Grâce à une surprenante victoire en prolongation contre la Suède, l’Allemagne a rendez-vous avec le Canada en demi-finale des Jeux olympiques de PyeongChang, vendredi matin.

«C’est immense pour l’Allemagne»

Trois-Rivières — Pendant que la quasi-totalité des téléspectateurs au pays de Justin Trudeau souhaitera une victoire du Canada, en demi-finale du hockey masculin aux Jeux olympiques de PyeongChang, un Shawiniganais se rangera plutôt dans le camp de l’équipe Cendrillon du tournoi: l’Allemagne.

À sa première expérience olympique, l’entraîneur des gardiens Patrick Dallaire vit littéralement un conte de fées au sein de l’équipe allemande dirigée par Marco Sturm. La Mannschaft a causé jusqu’à présent la plus grosse surprise du tournoi, mercredi, en éliminant la Suède grâce à une victoire de 4-3 en prolongation.

Installé seul dans le vestiaire des entraîneurs pour y effectuer son boulot de responsable de la vidéo, Dallaire admet avoir sauté jusqu’au plafond lorsque Patrick Reimer a inscrit le filet vainqueur. Il était cependant bien loin de la surface glacée pour célébrer avec les autres entraîneurs et les joueurs. N’empêche, la sensation était très intense!

«C’est immense pour l’Allemagne. Tout le pays est derrière nous. Les messages fusent de toutes parts. C’est tout un thrill à vivre. Ça prouve bien que le hockey se développe de plus en plus en Allemagne», glisse le Mauricien, en entrevue téléphonique avec Le Nouvelliste.

FAUX DÉPART
Le tournoi olympique avait pourtant bien mal débuté pour l’Allemagne avec des défaites successives en lever de rideau face à la Finlande et la Suède en ronde préliminaire. Puis, une victoire en tirs de barrage face à la Norvège a lancé l’irrésistible parcours.

En huitièmes de finale, l’Allemagne a ensuite eu raison de la Suisse 2-1 en prolongation. Puis, la dramatique victoire de mercredi a cimenté le brio de cette équipe qui n’avait même pas été capable de se qualifier pour les Jeux de Sotchi en 2014.

Le Shawiniganais Patrick Dallaire dirige les gardiens de but de l’Allemagne.

«Après nos deux défaites, on savait qu’on allait devoir arriver par la porte d’en arrière. On a décidé de se regrouper et peaufiner notre système. Et ç’a débloqué. Peu importe comment on y arrive, l’important c’est qu’on est allé chercher les victoires.»

PARCOURS HISTORIQUE
Aux yeux de plusieurs, l’Allemagne est sans contredit l’équipe cendrillon du tournoi olympique 2018. Cependant, pour Patrick Dallaire, cette insertion dans le carré d’as n’a rien de miraculeux. Depuis le début, l’entraîneur des gardiens de but allemands croit aux chances de son équipe de grimper sur la plus haute marche du podium en l’absence des joueurs de la Ligue nationale de hockey.

«Tout le monde parle de nous comme la surprise du tournoi et c’est le fun à entendre. Mais on n’est pas arrivé ici avec une mentalité de négligés. On sait qu’on a une bonne équipe. Tout le monde peut battre tout le monde. Le fait que la plupart de nos joueurs évoluent ensemble depuis quelques années déjà, ça nous avantage. Pour moi, ce n’est pas une surprise d’être en demi-finale. On est là où on voulait être.»

La dernière fois que l’Allemagne a atteint le carré d’as, c’était en 1976, à l’époque de l’Allemagne de l’Ouest. Cette année-là, à Innsbruck en Autriche, la Mannschaft avait décroché la médaille de bronze. L’Allemagne avait aussi mérité le bronze en 1932, à Lake Placid.

«L’aspect historique de notre parcours a été évoqué à plusieurs reprises depuis notre victoire contre la Suède. Avoir la chance de jouer pour une médaille, c’est gros pour le pays. Ça serait vraiment immense d’atteindre la finale.»

MIRACLE EN VUE?
Maintenant, c’est toute une commande qui est maintenant au menu des Allemands: les doubles champions olympiques en titre, le Canada. Pour Dallaire, le match aura assurément un caractère spécial. Mais pas question pour lui de se laisser emporter par les émotions. Il devra se concentrer à la tâche et faire fi du logo brodé sur le chandail rival.

«La première fois que j’ai affronté le Canada, au dernier Championnat du monde, ça faisait tout drôle. C’était spécial de jouer contre mon pays. Mais je suis passé par-dessus ça. Là, c’est une équipe comme une autre qui se trouve sur notre chemin», assure l’entraîneur de 42 ans. «L’équipe est très consciente de ce qu’elle a accompli. Mais ce n’est pas fini. Pour la demi-finale, il n’y a pas de pression sur l’Allemagne. On a rien à perdre, mais plutôt tout à gagner.» L’Allemagne et le Canada ont rendez-vous vendredi matin, dès 7 h 10, avec une place en finale olympique à l’enjeu.