Mikaël Kingsbury lors de la ronde de qualification de l'épreuve des bosses, au Parc à neige Phoenix, de Bokwang, lundi.

Kingsbury remporte l'or

Vice-champion olympique de Sotchi, le bosseur Mikaël Kingsbury a remporté l’or, lors de la super finale de l’épreuve de bosses des Jeux de PyeongChang, au Parc à neige Phoenix de Bokwang, en Corée du Sud, lundi.

L’athlète de Deux-Montagnes a réalisé une descente presque parfaite, qui lui a valu un pointage de 86,63, soit un peu plus de quatre points devant l’Australien Matt Graham (82,57 pts), qui s’est emparé de la deuxième place. Le Japonais Daichi Hara (82,19 pts), qui s’élançait le dernier, est quant à lui monté sur la troisième marche du podium.

Deux fois champion du monde, six fois de suite vainqueur de la Coupe du Monde (et bientôt sept), Kingsbury avait fini deuxième, derrière son compatriote Alexandre Bilodeau, lors des Jeux de Sotchi, en 2014. Depuis, il écrasait la concurrence en toute décontraction. Mais il lui manquait l'or olympique et le «Yes!» qu’il a lâché vers le ciel, au moment de la remise des prix lundi, trahissait le soulagement du moment.

Meilleur score des qualifications vendredi, il a débuté la finale de lundi en gardant un peu de marge. Quatrième de la première manche, puis deuxième de la suivante, il a sorti le grand jeu en super finale avec une descente impeccable.

Le sacre de Kingsbury est aussi logique qu'attendu tant il domine son sport. Ses statistiques sont spectaculaires puisqu'il gagne plus d'une course sur deux (48 succès et 70 podiums en 87 départs en Coupe du Monde), ce qui est particulièrement impressionnant dans une discipline à risques comme les bosses.

A l'âge de neuf ans, le Québécois avait affiché sur le plafond de sa chambre d'enfant un dessin des anneaux olympiques sur lequel il avait écrit: «Je vais gagner!». La prédiction est réalisée et Mikael Kingsbury est bien le roi des bosses.

Plus tôt en journée, Marc-Antoine Gagnon, de Terrebonne, était parvenu à se qualifier parmi les 10 concurrents passant en finale grâce à sa note de 76,32 obtenue lors de la première descente de qualification. Effectuant trois solides descentes, lors des deux finales et de la super finale, il a conclu la compétition au pied du podium, avec une quatrième position.

Le genou de Marquis lâche

La belle histoire de Philippe Marquis a quant à elle pris fin lors de la première finale de l'épreuve. Skiant malgré une déchirure du ligament croisé antérieur du genou droit, le bosseur de Québec n'a pas été en mesure de terminer sa descente, son genou lâchant sur le premier saut du parcours. L'athlète de 28 ans, qui a ensuite difficilement rallié l'arrivée, affichait tout de même un sourire.

«Je savais qu'en venant ici, c'était un gros pari. Sur cette dernière descente, en atterrissant le saut du haut, j'étais un petit peu trop droit, ce qui a mis mon genou en extension et j'ai senti le genou se déplacer, se disloquer. Sur le coup, ç'a fait un petit peu mal. J'ai essayé de skier trois ou quatre virages par la suite. Le genou n'avait juste pas la rapidité et la force pour soutenir mon poids, donc je suis sorti de piste. C'est décevant, mais en même temps, juste d'être ici […], c'était un miracle», a raconté Marquis, après sa compétition, sur les ondes de Radio-Canada.

Pendant l'épreuve, le bosseur portait des gants où il avait inscrit deux phrases de motivation: «What ACL? [Quel ligament croisé antérieur?]» et «Keep fighting [Lutte!]». Vendredi, il s'était qualifié huitième pour la finale.

Avec PC, AFP