Éric Myles est entouré de la mentore principale des athlètes canadiens Catriona Le May Doan et de la chef de mission à PyeongChang, Isabelle Charest.

Des Jeux «beaux et efficaces»

Trois-Rivières — Le directeur des sports du Comité olympique canadien quittera le district de PyeongChang avec une bonne grippe, mais des souvenirs plein la tête.

Joint par Le Nouvelliste dimanche soir, alors que le soleil se levait en Corée du Sud, Eric Myles flottait encore sur un nuage, quelques heures après une émouvante cérémonie de fermeture. Les nuits blanches des deux dernières semaines en auront valu la peine pour le Trifluvien.

Nos représentants ont battu leur record de médailles (29), terminant entre autres devant les États-Unis. Myles a pleuré quelques fois, de peine et de joie. «La pression redescend. Je peux te dire que j’ai profité pas mal plus de la cérémonie de fermeture. À celle d’ouverture, je pensais à trop de choses, ça allait très vite. Il y a eu plus d’heures de travail que de sommeil», sourit le haut placé du COC, qui se promettait un dernier souper avec son équipe de mission, lundi soir, avant de quitter en direction de Séoul, puis de Toronto, Montréal et, enfin, Trois-Rivières.

Beauté et simplicité
En l’espace d’une vingtaine de jours, Eric Myles estime avoir mangé au restaurant une fois, peut-être deux. Il n’a pas quitté souvent le village olympique, ce qui lui a permis de vivre de près les plus beaux exploits des athlètes du Canada. «Les Jeux, ce sont des montagnes russes. On rit, on pleure avec eux. J’ai partagé des moments privilégiés avec Mikaël Kingsbury et ses parents. J’ai vécu de grandes émotions avec notre couple de patineurs [Tessa Virtue et Scott Moir]. J’étais à leurs côtés, près de la patinoire. Je n’oublierai jamais ça.»

Les téléspectateurs ont sans doute remarqué que plusieurs sites de compétitions n’étaient pas bondés. C’était particulièrement évident lors des finales de hockey ou encore à la montagne. «On s’en est parlé entre nous, convient Myles. Par contre, l’ambiance était toujours bonne, et ce, sur tous les sites. En excluant le hockey, les sports de patin avaient la cote. J’ai rarement vu une si grosse pluie de peluches que celle pour le programme libre en patinage artistique la semaine dernière. Les Japonais ont acclamé leurs athlètes, il devait y avoir des milliers de toutous sur la glace!»

En courte piste aussi, l’atmosphère atteignait son paroxysme. «C’est le sport national des Coréens. Dès qu’un des leurs effectuait un dépassement, la foule réagissait.»

Hormis la controverse impliquant la patineuse québécoise Kim Boutin, huée et menacée par des Coréens à la suite de la disqualification de l’une des favorites du pays hôte au début des Jeux, Myles ne retient que du positif de l’accueil et de la réaction des fans à PyeongChang. «Des Jeux beaux et efficaces, très simples en même temps. J’ai croisé plusieurs journalistes canadiens qui m’ont parlé de l’accueil incroyable des Coréens. Ils sont gentils et organisés. Ils ne font pas d’accolades, mais ils étaient toujours en train de nous saluer!»

Frôler la trentaine
Il ne manquait qu’un podium au Canada pour atteindre le plateau des 30 médailles, ce qui aurait constitué une première pour le pays. Dans ce contexte, l’absence de podiums pour deux des trois équipes canadiennes fait mal. Au hockey, difficile de se contenter d’une autre position que la première pour l’unifolié. «La vérité, c’est qu’on ne sait jamais», argue Eric Myles.

«Je ne vous cacherai pas qu’il y a eu des déceptions. Nous aurons des constats à faire pour certains sports. D’un autre côté, on a 29 médailles. Si l’équipe avait terminé sous les 26, ça aurait été regrettable, sauf que ce n’est pas le cas. Nous formons le septième meilleur pays en termes de résultats depuis les Jeux d’été de Rio.»

Ceci dit, une trentième médaille pourrait s’ajouter un jour... si les soupçons liés au podium du 50 km de ski de fond se confirment. «Alex Harvey a réalisé l’une des plus belles performances de notre délégation. À savoir s’il y aura des cas de dopage révélés, j’aurai la même réponse qu’Alex. J’espère que non, ce serait décevant pour le ski de fond en général. La bonne nouvelle, c’est que maintenant, les tricheurs se font attraper.»

Eric Myles rentrera au bercail après avoir supervisé 622 personnes sur 11 sites différents. Lors du point de presse du COC en fin de semaine, des journalistes américains ont questionné les dirigeants canadiens sur les raisons des succès de leurs voisins du nord.

«On réussit à tirer des leçons de tous les Jeux olympiques, admet Myles. Il y a une unité particulière chez nous dont on doit être fiers. Nous avons professionnalisé notre façon de travailler en vue des Jeux et aujourd’hui, ça rapporte.»