Grâce au documentaire diffusé par Netflix, une nouvelle génération apprend à mieux connaître Michael Jordan.
Grâce au documentaire diffusé par Netflix, une nouvelle génération apprend à mieux connaître Michael Jordan.

Ray Lalonde aux premières loges de la Jordan Mania

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Le temps ne réussira pas à pâlir l’étoile de Michael Jordan. Le documentaire qui lui est consacré, diffusé sur Netflix, attire chaque semaine des millions de téléspectateurs. Spécialiste en marketing sportif et business du sport, le Trifluvien d’origine Ray Lalonde témoigne de cet immense succès.

«Il est redevenu l’athlète le plus populaire au monde, même s’il a joué son dernier match avec les Bulls de Chicago il y a 22 ans!»

Lalonde fait partie des millions de personnes qui, chaque semaine, découvrent les coulisses de cette équipe mythique ayant conquis le cœur des amateurs de basketball, durant la décennie des années 90. Le documentaire La dernière danse retrace les grands moments de Jordan avec les Bulls, non sans une attention particulière sur son ultime campagne avec eux, en 1997-98.

À l’époque, les Bulls dominent la NBA. Ils ont des fans partout sur la planète. On les apprécie pour la qualité du jeu, mais aussi en raison des personnalités de leurs joueurs vedettes. Jordan, Dennis Rodman, Scottie Pippen et leurs coéquipiers sont dans une classe à part.

Accès VIP

Ray Lalonde a eu un accès privilégié à la Jordan Mania, en travaillant pour la NBA de 1992 à 2000. On peut d’ailleurs le voir à deux reprises dans le documentaire, alors que les Bulls visitaient Paris pour une tournée européenne en 1997. Quelques mois plus tôt, ils avaient remporté un deuxième championnat consécutif, un cinquième en sept saisons!

«Je me souviens de leur voyage à Paris cette année-là. J’étais responsable des communications, donc j’ai accompagné Michael durant ses déplacements. Pippen et Rodman étaient absents, alors forcément, toute la pression du public reposait sur lui. Dans l’autobus, à l’hôtel, partout en ville, les gens n’en avaient que pour lui! Michael Jordan, c’était un cirque ambulant. Comme Les Beatles dans les années 60.»

Michael Jordan en 1988

Un documentaire unique en son genre

Ray Lalonde est une sommité en marketing sportif. Son embauche par les Canadiens de Montréal, au début du millénaire, a transformé l’équipe. Pendant presque 10 ans, il a aidé le Tricolore à soigner son image de marque pour ainsi améliorer sa popularité. Il fut l’un des architectes des célébrations entourant le centenaire du club, en 2009, avant de quitter deux ans plus tard.

Lalonde a également travaillé pour la NFL Europe, les Alouettes et le Comité olympique canadien. Depuis quelques années, il possède sa propre entreprise et collabore avec RDS et le réseau Cogeco.

Alors, comment expliquer un tel succès pour La dernière danse, pour un athlète qui a joué son dernier match NBA avec les Wizards de Washington en 2003?

«Parce qu’on est en manque de contenu frais. Il n’y a pas de compétitions sportives en ce moment, mais c’est ce qui s’en rapproche le plus.»

En 1997-98, une équipe de tournage a suivi Jordan et les Bulls pendant la saison. Le documentaire propose du contenu qui n’avait jusque-là jamais été diffusé. À cela s’ajoutent des entrevues avec Jordan, ses coéquipiers, des membres de la direction des Bulls et d’autres personnalités, comme Barack Obama. Ça dépasse les cadres du basketball.

«L’époque de Jordan avec les Bulls, c’était très important dans l’univers prétechnologie, rappelle Ray Lalonde. C’est le dernier grand athlète qui n’a pas pu tirer profit des médias sociaux, de tout l’Internet. À cette époque, les années 90, où il y avait moins de consommation virtuelle, Jordan et les Bulls ont réussi à traverser les frontières pour devenir une équipe mythique mondiale.»

Michael Jordan en 1998

Connecter avec la nouvelle génération

Ce bijou de documentaire, la nouvelle génération y goûte sous une autre perspective. Les jeunes de 10 à 25 ans n’ont pas eu la chance de voir Jordan en action. «C’est une façon de connecter ma génération avec la leur, d’introduire Michael Jordan aux plus jeunes. Ce n’est pas indéniable: il y a un fort intérêt à lire, regarder, écouter et en apprendre sur ce qu’était la légende Michael Jordan.»

Le fait de combiner les expertises de Netflix, ESPN, Mandalay Sports Media, la NBA et Jordan lui-même crée un produit phare, selon Ray Lalonde. «C’est du jamais vu. Des documentaires sportifs avec de tels accès en coulisses, on en compte plusieurs. Le FC Barcelone a sorti le sien, le club anglais de soccer Sunderland également. Mais la NBA, c’est mondial et c’est aussi les États-Unis. Ça touche 200 pays. Et Michael Jordan, c’est l’athlète des athlètes.»

Vous comprendrez que Ray Lalonde aime la série! Le sentiment d’avoir participé à quelque chose de spécial, il y a environ un quart de siècle, penche évidemment dans la balance.

«Les employés de la NBA comme moi ont eu la chance d’avoir un ambassadeur, le numéro un mondial en Jordan. Les différents thèmes de sa vie sont bien exploités dans le documentaire. Il y a des enjeux de société et culturels, du leadership. C’est l’histoire d’un thème, d’une équipe mondiale qui avait atteint des niveaux de popularité et menée par une star dont tout le monde voulait s’approcher.»

En 1997, Lalonde savait que la NBA planchait sur un projet de documentaire mettant Jordan en vedette. Il n’a jamais douté de la qualité du produit final, enfin diffusé des années plus tard, en période de pandémie et alors que les amateurs de sports ont besoin de contenu.

«Le côté divertissement de la NBA, cette division de spectacle et de créativité, c’est inégalé. Et des joueurs comme Michael Jordan, je ne suis pas certain qu’il y en aura d’autres. Quel athlète performant!»

Ray Lalonde a été un témoin privilégié de la dynastie des Bulls.

Les épisodes 9 et 10 de La dernière danse seront disponibles dimanche. L’intégralité de la série se trouve sur Netflix.