Martin Fourcade, qui a terminé cinquième au 20 km masculin en biathlon, a raté la chance de devenir le Français le plus titré de l'histoire des Jeux d'hiver.

Martin Fourcade rate un rendez-vous avec l'histoire

PYEONGCHANG — Martin Fourcade a laissé filer jeudi l’occasion de devenir le Français le plus titré de l’histoire des JO d’hiver, lui qui avait rejoint lundi le skieur Jean-Claude Killy avec une troisième médaille d’or avec son sacre en poursuite du biathlon.

En tête tout au long de la course de 20 km, Fourcade a perdu toute chance de victoire en commettant deux fautes sur ses deux derniers tirs pour terminer cinquième. Le Norvégien Johannes Boe en a profité pour rafler son premier titre olympique.

«C’est beaucoup de colère ce soir», a lâché Fourcade au micro de France Télévisions. «C’est de la colère contre moi-même parce que j’ai été très nul sur ces deux dernières balles. Il ne se passe rien, il n’y a pas de réaction. Aujourd’hui, il m’a manqué de la force.»

Boe a eu le mérite d’y croire jusqu’au bout. Impressionnant sur les skis, il a pourtant cédé du terrain rapidement en fautant dès le premier passage sur le pas de tirs, soit une minute de pénalité dans cette épreuve qui mélange tirs et 20 km de ski de fond.

Quand Boe a également loupé une cible au dernier passage, l’affaire semblait entendue.

Mais quelques minutes après, Fourcade craquait.

Ce n’était pas pour autant la délivrance pour Boe, car Fak et Landertinger, impeccables aux tirs (20/20), pointaient quelques secondes devant lui à l’amorce du dernier tour.

Peine perdue, les deux hommes cédaient du terrain pour finalement laisser Boe, 24 ans, exulter.

Il reste encore à Fourcade trois occasions de convertir ses efforts en or et de dépasser Killy, champion olympique de la descente, du géant et du slalom aux JO de Grenoble de 1968 : le départ groupé de dimanche, sa meilleure chance, puis les deux relais (le mixte du mardi 20 et le le masculin de vendredi 23).

Sans-faute d’Oeberg

Chez les femmes, Hanna Oeberg, sans aucune victoire en Coupe du monde au compteur, a été sacrée à la surprise générale championne olympique de l’individuel dames en biathlon. À 22 ans, la Suédoise, 58e au classement de la Coupe du monde, a dominé la Slovaque Anastasia Kuzmina, médaillée d’argent pour la deuxième fois après sa deuxième place sur la poursuite lundi, et, surtout, l’Allemande Laura Dahlmeier, victorieuse du sprint et de la poursuite, qui a dû se contenter du bronze.

Dans une spécialité où la moindre faute au tir est pénalisée d’une minute, le sans-faute d’Oeberg a fait toute la différence, seules trois biathlètes ayant réussi cet exploit. «Je me suis impressionnée moi-même et je suis très surprise. Je n’y aurais jamais cru avant et gagner cette course est juste incroyable», a déclaré la Suédoise, qui n’évolue que depuis un an et demi sur le circuit.