Le Canadien montre une fiche écrasante de 9-2-1 quand le nom de Jonathan Drouin est inscrit sur la feuille de pointage. C’est pratiquement l’opposé lorsqu’il est blanchi.

Quand Drouin va...

La victoire, au hockey, est le résultat d’une accumulation de détails. Jusqu’ici, on n’apprend rien à personne. Tout le monde doit être à la bonne place, au bon moment.

Mais cette saison, c’est particulièrement vrai dans le cas de Jonathan Drouin. Grosso modo, si Drouin va, le Canadien va. À quel point?

Quand Drouin obtient un point, l’équipe présente une fiche de 9-2-1. À l’inverse, lorsqu’il est exclu de la feuille de pointage, c’est 1-9-2. «Je dois faire plus de points, a-t-il dit en riant. J’aime avoir un point en première période pour me sentir bien tout le match. Tu as un point, et ça part. Je ne connaissais pas la fiche de l’équipe quand j’ai un point, mais je vais essayer d’en faire plus pour qu’on gagne.»

On peut croire aux coïncidences dans la vie, mais à ce point-là, c’est impossible. L’acquisition de Drouin l’été dernier — à fort prix, doit-on le rappeler — devait régler une partie des problèmes offensifs du Canadien.

On le connaissait surtout pour son habileté à contrôler la rondelle et alimenter ses coéquipiers. Il ne l’a pas fait avec constance cette saison, il est le premier à le reconnaître. Mais encore faut-il qu’il puisse avoir la rondelle, surtout qu’il ne gagne pas souvent ses mises en jeu.

Avec Alex Galchenyuk et Paul Byron au cours des deux derniers matchs, ça fonctionne. Grâce au travail acharné de Byron et à l’amélioration de la relance offensive par les défenseurs. Et comme on l’a vu, si Drouin va, le Canadien va.

«Je me sens bien, je suis plus satisfait de la manière dont je joue depuis deux ou trois matchs. Sur la route, j’avais de la misère. Je ne créais pas grand-chose, je n’étais pas vraiment impliqué. Je me sens plus impliqué maintenant, j’ai plus souvent la rondelle.»

Et Pacioretty?

Ce qui nous amène logiquement à parler de Max Pacioretty. Une simple question au capitaine : «Es-tu content de la manière dont tu joues dernièrement?»

Une simple réponse : «Oui, sure [en anglais]».

Mais les faits demeurent : aucun but en sept matchs, un seul point durant cette période (une aide sur un but dans un filet désert). Un seul but en avantage numérique à ses 50 derniers matchs (saison et séries), et ce n’est pourtant pas le temps de jeu qui manque.

Il a passé plus de 91 minutes sur la glace dans cette situation cette saison, ce qui le plaçait au 17e rang dans la LNH avant les matchs de mardi.

La solution de Claude Julien? Brasser ses cartes en avantage numérique.

«L’avantage numérique a obtenu quelques buts dans les derniers matchs [trois buts lors des quatre derniers matchs], ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas trouver des solutions et maximiser l’utilisation de tous les joueurs, a expliqué Julien. On a fait un changement, Max pour Byron.»

Ainsi, Byron se retrouve dans la première vague avec Alex Galchenyuk, Andrew Shaw, Drouin et Jeff Petry. Pour sa part, Pacioretty sera jumelé à Charles Hudon, Phillip Danault, Brendan Gallagher et Schlemko.

«Max a un excellent lancer, Hudon est un excellent passeur, a résumé Danault. Je suis entre les deux, j’essaie d’aller chercher les rondelles. On se complète bien, Gallagher est bon devant le filet. On est une bonne unité.»

Le capitaine s’en réjouit aussi. «Ils vont me donner la chance de tirer au filet, c’est ce qui me donne du succès. Même si la rondelle n’entre pas, je peux sentir la rondelle et faire des jeux offensifs.»

Parce qu’il est là, le cœur du problème. Pacioretty marque des buts grâce à son volume de tirs. Il a terminé dans le top 10 de la LNH pour le nombre de tirs lors des quatre dernières saisons. Chaque fois, il a fracassé le plateau des 30 buts.

Encore cette saison, il est quatrième pour les tirs. Sauf que son pourcentage de buts sur tirs de 6,5 % n’a jamais été aussi bas depuis qu’il est établi dans la LNH.

Max Pacioretty doit s’aider. Il l’a déjà fait par le passé. Parce que Claude Julien essaie d’y contribuer.

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Les débuts de Schlemko?

David Schlemko pourrait faire ses débuts tant attendus dans l’uniforme du Canadien mercredi soir face aux Sénateurs d’Ottawa. Son rôle au sein de la deuxième vague de l’avantage numérique est un bon indice. «Je suis prêt si on appelle mon numéro, a dit le défenseur. Je suis très excité. Anxieux, mais excité. Mes deux matchs à Laval m’ont aidé à retrouver mon synchronisme.» Le retour de Schlemko pose toutefois un défi à Claude Julien, qui devra retirer un défenseur de sa formation. La logique dicterait que Victor Mete sauterait son tour, surtout après un match où il n’a joué que six minutes, mais Julien s’est porté à sa défense. «On aimerait qu’il joue plus. Il est capable de jouer plus. Tu ne veux pas qu’il affronte sans cesse les meilleurs, mais on peut certainement le placer dans des situations pour augmenter son temps de jeu. Surtout qu’il ne joue pas mal, il transporte bien la rondelle.»

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Weber s’entraîne en solo

À moins d’un revirement de situation, Shea Weber ne sera pas de retour face aux Sénateurs. Le grand défenseur a fait plusieurs exercices de patinage en compagnie du thérapeute Graham Rynbend, mardi matin, environ une heure avant l’entraînement de ses coéquipiers. Weber a raté les quatre derniers matchs en raison d’une blessure au bas du corps. Il s’était entraîné avec ses coéquipiers pas plus tard que la fin de semaine dernière. Dans le cas d’Artturi Lehkonen, Julien n’a pu donner d’estimation pour sa date de retour. Le Finlandais a raté les sept derniers matchs en raison d’une blessure au bas du corps. 

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Des patins sans lames!

La séance d’entraînement a aussi donné lieu à un moment assez loufoque. Jonathan Drouin a sauté sur la glace... sans lames sur ses patins. Tous pensaient au début à une blague, mais il semble finalement que ce soit l’erreur du joueur. Les responsables de l’équipement ont installé ses lames sur ses nouveaux patins, mais Drouin a enfilé par mégarde ses vieux patins. Il s’est retrouvé les quatre fers en l’air et a dû être traîné jusqu’au banc des joueurs. «Sur une note de 1 à 10, j’ai pas mal bas, a admis Drouin. Je ne sais même pas s’il y a un numéro.» Max Pacioretty ne s’est pas gêné pour persécuter son coéquipier. «Ça ne prend pas un génie pour savoir que tu as besoin de lames sur tes patins. Il est le seul responsable de sa chute. Est-ce que les caméras l’ont capté? Je n’ai jamais vu ça de ma vie.» En effet, les caméras l’ont capté. Une image à voir.