Les Cataractes n'ont pas ménagé leurs efforts mardi matin à l'entraînement afin d'être prêts pour le premier match de leur série contre Baie-Comeau vendredi soir.

«Quand 20 joueurs y croient, tout est possible!»

Il y a un écart monstreux de 50 points qui sépare les Cataractes du Drakkar, qui se retrouveront en séries à partir de vendredi soir au centre Henry-Léonard de Baie-Comeau. Monarque du classement général, le Drakkar part donc largement favori face à la pire équipe du plateau.
Si la logique laisse croire à une courte série en faveur des hommes d'Éric Veilleux, l'histoire témoigne que les Cataractes peuvent espérer causer une grande surprise au cours des deux prochaines semaines. Année après année, il y a en effet des clubs bien nantis qui tombent face à des rivaux moins menaçants. Les joueurs de l'édition 1988-89 des Cataractes vont notamment se rappeler toute leur vie de l'énorme consternation qu'ils ont provoquée à Trois-Rivières le printemps venu en balayant leurs ennemis jurés, les Draveurs, pourtant champions de la saison régulière.
«Je m'en souviens très bien. On s'était qualifié pour les séries lors du dernier match de la saison. Il fallait qu'un autre club perde et qu'on gagne ce match afin d'avoir une place. On avait appris entre la deuxième la troisième période que nous allions faire les séries. Le reste de l'histoire est magique», sourit Dave Morrissette au bout du fil.
L'animateur vedette de TVA Sports n'était qu'une recrue à l'époque, mais il avait eu un impact direct sur le duel en ayant le dessus au bout du poing sur Raymond Saumier, l'homme le plus craint de la LHJMQ à cette époque, dès le déclenchement des hostilités.
«Ce fut un déclencheur, c'est vrai. Je m'étais battu avec Raymond en début de saison et ça ne s'était pas bien passé pour moi. Sauf qu'il n'avait plus voulu m'affronter à nouveau durant la saison. Avant le début de la série, j'ai demandé à Jos (Hardy) de me placer en même temps que lui sur la glace, je voulais lancer le message que nous n'avions pas peur des Draveurs. Non seulement j'ai gagné le combat, mais Raymond s'est blessé et ce fut une lourde perte pour les Draveurs parce qu'il était un vétéran de 20 ans qui avait un grand rôle à jouer chez eux», raconte-t-il.
«Ce serait toutefois faux de dire que cette bagarre fut le point tournant. Les Draveurs ont eu quelques autres joueurs blessés au cours de la série, et puis Dominic Roussel avait été sensationnel devant notre filet face à son ancien club. Le vrai point tournant, c'est que tout le monde y croyait avant le début du premier match.»
Nourris par la rivalité de la 55, les Cataractes voulaient prouver à tout le monde qu'ils ne souffraient d'aucun complexe.
«Quand 20 joueurs y croient, tout est possible. C'est un cliché, mais je l'ai vécu, je peux dire à quel point c'est vrai. Quand ce sentiment est généralisé dans le vestiaire, tout le monde grandit d'un pied. Je me souviens que c'était le message de Jos, qu'il nous disait que les gars de l'autre bord avaient le même âge que nous, qu'ils étaient humains comme nous. Que c'était une occasion en or de prouver qu'on valait mieux que le rang où nous avions terminé, que les gars qui étaient déçus de leur saison pouvaient se reprendre en l'espace de quelques matchs seulement. Le message de Jos, il est vrai aussi pour ceux qui sont dans le vestiaire des Cataractes en ce moment: il n'y a pas de Superman dans l'équipe qu'ils vont affronter, il n'y a rien d'insurmontable pour un groupe qui se tient. Le désir, c'est quelque chose de très puissant au hockey.»
Les plus grosses surprises au premier tour au fil des ans
Saison Équipe Pts Équipe Pts Gagnant
1973-74 Cornwall 94 Laval 63 Laval, 4-1
1988-89 Trois-Rivières 88 Shawinigan 66 Shawinigan, 4-0
2000-01 Halifax 80 Rimouski 54 Rimouski, 4-2
2011-12 Victoriaville 94 Baie-Comeau 63 Baie-Comeau, 4-0
2012-13 Moncton 87 Victoriaville 73 Victoriaville, 4-0