Les amateurs de boxe de la Mauricie devront attendre avant de voir Simon Kean se battre au Centre Gervais Auto. Mais il semble inévitable qu'il le fasse un jour.

Quand le fruit sera mûr, l'appétit reviendra

CHRONIQUE - Roger Lavergne n'est pas du genre à faire les choses à moitié. Dans la vie comme dans sa carrière professionnelle, cet homme d'affaires a l'habitude de travailler comme un forcené pour atteindre des standards élevés. Incapable de se persuader que ce serait le cas le 21 octobre avec le désistement du clan de Mikaël Zewski, il a préféré laisser tomber ce gala de boxe professionnel sur lequel il planchait activement depuis un mois pour le Centre Gervais Auto à Shawinigan.
Ce n'est pas tout le monde qui aurait agi de la sorte. Particulièrement dans l'univers de la boxe. Partout sur la planète - et au Québec aussi, ne soyons pas dupes - il y a des promoteurs qui tentent de vendre des cartes qui penchent seulement sur un côté. J'ai souvent été fasciné de constater à quel point de grosses opérations marketing pouvaient réussir à faire gober des duels sans saveur aux amateurs...
Lavergne, président des Cataractes, ne voulait pas s'embarquer là-dedans. Selon ses calculs, ça lui prenait Simon Kean et Mikaël Zewski face à des rivaux dangereux pour remplir l'aréna, un scénario pouvant permettre aux Cataractes de se servir de ce gala comme rampe de lancement dans cet univers particulier.
Ce sera vraisemblablement pour une prochaine fois. Ce serait mal connaître Lavergne de penser qu'il va lancer la serviette aussi facilement. Il s'est fait des contacts cet été, il a développé une synergie avec Camille Estephan, d'Eye of the Tiger Management. Quand le fruit sera mûr, l'appétit reviendra.
C'est pour quand? Dur à dire. Ça pourrait être décembre, ou encore au début 2018. Peut-être plus tard aussi. Lavergne a une idée assez précise de la finale qu'il veut offrir et quand l'un des trois ou quatre gars qu'il a ciblés pour affronter Kean sera disponible, il va revenir à la charge.
Braidwood, la cible idéale
Ce n'est pas un secret d'État, Adam Braidwood vient en tête de liste. C'est un combat que tout le monde veut voir! Braidwood harcèle Kean sur les médias sociaux, mais jusqu'à maintenant, son équipe le tient loin du Trifluvien, préférant lui donner des rivaux battus d'avance. Malheureusement, cette stratégie a mal tourné l'été dernier, son opposant (Tim Hague) a rendu l'âme après avoir été mis K.-O. Pour s'assurer que son poulain s'est rétabli de ce choc, la gérante Mel Lubovac lui a mis un autre jambon dans les pattes en septembre...
Si Braidwood veut passer de la parole aux actes, il va devoir hausser un peu le ton avec ceux qui le conseillent après son prochain combat. Pendant qu'il fait du surplace avec des rivaux de troisième ordre, Kean continue sa progression. À son prochain combat, il va affronter un cogneur américain qui se balade avec une fiche de 13-2. À moyen terme, les routes des deux pugilistes ne seront plus compatibles, Kean va logiquement regarder devant plutôt que derrière pour gravir les échelons. Le timing d'un duel Kean-Braidwood, c'est donc pas mal d'ici les six prochains mois. Plus tard que ça, on risque de l'ajouter à la longue liste des combats souhaités par les fans qui n'ont jamais abouti. La principale cause de la montée du UFC au détriment de la boxe, à mon humble avis, est justement tous ces rendez-vous manqués.
Parlant de rendez-vous manqué, Zewski va peut-être s'en vouloir un jour. Il avait la chance de mettre de son bord des promoteurs locaux, ce qu'il a toujours voulu. Il a laissé son agent Cameron Dunkin dicter les négociations à distance, et la conclusion laisse un goût amer dans la bouche de tout le monde. Non, ce n'était pas la bourse du siècle. Mais c'était quand même une demi-finale dans son patelin, avec une ceinture à l'enjeu. Lavergne lui avait aussi signifié être confiant de pouvoir le placer en finale à moyen terme par la suite.
Bien sûr, un pugiliste de la qualité de Zewski a d'autres options. Mais les opportunités de se battre dans sa cour sont rares. La prochaine fois, si Lavergne orchestre un Simon Kean-Adam Braidwood ou un Simon Kean-Trey Lippe Morrison, pas sûr qu'il va de nouveau se placer à genou devant son influent gérant américain pour l'ajouter à la carte...
Daniel Renaud
Et si les Cataractes fonçaient?
Daniel Renaud a dirigé ses premiers entraînements chez les Cataractes mardi avec un petit sourire aux lèvres. C'est dans la nature du sympathique nouveau pilote.
Mais il y a plus. Renaud fera vraisemblablement ses premières armes comme entraîneur-chef dans la LHJMQ avec un certain Samuel Girard sous ses ordres. À 19 ans, il est le type de joueur qui transforme une équipe.
La reconstruction des Cataractes est inévitable. Elle aurait pu s'amorcer dès le dernier repêchage midget. Insatisfait des offres pour sa Tornade de Roberval, le directeur-gérant Martin Mondou a choisi la patience. Cette étape franchie, qui sait si elle ne pourrait pas être repoussée jusqu'à la fin de la prochaine saison!
L'acquisition de Vitaly Glotov donne en effet un peu plus de cartouches à Renaud pour se battre avec les meilleures équipes du plateau. Il n'y a pas de super puissances annoncées dans la LHJMQ en 2017-18, les Cataractes ont droit autant que n'importe qui de croire en leurs chances avec deux des six membres de l'équipe d'étoiles (Girard et Mikael Denisov) qui nichent dans leur vestiaire. 
Pariez que Renaud meurt d'envie de prouver à son patron qu'il peut tirer avantage d'une telle équipe. Il lui reste quelques jours à retenir son souffle, d'ici la fin de la période des transactions. Si Samuel Girard est encore un Cataractes dans une semaine, comptez sur Renaud pour tout mettre en oeuvre afin qu'il complète son stage junior dans la ville de l'électricité.