Après avoir frôlé la mort à l’été 2017, le joueur de ligne défensive Laurent Laforest peut recommencer à jouer au football, contre toute attente.

Quand la mort cogne à la porte...

TROIS-RIVIÈRES — À travers la soixantaine de joueurs présents au camp de football des Diablos de Trois-Rivières, Laurent Laforest se fond dans la masse. Pourtant, en regardant attentivement, on peut remarquer un sourire beaucoup plus grand dans le casque de ce joueur de ligne défensive. Après avoir frôlé la mort à l’été 2017, en raison des trois arrêts cardiaques successifs, le Sorelois de 18 ans vient d’obtenir le feu vert des médecins pour renouer avec sa passion du ballon ovale.

«Je suis quand même assez chanceux d’être ici», admet d’emblée le jeune homme de 18 ans.

En principe, Laforest aurait dû amorcer son parcours chez les Diablos à l’automne 2017. Cependant, alors qu’il travaillait comme cuisinier dans un restaurant de sa ville natale, la mort est venue cogner à sa porte avec beaucoup d’insistance, le 21 juin 2017.

«Je venais de commencer mon quart de travail et j’ai commencé à faire de l’arythmie. Puis mon cœur a arrêté de battre. Au début, mes collègues pensaient que je niaisais, mais ils ont vite vu que c’était sérieux quand mes yeux ont viré dans le beurre, que j’avais de la bave sur le bord de la bouche et que tout mon corps tremblait», raconte Laforest, en entrevue avec Le Nouvelliste.

«Ils ont tout de suite appelé le 9-1-1 et ont commencé à me faire un massage cardiaque. C’est d’ailleurs ce qui m’a maintenu en vie. Sans le massage, j’aurais manqué de sang au cerveau», ajoute celui qui a d’abord été transporté au centre hospitalier de Sorel-Tracy avant d’être transféré d’urgence à l’Institut de cardiologie de Montréal.

Pour Laforest, l’expression «frôler la mort» relève pratiquement de l’euphémisme. À vrai dire, rien ne laissait présager qu’il allait survivre à sa mésaventure. Encore moins qu’il allait enfiler à nouveau ses épaulettes un jour.

«Mon cœur a arrêté trois fois pour environ 40 minutes en tout. Avec une durée d’arrêt cardiaque comme ça, ils m’ont dit que j’avais 400 % de chance de mourir. Aussi, ils m’ont dit qu’habituellement, après trois arrêts cardiaques, ils plaçaient le corps dans un sac mortuaire...»

À son réveil à l’Institut de cardiologie de Montréal, les médecins lui ont rapidement fait comprendre qu’il devait faire une croix sur les sports de contact en raison du défibrillateur qu’il allait devoir porter. «Ils n’ont détecté aucune anomalie, aucun problème génétique avec mon cœur. C’était seulement une malchance», explique-t-il.

Qu’à cela ne tienne, Laforest s’est mis à la recherche d’une solution pour pouvoir continuer à vivre sa passion sur le terrain. De fil en aiguille, il a été mis en contact avec une firme montréalaise spécialisée dans les prothèses. Au bout de quelques mois de travail, la firme a développé une prothèse permettant de protéger son défibrillateur. La prothèse a même reçu l’aval des spécialistes de l’Institut de cardiologie de Montréal.

«C’était impossible pour moi d’arrêter le football. Quand on a trouvé la solution et que j’ai reçu le feu vert des médecins, ç’a redonné du sens à ma vie. J’étais heureux de pouvoir encore vivre mes rêves que j’avais avant.»

Depuis qu’il a obtenu l’autorisation médicale, Laforest ne tient plus en place à l’idée de disputer un premier match. Vous pouvez être certain qu’il compte se donner corps et âme pour les Diablos. Et pas question d’espérer un traitement de faveur de ses coéquipiers, des entraîneurs ou encore de l’adversaire. «Je veux être un joueur comme les autres. Je ne veux pas être traité différemment parce que je joue avec un défibrillateur. Je ne vais pas jouer non plus avec la peur qu’il m’arrive quelque chose», indique le joueur de ligne défensive qui aimerait réaliser trois objectifs au cours des prochaines années.

«Je veux vivre au jour le jour et regarder juste vers le haut, maintenant! Mais idéalement, je veux gagner le Bol d’or avec les Diablos, obtenir mon diplôme collégial et devenir le premier joueur universitaire à jouer avec un défibrillateur! Il faut foncer dans la vie, car on ne sait jamais quand ça va s’arrêter.»