lancer sa propre entreprise, avec le sentiment qu'il avait besoin de liberté et de flexibilité. Terminée l'époque où il se devait de travailler qu'avec une seule organisation.
«Ça fait 30 ans que je suis dans le domaine du sport professionnel. Je veux maintenant pouvoir prendre des mandats et des dossiers plus variés que de travailler dans une équipe ou pour une ligue comme employé permanent. La beauté de cette industrie, c'est qu'il y a d'innombrables possibilités, au sein de plusieurs ligues et programmes. La façon de toucher à davantage de choses, c'est d'être indépendant», souligne-t-il.
C'est ainsi que le Trifluvien a travaillé sur différents projets, dont la construction d'un nouvel aréna en banlieue de Toronto, à Markham, pendant deux ans. Puis, en 2013, c'est le Comité olympique canadien qui lui a fait signe afin de prendre la relève de Dimitri Soudas à titre de directeur exécutif des communications en vue des Jeux de Sotchi. Les Olympiques étant maintenant derrière, le COC n'a pas hésité à faire de nouveau appel à lui, cette fois, pour un mandat de trois mois afin de mener un projet événementiel. Il adore, mais il ne serait pas question pour lui de se lier au COC pour de bon.
«Ce n'est pas une fonction que j'ai acceptée avec une intention d'en faire une permanence. Je travaille de façon autonome, j'ai ma propre compagnie. Je fais des mandants pour différents clients, tous différents mais avec une durée déterminée.»
Après les arénas, les médias
En plus de mener son propre bateau à bon port, l'ancien des Diablos football a fait comme plusieurs joueurs professionnels: le saut vers le médias. Après s'être laissé courtiser pendant plusieurs années, il a accepté de se joindre au 98,5 FM ainsi qu'au Réseau des sports afin d'analyser l'aspect financier du monde sportif.
«Il y a un volet qui n'était pas touché. On analyse les performances, les résultats, mais l'aspect des affaires ne l'était pas, et surtout pas vu de l'intérieur. Je pense que RDS et Cogeco y voyaient une belle opportunité.»
Il faut dire que l'industrie sportive en Amérique du Nord n'est plus une petite affaire. Selon des études, les revenus sportifs devraient atteindre la rondelette somme de 70,7 milliards $ en 2018. À eux seuls, les contrats de télévision des quatre sports majeurs atteignent près de 10 milliards $ annuellement et la valeur des concessions est en pleine explosion. C'est sans oublier les produits dérivés et les réseaux sociaux qui ont donné une visibilité sans précédent aux équipes.
«L'industrie du sport a pris énormément d'importance. C'est beaucoup plus qu'un divertissement. C'est une entreprise florissante.»
Lalonde ne croit d'ailleurs pas que la poule aux oeufs d'or cessera de pondre dans les prochaines années.
«C'est difficile de dire où nous en sommes (dans cette lucrative vague). Nous ne sommes certainement pas à la fin, mais pas au début non plus. De nos jours, avec les médias sociaux, l'aspect communication virtuelle et l'accès à toutes les plates-formes à tout moment de la journée, il n'y a rien que tu peux rater dans ce qui touche l'industrie.»