Ilias Paschalidis, Raphaël Picard et Brendon Élement font partie des jeunes qui ont le privilège de côtoyer Raphaël Gladu cet hiver.

Raphaël Gladu: une présence inspirante

Trois-Rivières — Ceux qui pensent que les joueurs de baseball font la belle vie en bénéficiant de six mois de vacances par année auraient intérêt à suivre Raphaël Gladu durant une journée.

L’espoir des Mets de New York divise son année en deux temps: six mois passés à Trois-Rivières et six autres aux États-Unis, dans le réseau affilié du Baseball majeur, un niveau de jeu qui demeure son objectif ultime.

Or, quand il retrouve sa Mauricie natale, Gladu fait tout sauf se la couler douce! Dès 6h le matin, il rejoint les membres de l’équipe des Dragons du Collège Laflèche au gym. Plus tard, il foule le terrain synthétique du Complexe sportif Alphonse-Desjardins (CSAD) en compagnie des Dragons et des baseballeurs du programme Sport-études de l’Académie les Estacades. En effet, Gladu a été engagé, cet hiver, pour donner un coup de main aux entraîneurs déjà en place.

Voir un pro se pointer aux pratiques pendant le camp hivernal, ce n’est pas donné à tous les étudiants-athlètes de ce sport. Surtout pas au Québec!

«Sa présence nous motive. Il nous rappelle souvent, pendant les exercices, qu’il a déjà été à notre place, avec les Estacades et les Dragons. Il nous conseille, c’est un gros plus pour nous», sourit le lanceur Jacob Lachance, 16 ans, qui aimerait avoir la chance de lancer contre lui, si l’occasion s’y prête.

«À son année de repêchage, j’étais en secondaire 3 et je voulais presque lui demander un autographe. Pour les plus jeunes, c’est impressionnant. Pour les plus vieux, c’est une opportunité d’apprendre d’un professionnel», sourit l’adolescent de Sainte-Anne-de-la-Pérade, qui vise une place dans la rotation des partants au sein de l’équipe M-18 de l’Académie de baseball du Canada, l’été prochain.

Les collèges... et deGrom

Le CSAD est pratiquement devenu la résidence secondaire de Gladu cet hiver. Il a d’ailleurs la clé pour s’entraîner dans la cage des frappeurs. Au-delà de ses obligations avec les programmes Sport-études, il profite de ses temps libres pour inviter des amis à frapper des balles avec lui. «Tant qu’à me trouver un emploi ailleurs pendant la saison morte, aussi bien m’impliquer dans le baseball local et pour les jeunes», indique l’athlète de 23 ans, à peine plus vieux que les joueurs des Dragons.

«Les gars sont réceptifs et posent beaucoup de questions, surtout ceux qui visent à jouer dans les collèges américains un jour parce que je suis passé par là avant mon repêchage en juin 2017.»

L’an passé, Gladu a côtoyé pour la première fois, lors du camp d’entraînement officiel des Mets, les ténors de cette équipe. Il a entre autres eu l’honneur de recevoir des tirs de Jacob deGrom, qui allait remporter, à la fin de la saison, le prestigieux trophée Cy-Young, remis au meilleur lanceur dans la Ligue nationale. Il y a quelques jours à peine, deGrom s’entendait avec l’organisation new-yorkaise pour une prolongation de contrat d’un an... et 17 millions $!

«Frapper contre deGrom, ce n’est pas banal à insérer dans une discussion», rigole Gladu, qui n’est toutefois pas du genre à se vanter de ses réalisations. Assez discret, le Trifluvien reconnaît néanmoins qu’il a du plaisir à raconter ses expériences. «Plus j’en parle avec les jeunes, plus j’ai hâte d’y retourner! Les Mets devraient m’en dire davantage sur l’horaire du camp d’entraînement. Je m’attends à quitter pour la Floride à la fin de février. Si je veux y aller avant pour profiter de leurs installations, c’est à mes frais. J’aime mieux rester avec mes proches et aider le Sport-études, surtout que j’ai tout ce dont j’ai besoin à Trois-Rivières.»

Maxime Desruisseaux, 19 ans des Dragons, en sait quelque chose. «Raph, c’est toujours le premier à arriver au gym et le dernier sorti. Sur le terrain, c’est d’abord au bâton qu’il nous aide. Il va amener des nouveaux drills. On a tous des buts différents ici et les entraîneurs le comprennent, Raphaël aussi. C’est motivant de voir à quel point il est reconnaissant envers le programme. Même repêché dans le Baseball majeur, il continue de s’investir. Ça veut dire qu’ils font bien les choses avec les programmes Sport-études.»

Pleinement rétabli

Par ailleurs, Raphaël Gladu semble parfaitement rétabli de ses blessures aux genoux. À un certain moment en 2018, il n’était même plus capable de sauter! «Je craignais de devoir m’absenter longtemps, je venais d’être rappelé au niveau A fort à St. Lucie.»

Finalement, Gladu a pu disputer 18 matchs à ce niveau, après avoir fait un malheur dans le A. Bref, il a connu une saison plus qu’intéressante et il sera de nouveau dans la mire des dirigeants de l’équipe au camp. Ses visées pour 2019? Réussir à atteindre l’excellence du niveau AA. «Au moins 30 matchs à Binghamton, ce serait super intéressant pour mon développement. Est-ce que je serai le premier à monter dans le AA? Chose certaine, je ne voudrai pas attendre trop longtemps avant de partir la machine. Je dois avoir un bon début de saison.»

S’il dit bien se sentir au gym, rien n’égalera le test de journées complètes à s’entraîner sur le terrain quand il sera enfin en Floride. «J’ai hâte à ma première pratique, pour confirmer que je suis correct, que je ne traîne plus de blessures.»

Si tout se passe bien, Gladu pourrait même recevoir une invitation à prendre part à quelques matchs de la Ligue des pamplemousses, avec les Mets.