Alex Harvey lors de l'épreuve de skiathlon, dimanche

Mauvaise journée au bureau pour Harvey

PYEONGCHANG — Il ne pouvait pas choisir un plus mauvais moment pour connaître son pire résultat de la saison. Alex Harvey a raté sa qualification pour l’épreuve de sprint individuel en style classique, mardi, avec une 32e place. Visiblement, Harvey n’était pas dans son élément pour son deuxième rendez-vous olympique de la semaine.

À un tel point que le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges a opté pour la discrétion après la course où l’on retenait les 30 plus rapides pour les rondes éliminatoires. Il ne s’est pas adressé aux médias, fait plutôt rarissime chez lui. Louis Bouchard, son entraîneur, a résumé sa courte sortie en piste. Il n’a pas hésité à parler d’une contre-performance.

«J’ai trouvé que ce n’était pas sa journée. De l’endroit où j’étais [situé], j’étais inquiet. Dans la première montée, il avait de la difficulté à avoir sa vitesse habituelle. Il s’agit d’une journée à oublier. Aujourd’hui, c’est une contre-performance, comme ça arrive parfois, malheureusement. Comme tout athlète compétitif, il est déçu. Et c’est correct, tu ne pas être content d’une performance comme ça»,», indiquait Bouchard entre la qualification et les rondes éliminatoires.

On avait remarqué qu’Harvey avait cessé de faire des doubles poussées avant les gros canons du tableau dans la montée à la sortie du stade d’Alpensia. À la fin de son sprint, celui qui partait avec 15 secondes de retard sur lui avait retranché cinq secondes. Il a ensuite perdu peu à peu de terrain pour être exclu des quarts-de-finale.

Podium en 2015

Harvey n’avait pas fait moins qu’une 28e place, cette saison, justement dans un sprint classique. En 2015, il était grimpé sur la deuxième marche du podium aux Championnats du monde dans cette même épreuve.

«Deux jours après un 30 km, tu dois avoir tout en main pour rivaliser. L’équipement était là, il n’y avait pas de problème, mais on voyait qu’il avait moins d’énergie», notait Bouchard.

Harvey était l’un des quelques participants au sprint à avoir fait le skiathlon, dimanche. À titre d’exemple, les trois Norvégiens ayant grimpé sur le podium, dimanche, n’étaient pas de la partie.

«Après une épreuve difficile, parfois, c’est ce que ça donne comme résultat. C’est plate, mais il reste d’autres courses. La forme est là, il est en santé, et pour la suite, ça va être bon. Il a juste besoin de se reposer, mentalement aussi.»

Tourner la page

Harvey profitera d’une pause de compétition de deux jours avant la prochaine course à l’horaire, un 15 km en style libre avec départ individuel.

«Il va avoir le couteau entre les dents. Oui, c’est un gros championnat, mais on a déjà affronté des moments où ça allait moins bien, il a déjà eu des contre-performances. Ce n’est pas un athlète qui se qualifie tout le temps dans les sprints, ce n’est pas son épreuve naturelle, et après un 30 km, il y a une conséquence de fatigue. Plus tu tournes la page vite, plus tu vas être prêt pour la prochaine épreuve.»

L’Ontarien Len Valjas, qu’on n’a presque pas vu en Coupe du monde cette saison, a réussi à se qualifier pour les rondes éliminatoires avec une 26e position. À la surprise générale, il s’est rendu en demi-finale pour conclure le sprint avec une 7e place.

Comme prévu, le Norvégien Johannes Hoesflot Klaebo l’a emporté devant l’Italien Frederico Pelegrino et le Russe Alexander Bolshunov. La victoire féminine fut celle de la Suédoise Stina Nilsson.

+

UNE DÉCEPTION À SURMONTER RAPIDEMENT

Bien qu’Alex Harvey ait connu une mauvaise journée à PyeongChang mardi, l’entraîneur Louis Bouchard n’est pas inquiet pour la suite du parcours olympique du fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges.

PYEONGCHANG — En prévision du sprint classique, Alex Harvey et Louis Bouchard avaient opté pour du repos et une petite marche à l’extérieur, la veille. La suite dira si cette décision fut la bonne.

«On a décidé de prendre un repos, lundi, et peut-être que c’est un bon choix pour la suite du championnat, on verra. Mais peut-être que le repos l’a endormi pour le sprint, un athlète comme ça a besoin d’être éveillé», réfléchissait l’entraîneur à voix haute.

Il reste quatre courses à l’horaire du fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges d’ici la fin des Jeux olympiques, dont deux courses par équipe. Le duo ne remettait pas en question le plan de PyeongChang, qui était de faire toutes les épreuves, notamment le sprint, seulement deux jours après le skiathlon.

«Il n’y a pas de regret, son choix était de faire le skiathlon, et ensuite, de se dire “on ne sait jamais avec le sprint”, même si j’ai 30 km dans les pattes. Mais quand tu dis “on ne sait jamais”, ça peut aller dans les deux bords. Là, c’est allé de l’autre bord, mais ça ne met pas un terme à la suite, bien au contraire», a insisté Bouchard.

L’effort de 30 km de dimanche a été exigeant, surtout la fin. Harvey aurait pu se la couler douce derrière les trois Norvégiens, mais il croyait en ses chances.

«On l’a tous vu, c’était exigeant avec la température et le vent. Alex a essayé le podium en partant, mais les jambes n’ont pas suivi. Après l’épreuve, Dario [Cologna] et Klaebo lui ont dit qu’ils ne pouvaient pas y aller lorsqu’il est parti. Le rythme était élevé, mais si Alex n’avait pas cru au podium, il serait resté derrière avec Cologna et Kleabo à chiller pour la quatrième place, mais ce n’était pas ce qu’il voulait.»

Le choc de l’élimination hâtive, mardi, devra vite être absorbé pour passer à l’étape suivante. «Il est déçu, définitivement. En même temps, il devra se rappeler rapidement qu’il était dans le coup jusqu’à la fin, dimanche. Il doit se rappeler que les prochaines épreuves, dont le 15 km et le 50 km, sont celles où il est fort.»

Bouchard a confirmé qu’Harvey ne parlerait pas. «Il tombe déjà en préparation de course. Et l’une des stratégies après une épreuve comme celle-là, c’est d’avoir un focus plus fermé un peu. C’est bien qu’il se retrouve un peu, se prépare et qu’on se concentre un peu plus. Il a besoin de se retrouver le plus tôt possible dans sa bulle et qu’on refocalise pour la prochaine étape.»  Carl Tardif