Le nom de Raphaël Lessard est de plus en connnu, pas seulement au Québec, mais aux États-Unis également.

Raphaël Lessard, un nom à retenir

TROIS-RIVIÈRES — Quand un type comme Kyle Busch vous recrute dans son équipe, c’est qu’il voit quelque chose de spécial. C’est encore plus vrai si vous êtes un jeune francophone qui n’a pas encore atteint sa majorité!

À tout juste 17 ans, le Beauceron Raphaël Lessard fait écarquiller les yeux. Il a remporté sa première victoire contre des hommes quand il n’avait que 12 ans.

En mai dernier, celui que l’on considère comme le plus bel espoir québécois en course automobile a signé une performance éclatante, sur le mythique circuit de Bristol, au Tennessee.

Face à des pilotes pour la plupart beaucoup plus vieux que lui, Lessard a remporté les honneurs dans la catégorie de stock-car des Super Late Models, une série de développement dont l’objectif consiste à préparer la relève en vue du grand saut vers le monde du NASCAR aux États-Unis.

Ça fait déjà un bout de temps qu’on entend parler de Lessard dans l’industrie, sauf qu’il n’avait encore jamais couru dans les rues de Trois-Rivières. Ce sera chose faite en fin de semaine, en marge du Championnat canadien de stock-car, qui débarque en ville pour la première fois.

«J’ai étudié le circuit sur le web et avec des vidéos. On va s’ajuster à la piste durant les qualifications de samedi en vue de la course de dimanche. Ce n’est pas le même jeu de pieds et ça freine beaucoup plus fort, il faut aussi savoir où précisément faire les changements de vitesse», explique Lessard, fort loquace malgré son jeune âge.

Son père, François Lessard, avait mérité un volant NASCAR en 2012 à la suite de sa victoire en série Sportsman Québec. Son beau-frère, Dominic Jacques, s’était imposé deux ans dans la même classe.

«C’est certain qu’ils m’ont donné de bons conseils! J’ai de bons souvenirs de 2012 avec mon père, mais là, ce sera complètement différent. Ce sera ma course! La fin de la longue ligne droite, ça représente tout un défi.»

Lessard arrive à Trois-Rivières sans trop de pression puisqu’il n’est pas un acteur actif de ce championnat canadien, lui qui fait plutôt carrière au sud de la frontière. Il voudra néanmoins laisser une forte impression. Ce n’est pas un hasard si les dirigeants du GP3R ont convié la presse pour souligner sa participation à l’événement, plus tôt cet été.

Pier-Luc Ouellette, un champion mondial de karting, sera de la partie, tout comme le vétéran Jean-François Déry. Jonathan Bouvrette, Dany Trépanier et Donald Theetge, qui courra autant en stock-car canadien qu’en NASCAR Pinty’s, figurent aussi parmi les prétendants.

«Un gars comme Ouellette, habitué au karting, connaît bien les circuits routiers. Il sera dans son élément. De mon côté, si je désire graduer vers le NASCAR américain, j’aurai besoin de cette expérience sur des tracés routiers, car il y en a quelques-uns.»

Qu’à cela ne tienne, la majorité des pilotes qui prendront le départ pour ce championnat canadien sont d’abord des pilotes de circuit ovale. Tourner à droite, ce n’est pas leur tasse de thé.

Mais Lessard apprend vite. Ce n’est pas un hasard si Kyle Busch l’a recruté. «On a testé ensemble en début de saison en Alabama et nos données se ressemblaient, avec des voitures de Super Late Models. Kyle, c’est le meilleur et il est exigeant. Je ne pourrais pas être mieux entouré.»

Aucun doute, les amateurs découvriront ce week-end un jeune bourré de talent à l’avenir prometteur.