Ivan Chekhovic, du Drakkar de Baie-Comeau, est en bonne position pour rafler le titre de meilleur marqueur de la Ligue de hockey junior majeur du Québec cette saison.

Quatre dossiers à surveiller

La LHJMQ attaque cette semaine le 3e tiers de sa saison, avec des guerres sur différents fronts. Tour d’horizon des dossiers à surveiller d’ici la fin de la campagne.

Une course au championnat des marqueurs endiablée

Ça fait un bout de temps que le championnat des marqueurs n’a pas été aussi corsé. Treize points séparent les six patineurs les plus productifs depuis l’ouverture des barrières, un contingent qui double carrément si on étire l’élastique jusqu’à un écart de 20 points. Notre futur champion se trouve vraisemblablement à l’intérieur de ce groupe élargi. Maintenant, bien malin celui qui peut prédire avec exactitude celui qui se démarquera du lot pour succéder à Alex Barré-Boulet, qui a raflé le titre avec 116 points la saison dernière.

Celui qui mène actuellement est l’explosif Ivan Chekhovic, du Drakkar de Baie-Comeau. Il flirte avec la moyenne de deux points par match, avec 73 en 40 rencontres. Dans son rétroviseur se retrouve Peter Abbandonato, le meneur offensif des Huskies de Rouyn-Noranda, qui accuse un retard de trois points. Chekhovic et Abbandonetto doivent être considérés favoris. Jetez quand même un œil sur Joe Veleno, auteur de 60 points en 33 matchs, lui qui a raté quelques semaines en raison de sa présence avec Équipe Canada junior. Veleno amasse des points dans toutes les phases du jeu. Imaginez, l’espoir des Red Wings de Detroit a même marqué six buts… en désavantage numérique!

Qui aura l’avantage de la glace jusqu’au bout?

Le circuit courteau a complexifié pas mal son système des séries. Plutôt que d’utiliser le classement général, les équipes vont jouer les deux premières rondes à l’intérieur de nouvelles conférences, et il y aura ensuite confrontations extra-conférence pour les équipes qui vont accéder au carré d’as. Ce système a été mis en place pour favoriser des duels un peu plus logiques sur le plan géographique dans les les deux premières rondes, même si ça veut dire que certaines équipes seront pénalisées.

Ce qui ne change pas, par contre, c’est que l’équipe qui va trôner au sommet du classement général aura droit à l’avantage de la glace pour tout le printemps. Avec sept équipes armées pour tenter de soulever la coupe du Président, voilà un avantage qui n’est pas à dédaigner. Ni sur la glace, si aux guichets!

Peter Abbandonato, des Huskies de Rouyn-Noranda.

Présentement, ce sont les Huskies de Rouyn-Noranda qui ont l’ascendant, avec 71 points en 43 matchs. Ils ont gagné leurs cinq derniers matchs, ils n’ont courbé l’échine qu’une seule fois en temps réglementaire à leurs dix dernières sorties. Les Huskies ont six points d’avance sur les Voltigeurs, huit sur le Drakkar et 10 sur les Mooseheads de Halifax, prochains hôtes du tournoi de la Coupe Memorial. À moins de s’enfarger au cours des prochaines semaines, les Huskies ont la marge de manœuvre nécessaire pour faire cavalier seul jusqu’au bout.

Une dernière place convoitée

À l’autre bout du spectre, il y aura une lutte entre les Sea Dogs de Saint-John et les Cataractes de Shawinigan pour la dernière place disponible en séries.

Curieusement, ces deux franchises sont liées par le destin depuis 2011, quand le jury de sélection avait – à la surprise générale – choisi Shawinigan comme site au détriment de Saint-John comme ville hôtesse pour le tournoi de la Coupe Memorial en 2012. Depuis, Cataractes et Sea Dogs sont toujours liés d’une façon ou d’une autre.

Cette fois, c’est pour le dernier laissez-passer de la grande danse du printemps. Les deux équipes ont raté ce bal l’an dernier, elles ne veulent pas revivre le même cauchemar. Les Sea Dogs ne détiennent plus leur premier choix l’an prochain, alors il n’y a vraiment aucune raison de moisir en fin de peloton. Chez les Cataractes, en cette année de 50e anniversaire de la concession, une deuxième exclusion de suite ramènerait les partisans à la triste époque des Dynamos… Voilà un scénario que les actionnaires, Martin Mondou en tête, ne veulent pas revivre. Les foules sont encore très impressionnantes au Centre Gervais Auto, mais il y a quand même une baisse visible à l’œil. Pour un petit marché, c’est le genre de détail qui fait grincer des dents dans les bureaux de l’équipe…

Au moment d’écrire ces lignes, les Sea Dogs viennent tout juste de doubler les Cataractes au classement, et ils détiennent une courte priorité d’un point. Par contre, ils ont le vent dans les voiles, avec trois victoires consécutives. Les Cataractes, eux, ont perdu leurs cinq derniers matchs et ils n’ont pas collé trois gains une seule fois depuis le début de la saison.

Les meilleurs espoirs sous la loupe

Si le repêchage 2020 de la LNH risque de couronner Alexis Lafrenière comme le meilleur joueur de son groupe d’âge sur la planète, celui de 2019 s’annonce néanmoins intéressant pour la LHJMQ, avec une dizaine de patineurs invités la semaine prochaine au match des meilleurs espoirs de la Ligue canadienne.

Du lot, les Québécois Raphaël Lavoie (Mooseheads), Jakob Pelletier (Wildcats) et Samuel Poulin (Phoenix) seront à surveiller, eux qui ont le potentiel d’être réclamés de bonne heure à Vancouver en juin prochain. Ce match est important dans l’évaluation, tout comme leur travail au cours des prochains mois. Lavoie et Pelletier appartiennent d’ailleurs à des clubs qui tentent de soulever la coupe du Président, ils auront droit vraisemblablement à une audition plus longue. Surveillez Pelletier, qui pourrait imiter Anthony Beauvillier et créer une surprise en fin de première ronde, s’il continue de briller avec autant de fougue dans le dernier droit de la saison, et en séries.