Éric Bédard est devenu le premier médaillé olympique de l’histoire de la région, en février 1998 à Nagano.

Éric Bédard: des Jeux à la maison

Trois-Rivières — La dernière fois qu’il a regardé les Jeux d’hiver de son salon, loin des réflecteurs et du tourbillon olympique, Éric Bédard avait 17 ans. Vingt-quatre ans plus tard, après avoir vécu la frénésie des Jeux d’abord comme athlète puis en tant qu’entraîneur, l’orgueil de Sainte-Thècle est redevenu un téléspectateur.

«J’ai suivi les Jeux de Lillehammer à la télé en 1994. Je ne me doutais pas que je participerais aux cinq suivants», a-t-il partagé, dans une entrevue au Nouvelliste. «Je me sens vraiment loin de l’action! Pour être honnête, la cérémonie d’ouverture m’a manqué cette année, surtout que j’ai eu la chance de la vivre sous trois drapeaux différents.»

Comme patineur de vitesse courte piste avec le Canada, bien sûr, mais aussi en tant qu’entraîneur-chef des délégations de l’Allemagne (2010) et de l’Italie (2014). «Il y a de la nostalgie. C’est une ambiance impossible à reproduire. D’un autre côté, je trouve ça pas mal plus facile à suivre!»

En février 1998 aux Jeux de Nagano, du haut de ses 21 ans, Bédard a écrit une page d’histoire en devenant le premier médaillé olympique de l’histoire de la Mauricie, grâce à sa médaille de bronze obtenue à l’épreuve du 1000 m. Quelques jours plus tard, il récidivait en alliant ses forces avec trois de ses compatriotes, en route vers l’or au relais 5000 m.

Difficile de croire que ces moments inoubliables ont déjà 20 ans. Bédard le compétiteur peine encore à le réaliser quand il ressasse ses souvenirs. Il a pourtant pris sa retraite il y a une douzaine d’années, après les Jeux de Turin. Il n’a jamais vraiment quitté le monde du patin.

Encore aujourd’hui, Bédard voyage beaucoup, surtout entre l’Alberta et l’Ontario. À Calgary, il occupe les fonctions de directeur du patinage courte piste à l’Anneau olympique. Il prodigue aussi des conseils aux patineurs de vitesse de l’Ontario, où on ne recense que 1500 adeptes de courte piste. L’objectif de Bédard consiste justement à augmenter ces statistiques, comme il a commencé à le faire dans l’Ouest canadien.

«On envoie de plus en plus d’athlètes aux Nationaux alors qu’il y a quelques années encore, c’était très concentré au Québec. J’adore le mentorat et les jeunes sont réceptifs. Les tâches administratives me plaisent également, même si le coaching me manque un peu parfois. Je ne dis pas non à un retour, c’est certain.»

Nouveaux projets
Ce qui semble acquis, c’est qu’Éric Bédard prépare son retour au Québec. En compagnie d’anciens coéquipiers sur l’équipe canadienne, dont Charles Hamelin et François Drolet, il s’est lancé en affaires avec l’entreprise québécoise Nagano Skate, spécialisée dans l’affûtage des patins de vitesse. Louis Garneau s’est également associé à eux pour la confection de nouveaux casques qu’on dit plus sécuritaires. À PyeongChang, neuf des dix représentants du Canada portent ce casque.

«C’est un nouveau défi très stimulant. Je resterai directeur en Ontario jusqu’aux prochains Jeux du Canada, mais après trois ans, je vais déménager de l’Ouest canadien pour me rapprocher de la région. Les distances seront plus courtes!»

D’ici là, il savoure chaque moment des Jeux de 2018, par le biais du petit écran. Le temps passe. Il y a 12 ans, Bédard était aux premières loges pour assister à l’émergence de Charles Hamelin. Ce mois-ci en Corée, ce même Hamelin passera le flambeau à Samuel Girard, un jeune de 21 ans rempli de promesses.

«Girard, il est écœurant! C’est mon préféré, s’exclame Bédard. Il est plus rapide que Charles au même âge, c’est un gars agile capable de se faufiler. Charles est davantage de l’ancienne garde, c’est-à-dire très physique, comme nous à l’époque. Le sport est de plus en plus rapide et Girard connaîtra du succès. Ce sont mes deux certitudes!»