Le Centre Vidéotron risque de devenir comme le Copps Coliseum d'Hamilton: un aréna qui n'accueillera jamais une équipe de la LNH, mais qui forcera d'autres marchés à construire un nouvel amphithéâtre.

Québec: une mauvaise candidature

COMMENTAIRE / Depuis que la LNH a annoncé que Seattle allait pouvoir déposer une candidature – lire entre les lignes: obtenir une équipe – d’expansion, les théories du complot fusent de toute part, incluant les ficelles tirées par Geoff Molson ou encore des décisions racistes de la part de Gary Bettman. Se pourrait-il que Québec ne soit tout simplement pas une candidature de qualité?

Il faut être dupe pour estimer que Québec fait le poids devant Seattle. La ville américaine a une population métropolitaine de près de 4 millions de personnes, cinq fois plus que Québec. Mais surtout, la métropole de l’État de Washington compte des sièges sociaux dont Québec peut à peine rêver. C’est bon du Ashton, mais ça ne vaut pas Boeing ou Microsoft. 

Lorsque Québec a obtenu une équipe de la LNH, c’était à une autre époque, avec des salaires minimes et des bandes blanches. Les spectateurs étaient la source de revenus de l’équipe. En 2017, le nombre de partisans n’est qu’une partie de l’équation – on le voit bien dans plusieurs marchés – devancée par les commanditaires et surtout, les juteux contrats de télévision.

Or, combien de Québécois n’écoutent pas le hockey parce qu’il n’y a pas d’équipe dans la Vieille Capitale? Très peu, c’est dans leur sang. Le potentiel de développement à Seattle est beaucoup plus intéressant pour les 31 autres équipes, la LNH et son contrat avec le réseau NBC, surtout que les partisans de l'endroit ont une solide réputation. Ces futurs amateurs de hockey ne feront pas exception. 

Québec avait les Nordiques, elle les a perdus. La porte semble fermée. Il faudrait le petit miracle d’un déménagement, mais lorsqu’on sait que les Hurricanes seront en Caroline pour sept ans, il y a peu d’espoir que ce scénario se concrétise.

Hamilton, dans les années 1980, a eu son Centre Vidéotron, le Copps Coliseum. Comme l’amphithéâtre de Québec, il ne sert encore qu’à accueillir du hockey junior.

Si les Québécois doivent vivre un deuil, le mince espoir de voir le club-école des Nordiques à Trois-Rivières s’envole aussi. Une option de moins pour trouver un locataire pour le nouveau Colisée.