Originaire de la Corée du Sud et vivant à Calgary, Yeji Soh ne cache pas son sentiment de fierté à l’idée de voir tous les regards tournés vers son pays d’origine.

La Corée du Sud de Yeji

Avec 16h de décalage horaire, Yeji Soh n’a pu regarder la cérémonie d’ouverture en direct, voilà déjà une semaine. Cela n’empêchait pas la jeune femme originaire de la Corée du Sud d’afficher un sentiment de fierté à l’idée de voir tous les regards tournés vers son pays d’origine.

J’ai pu échanger avec cette ingénieure de 25 ans possédant une maîtrise en pétrochimie au cours des derniers jours, en marge des Jeux olympiques se tenant dans son pays. Elle à Calgary, moi à PyeongChang, la distance n’avait pas d’importance. Discussion avec la native de Daegu.

Q Quelle est la signification, pour les Coréens, d’être les hôtes des Jeux olympiques?

R Chaque génération peut la voir d’une façon différente. La Corée du Sud s’est développée très rapidement depuis le cessez-le-feu de la guerre de Corée, en 1953. Le PIB per capita était de 67 $ en 1953, et il est maintenant de 30 000 $. Alors, les gens de 70 ans et plus, qui ont vécu tous les hauts et les bas de l’histoire du pays, doivent être très fiers d’avoir été les hôtes de deux Jeux olympiques [1988 et 2018]. Ceux ayant connu la rapide croissance économique doivent être un peu plus calmes qu’en 1988, alors que le pays cherchait à se développer.

Q Les Jeux olympiques riment souvent avec des dépenses astronomiques. De l’autre côté de la médaille, ils sont aussi un élément de fierté et une occasion unique de se présenter au reste du monde.

R Les gens qui ne connaissent pas la Corée vont la découvrir, ils en sauront un peu plus sur le pays d’où je viens.

Q Justement, comment sont-ils, les Coréens? Que devons-nous savoir de la population habitant ce pays loin de nous, plus méconnu que d’autres pays de l’Asie?

R En Corée, les gens sont prudents avec ceux qu’ils ne connaissent pas. En Amérique du Nord, par exemple, il n’est pas rare de voir des inconnus se parler, mais chez nous, ça arrive peu, à moins d’avoir besoin d’aide. Ça ne veut pas dire qu’il est déplacé de parler à un inconnu, c’est seulement une situation qui n’est pas familière. Mais dès que vous êtes ami avec quelqu’un, ils vont être aimables et prendre soin de vous. Les Coréens aiment bien boire un peu, alors offrez-leur un verre!

Q Bien sûr, le dossier de la Corée du Nord a retenu l’attention médiatique depuis plusieurs mois, au point d’éclipser pendant un temps les anneaux olympiques. Le régime de Kim Jong-un prend beaucoup de place, encore aujourd’hui avec la présence de sa sœur dans la ville olympique.

R Ça ne me dérange pas que l’on parle autant de la Corée du Nord, c’est normal d’avoir cette curiosité envers ce pays. Mais ce n’est pas parce que je suis Sud-Coréenne que j’en sais plus que vous sur la Corée du Nord. En fait, je n’en sais pas grand-chose. Ce n’est pas un pays très ouvert, et il ne l’est pas plus avec nous. Ça m’attriste, parfois, de ne pas en savoir plus sur eux. J’ai l’impression que les gens à l’extérieur de la Corée sont plus sensibles à la provocation du Nord que nous le sommes. Ça s’explique peut-être par le fait qu’ils le font depuis longtemps et qu’il ne s’est jamais rien passé. J’espère par contre que les politiciens n’abordent pas cela comme le public et ne voient pas cela comme étant un petit problème.

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Yeji Soh se réjouissait du rapprochement entre les deux pays et de la présence d’athlètes nord-coréens aux Jeux, notamment dans l’équipe unifiée de hockey féminin. Déçue par l’absence de la LNH à PyeongChang, son cœur de partisane battra au rythme des coups de lame de la patineuse de vitesse sur courte piste Shim Suk-hee, championne du monde au classement général en 2014.