Le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges Alex Harvey s'est classé huitième du skiathlon des Jeux de PyeongChang, en Corée du Sud, dimanche.

Skiathlon: Une huitième place décevante pour Alex Harvey

PYEONGCHANG — Dans le coup pour une place sur le podium avec deux kilomètres à faire, Alex Harvey n’a pas été en mesure de riposter à une attaque de deux skieurs norvégiens dans l’avant-dernière montée, dimanche après-midi. Il a terminé huitième du skiathlon, une course hybride de 15 km en classique et 15 km en style libre disputée dans un froid sibérien au Centre de ski de fond d’Alpensia.

Avec 1,5 km, le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges n’a pas pu suivre Martin Johnsrud Sundby et Hans Christer Holund, qui sont partis comme des fusées pour aller rejoindre leur compatriote Simen Hegstad Krueger, impérial seul en tête.

«Je suis déçu, on ne vient pas aux Jeux olympiques pour finir huitième. Je visais un podium, c’est décevant. De voir trois Norvégiens sur le podium, c’est surprenant, mais il faut leur lever notre chapeau, ils étaient juste plus fort que Maurice [Manificat, 5e], Dario [Cologna, 6e] et moi», avouait Harvey, qui a terminé à 33,8 secondes du vainqueur au terme de cette épreuve remportée en une heure, 16 minutes et 20 secondes par Krueger.

Le froid et le vent s’étaient invités pour cette première course olympique du programme masculin. Des rafales ont soufflé sur le parcours d’Alenpsia. Le mercure indiquait -10 oC et tombait jusqu’à -19 oC avec le facteur éolien.

«Ça n’a pas été la [course] plus dure de ma carrière, même que les trois premiers quarts étaient assez faciles. Mais les cinq derniers kilomètres étaient vraiment difficiles. La victoire était partie à 3 km de la fin, mais avec 1,5 km, j’étais dans une position idéale, en étant deuxième de mon groupe. Je n’ai pas été capable de les suivre parce que les jambes n’étaient pas là. Il n’y a que moi à blâmer pour ça», analysait-il, les mains cachées dans son manteau pour se réchauffer.

Au 26e km, Krueger a filé vers la ligne d’arrivée sans être menacé par personne, bouclant ainsi un tour de force incroyable puisqu’il avait chuté dès le départ, lui faisant perdre ainsi une trentaine de secondes sur les meneurs. Non seulement a-t-il remonté la pente, mais il a doublé tous ses rivaux avec une aisance déconcertante.

Il restait donc les deuxième et troisième places à l’enjeu. Et Harvey y croyait!

Dans la zone rouge

«Le podium était encore réaliste et j’étais en super bonne position. Ça s’est joué dans l’avant-dernière montée, j’étais dans leurs skis quand Sundby et Holund sont partis, mais progressivement, j’ai perdu du terrain. On “focusse” à mettre un pied devant l’autre, mais tu sens que c’est en train de t’échapper, que ça te glisse des mains. J’ai essayé, mais ça m’a tué et je suis tombé dans la zone rouge, puis j’ai explosé à la fin», notait celui qui donnait une bonne note à ses skis. Ses coéquipiers Devon Kershaw (36e), Graeme Killick (45e) et Knute Johnsgaard (62e) étaient aussi de la course.

Harvey s’est maintenu dans le groupe de tête pendant la majorité des 15 km en classique, sortant du changement de skis en deuxième place. En style libre, il a glissé 16e pour ensuite remonter parmi les meneurs jusqu’à la brisure de la fin.

Il perd ainsi une carte de grande valeur dans son jeu. Mais il en possède encore quelques-unes.

«Le scénario idéal était de faire un podium, mais le plan ne change pas, je vais faire [toutes] les autres courses. J’ai déjà fait des courses où j’ai terminé 8e ou 9e, c’est décevant, mais pas inquiétant.»

La prochaine course ne tardera pas, puisqu’il sera du sprint individuel, mardi soir [le matin, au Québec].

«Un sprint, c’est complètement différent. Il y a plein de gars qui n’ont pas couru le 30 km et qui seront là. Klaebo devrait être bon», disait-il à propos du favori norvégien relégué 10e rang du skiathlon.