Le Trifluvien Manos Volikakis a assisté aux épreuves de luge à PyeongChang le week-end dernier. On le voit ici en compagnie des membres de l’équipe de bobsleigh de la Corée.

Le rêve olympique d’un Trifluvien

Trois-Rivières — Le Trifluvien Manos Volikakis vit présentement une expérience hors du commun en marge des Jeux olympiques de PyeongChang. Expatrié en Corée du Sud depuis maintenant neuf ans, il a la chance de côtoyer des membres de la délégation canadienne et d’assister à de nombreuses compétitions.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que celui qui œuvre comme directeur des sports et éducateur physique dans une école de la ville de Songdo est aux premières loges afin d’assister aux prouesses des athlètes canadiens et ceux des autres pays participants aux Olympiades d’hiver. Ayant l’intention depuis un bon moment déjà de s’impliquer d’une façon ou d’une autre dans la tenue de ce rassemblement planétaire dans son pays d’adoption, il a finalement embarqué les quelque 1200 élèves qui fréquentent l’école internationale Chadwick ainsi que plusieurs de ses collègues dans son aventure.

«Quand j’ai appris qu’Éric Myles, que je connais, avait été engagé par le Comité olympique canadien (COC) il y a quelques années, je l’ai contacté pour lui rappeler que je vivais ici et lui ai indiqué que j’aimerais aider les Canadiens. J’y pensais depuis huit ans, quand PyeongChang a obtenu les jeux. J’ai par la suite rencontré des gens du COC il y a un peu plus d’un an lors d’une visite ici et ils m’ont dit qu’ils cherchaient un endroit pour le «outfitting» [la préparation des ensembles de vêtements officiels] des athlètes. Je leur ai donc parlé de notre école», raconte l’éducateur physique qui a porté les couleurs des Lions de Chavigny, des Diablos du Cégep de Trois-Rivières et des X-Men de l’Université Saint-François-Xavier en Nouvelle-Écosse pendant sa carrière de footballeur.

Les représentants canadiens ont donc visité l’école, qui a des allures de campus universitaire selon le Trifluvien, et ont accepté l’offre. M. Volikakis ainsi que plusieurs de ses élèves ont donc aidé bénévolement une douzaine d’employés du COC à préparer les vêtements que portent présentement les Justine Dufour-Lapointe, Mikaël Kingsbury et compagnie lorsqu’ils déambulent dans le village olympique et montent sur le podium pour recevoir leur médaille.

Les élèves de l’école où travaille le Trifluvien ont aidé à préparer les ensembles de vêtements des athlètes canadiens.

Mais les membres de la délégation canadienne envoyée en reconnaissance n’ont pas seulement été impressionnés par l’école. Ils l’ont également été par le tout nouvel aréna dans lequel s’entraînent et évoluent la soixantaine de jeunes joueurs du programme de hockey qu’a créé le Trifluvien il y a maintenant quelques années. Les équipes féminine et masculine de hockey, de curling, de patinage artistique et de luge y ont donc élu domicile au cours des derniers jours afin de parfaire leur préparation en prévision du grand rendez-vous. Les élèves ont pu côtoyer des Olympiens canadiens pendant quelques jours. Certains d’entre eux ont même profité de leur passage à Songdo afin de rencontrer et discuter avec les jeunes à propos de leur parcours de vie. Selon M. Volikakis, ces rencontres ont eu pour effet de créer un grand engouement pour les Jeux dans l’école.

«Les jeunes ne parlent que de ça depuis quelques jours. Il y a même certains de nos joueurs de hockey qui ont pu patiner avec l’équipe féminine. Ils ont même pris des lancers sur la gardienne», mentionne le Trifluvien.

Afin de remercier tout ce beau monde de leur grande collaboration, l’équipe masculine de hockey a invité la totalité des 1200 élèves, leurs parents et les membres du personnel de l’école à assister quasiment gratuitement – le prix d’un billet avait été établi à 0,50 $ – au dernier match préparatoire contre la Suède. La rencontre s’est d’ailleurs déroulée à l’aréna de Songdo.

«C’est vraiment bien que le COC et Éric [Myles] ainsi que les entraîneurs et joueurs nous permettent de vivre de tels moments. Ça rend les Canadiens qui vivent loin très fiers», fait remarquer M. Volikakis.

Manos Volikakis et son collègue Bobby Reed, qui est également Canadien, ont rencontré l’ancien hockeyeur de la Ligue nationale P.J. Stock, qui est maintenant analyste pour CBC.

Maison du Canada et compétitions
Comme si ce n’était pas assez, le Trifluvien s’est rendu à PyeongChang, qui est située à environ 2 h 30 de route de son domicile, en compagnie de son épouse afin d’assister à des compétitions le week-end dernier. Il a notamment pu voir les lugeurs à l’œuvre. Il y retournera au cours des deux prochains week-ends afin d’encourager ses compatriotes. Il assistera entre autres à la finale pour la médaille d’or en hockey masculin. Il profitera également de l’occasion pour agir comme bénévole à la Maison olympique du Canada, qui sert de lieu de rassemblement à l’équipe canadienne. Elle accueille les athlètes, entraîneurs ainsi que leurs familles et amis.

«Comme je disais à mon collègue, ça fait juste trois jours que les jeux sont commencés et on a déjà vécu plein de belles expériences», lance-t-il.

Les Coréens du Sud attendent la suite

Les rapprochements entre les représentants de la Corée du Nord et du Sud sont accueillis un peu tièdement par la population.

La fusion des deux délégations, comme ce fut le cas lors de Jeux olympiques précédents, ainsi que la fameuse poignée de main entre la sœur du leader nord-coréen Kim Jong-un et le président sud-coréen Moon Jae-in font beaucoup jaser au sein de la population, selon Manos Volikakis, un Trifluvien qui vit en Corée du Sud depuis maintenant neuf ans.

«C’est un gros show politique. Mais on verra dans un mois», laisse-t-il tomber.

De plus, la présence d’athlètes nord-coréens dans des équipes de sports collectifs n’est pas bien accueillie par tous.
Selon ce que perçoit M.Volikakis, la fusion pourrait même avoir des effets négatifs dans certaines disciplines.

Un engouement récent

Après un départ un peu lent du côté de la vente de billets et de l’engouement de la population, il semble que les Coréens vivent présentement au rythme des Olympiades.

«Ç’a parti tout d’un coup en décembre», raconte-t-il.

Selon ce qu’il a pu constater lors de sa première visite à PyeongChang le week-end dernier, les compétitions se déroulent rondement et il est très facile de se rendre dans la petite ville en raison des améliorations apportées au réseau routier. Une cinquantaine de tunnels ont été notamment creusés dans les montagnes afin de faciliter la vie aux automobilistes.