Dominic Fugère s’explique mal l’étiquette qui colle à la peau de son organisation.

Rallycross d’hiver: le GP3R veut aller de l’avant

Trois-Rivières — L’absence d’une aide financière de 100 000 $ de la Ville de Trois-Rivières ne devrait pas avoir raison de l’événement de rallycross d’hiver, proposé par le GP3R, mais rejeté par le conseil municipal mardi soir.

C’est du moins ce que laisse sous-entendre le directeur général du Grand Prix, Dominic Fugère, quelques heures après avoir absorbé le choc provoqué par le vote du conseil. Selon lui, les deux autres paliers de gouvernement démontrent toujours un vif intérêt à soutenir les courses hivernales, prévues à l’Hippodrome 3R dans la première fin de semaine de février.

On se souviendra que dans les minutes précédant le départ de la course NASCAR l’été dernier, pendant la 50e édition du GP3R, le ministre fédéral François-Philippe Champagne avait annoncé une aide financière d’environ 185 000 $ en provenance d’Ottawa. Le montant proposé par Québec avoisinerait ces chiffres.

Or, le Grand Prix avait besoin d’un ultime levier de l’appareil municipal afin de compléter son montage. Les 100 000 $ demandés auraient permis d’assurer, explique Fugère, la tenue d’activités familiales hors circuit au centre-ville ainsi qu’à l’Amphithéâtre Cogeco. C’est cette portion de la programmation qui sera abandonnée.

Dominic Fugère a passé une bonne partie de sa journée, mercredi, à contacter ses divers partenaires, dont les dirigeants du Championnat de rallycross des Amériques, la série reine visée pour ce rendez-vous d’hiver.

«La plupart des partenaires reviennent, mais nous attendons encore la confirmation d’un gros joueur», note le DG, qui se serait bien passé d’un tel dossier, au moment où Las Vegas reçoit les grands manufacturiers du monde ainsi que de nombreuses séries de courses au SEMA Show.

«C’est là-bas que nous avons bouclé notre première entente avec les gens du Championnat mondial de rallycross, il y a quelques années. Je compare cet événement aux assises du baseball, tout le monde y est! Sauf nous...»

Après avoir éteint les feux et enchaîné les entrevues, Fugère a fait le point avec les membres du conseil d’administration du GP3R, en début de soirée. Une rencontre productive de 90 minutes, précise-t-il.

«On trouve ça déplorable, sauf qu’il faut avancer. Il commence à être tard pour 2020. Nous devrions avoir quelque chose à annoncer dans les prochains jours. Ça ne se comptera pas en semaines.»

Dure journée

Ce que Dominic Fugère s’explique mal, c’est l’étiquette qui colle à la peau de son organisation. «Il y en a qui croient que nous sommes des climato-sceptiques. Non, nous ne sommes pas des climato-sceptiques et on sait pertinemment où on doit s’améliorer.»

C’est pourquoi, ajoute-t-il, son organisme a mis en place une initiative comme le GP3Vert, qui a permis de planter 200 arbres sur les terrains de l’école Chavigny, afin de compenser les émissions de dioxyde de carbone émis par les courses de la 49e édition, en 2018.

«Le GP3Vert a été pensé et décidé avant la déclaration de l’urgence climatique par la Ville de Trois-Rivières. Nous avons arrêté de présenter des courses d’endurance, car on sait que c’est plus polluant. On a décuplé la masse de nos matières recyclables entre 2018 et 2019. Nous sommes conscients qu’on est dans un environnement fragile, mais la plantation de nos arbres, on l’a préparée avec les recommandations de scientifiques. En ce moment, j’ai l’impression qu’on veut nous amener dans une guerre de curés.»

Dominic Fugère rappelle au passage que le projet de rallycross d’hiver a été pensé par les gouvernements locaux et provinciaux, au moment où les Nuits polaires battaient de l’aile. «Nous nous sommes rendus en Suède, le pays de Greta Thunberg, pour voir comment ils planifiaient les courses hivernales et en souhaitant adapter ça à notre sauce. Le but était d’organiser des courses, mais de créer quelque chose de populaire en même temps. C’est cette formule que nous sommes en train de repenser.»

L’Hippodrome 3R peut accueillir quelque 5000 personnes. Le budget d’exploitation oscillerait autour d’un million$.

Une pétition

La décision du conseil de ville a provoqué des réactions sur les réseaux sociaux pendant toute la journée, mercredi, peu importe le camp. Une pétition est en ligne sur le site petitionenligne.com afin de soutenir la fête hivernale du GP3R.

Sinon, le mouvement social écologiste Extinction Rebellion aurait posé une affiche devant la porte Duplessis, près des locaux du Grand Prix, afin de manifester son opposition à l’organisme. Il y a quelques semaines, des membres d’Extinction Rebellion ont escaladé le pont Jacques-Cartier, à Montréal, ce qui a entraîné l’arrêt de la circulation en pleine heure de pointe.