L’auteur Stéphane Lévesque a recueilli quelque 150 témoignages pour la rédaction de son livre, Le hockey au Centre-du-Québec.

Raconter l’histoire du hockey au Centre-du-Québec

TROIS-RIVIÈRES — Il y a environ trois ans, Stéphane Lévesque se réveillait, un matin, avec en tête la préface d’un livre qu’il rêvait d’écrire. Il y a quelques semaines, il publiait enfin Le hockey au Centre-du-Québec, un recueil d’anecdotes de ceux qui ont façonné l’univers de notre sport national, dans la région.

«J’ai un intérêt pour le patrimoine vivant, pour les gens qui peuvent et veulent témoigner. Je n’ai pas la prétention d’avoir écrit un livre sur l’histoire du hockey au Centre-du-Québec, mais je raconte plusieurs histoires de gens bien connus dans leur milieu», explique l’auteur, qui aura passé autour de 150 personnes en entrevue avant de compléter son bouquin.

On parle évidemment d’anciennes gloires locales de certaines paroisses, mais aussi de bénévoles, d’enseignants et d’artistes du milieu culturel. Tous gardent ce lien précieux pour l’amour du hockey et sont originaires du Centre-du-Québec. Nos lecteurs de Baie-du-Febvre, Pierreville, Saint-Pierre-les-Becquets, Saint-Zéphirin et Sainte-Eulalie s’y retrouveront peut-être.

«À Sainte-Eulalie, le village se vidait pour aller encourager l’équipe à Daveluyville! En l’espace de quelques heures, il y avait 500 personnes en moins au village. Tu ne vois plus ça aujourd’hui, cet esprit de communauté s’est un peu perdu, malheureusement.»

Se définissant comme un grand régionaliste, Stéphane Lévesque souhaitait écrire un livre sur ces bâtisseurs, admirés et respectés. Il pense à Robert Roy, «ce peintre virtuose», à Paul Laplante, la fierté de Sainte-Monique originaire d’une famille de plusieurs enfants, qui jouait au hockey avec les patins de sa soeur. «Son frère lui fabriquait des bâtons de hockey avec des branches! Il a participé au camp des Sabres de Buffalo, il s’est même battu avec les vrais frères Hanson (Carlson)! Plus tard, il fondait l’escouade Carcajou, qui a mené la lutte contre le crime organisé.»

Bref, il voulait raconter l’histoire de ceux dont on entend moins souvent parler. «J’aurais aimé signer un chapitre pour toutes les municipalités de la région, mais au final, j’en ai une quarantaine. J’ai découvert plein de choses. Mon livre, c’est un peu l’affirmation de cette génération de 60, 70 ou 80 ans. On a produit tellement de bons joueurs dans les dernières décennies! Et le prochain, ça risque d’être [le gardien de but] Samuel Montembeault.»

Stéphane Lévesque sourit en rappelant qu’à une certaine époque, des amateurs de hockey, en voiture, arpentaient les rangs les plus éloignés des villages avec des haut-parleurs pour inciter les gens à se rendre à l’aréna, en vue d’un match important entre les équipes de deux paroisses rivales. Il cite, dans son répertoire, la victoire inattendue des Riverains de Bécancour junior AA dirigés par Gaétane Désilets, qui tiraient de l’arrière 0-3 dans leur série avant de s’imposer 4-3 en prolongation, à la maison.

«Il fallait mettre ces acteurs régionaux en lumière, je pense que c’est important. Personnellement, je trouve que la littérature hockey au Québec traite beaucoup du Canadien. On peut sortir des sentiers battus.»

À ses yeux, son ouvrage se destine à un public non reconnu pour être l’acheteur traditionnel de livres. «J’espère rejoindre les hommes de 45 ans et plus. Ceci dit, c’est un livre pour quiconque s’intéresse au hockey dans la région. Il est accessible, avec beaucoup d’images.»

L’auteur de la rive-sud caresse un vieux rêve: répéter l’expérience, mais pour toutes les régions du Québec. Rien de moins! «Ce serait une grosse commande, j’en conviens! Si je me lance, je vais commencer avec la Mauricie.»

Le hockey au Centre-du-Québec est disponible à la librairie Poirier de Trois-Rivières, au Complexe hôtelier le 55 de Bécancour de même qu’au Pub Le Houblon de Nicolet.