Les filles de l'équipe canadienne étaient sous le choc en apprenant leur disqualification.

Après la joie, la consternation

La joie a fait place à la consternation mardi matin à la Cage aux sports de Sherbrooke. Les proches de Kim Boutin, tous réunis, semblaient subjugués lorsque les patineuses de vitesse courte piste canadiennes ont été disqualifiées au relais 3000 m aux Jeux olympiques de PyeongChang.

« Le sport, c’est le sport. Il y a certaines choses que nous ne comprenons pas toujours », a lancé l’oncle de Kim Boutin, Alain Gauvreau, qui avait également assisté à la qualification de sa nièce quelques minutes plus tôt à l’épreuve du 1000 m.

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Kim Boutin qualifiée à la finale du 1000 m

Kim Boutin en pleurs pour recevoir sa médaille

La formation canadienne était composée de la Sherbrookoise Kim Boutin ainsi que de Kasandra Bradette, Valérie Maltais et Marianne St-Gelais.

Lorsque Maltais a chuté à la mi-course lors d’un relais raté à la suite d’un accrochage avec les Sud-Coréennes, l’ambiance a soudainement changé au lieu de rassemblement de la famille Boutin.

« Nous étions contents de sa qualification aux quarts de finale à l’épreuve du 1000 m, mais là on est déçus, a souligné la grand-mère de Kim, Monique Boutin. On ne comprend pas pourquoi elles ont été disqualifiées. Nous ne sommes pas d’accord. On aurait tous voulu qu’elle gagne une troisième médaille en trois occasions. »

« On ne peut pas toujours gagner, a souligné son oncle Michel Boutin. Le Canada aurait mérité un meilleur sort. Mais les patineuses ont tout de même bien performé. Il y a certaines choses qui sont difficiles à contrôler, comme les éléments ayant mené à cette disqualification. On tente de trouver à qui la faute revient, mais on dirait que les arbitres sont à blâmer dans ce cas-ci. Parce que les Canadiennes ont été accrochées par les Sud-Coréennes. »

« Il faudra se concentrer sur le 1000 m, poursuit son oncle. Mais il y a un gros point d’interrogation au-dessus de ce relais. On tente vraiment encore de savoir quelle a été l’erreur de l’équipe canadienne. »
On apprenait plus tard que la disqualification s’expliquait par un geste d’obstruction du Canada à la ligne d’arrivée.

« On va vivre notre moment, a déclaré Boutin sur les ondes de Radio-Canada après sa course. On est évidemment déçues. On reviendra fort jeudi et on restera une équipe remplie d’énergie. »

Une quarantaine de partisans de Kim Boutin, dont des membres de son ancien club à Sherbrooke, ont ainsi quitté la Cage aux sports la mine basse.

« On est là presque tous les matins, a confirmé la grand-mère de Kim Boutin. Elle nous fait lever très tôt depuis quelques jours, mais c’est pour une bonne cause! »

Notons que les Chinoises ont également été disqualifiées, ce qui a ouvert la porte aux championnes sud-coréennes. L’Italie a terminé au deuxième rang.

Qualifiée à la finale du 1000 m

Peu avant cette disqualification, la patineuse de vitesse courte piste de Sherbrooke s’est qualifiée pour les quarts de finale du 1000 m en remportant la dernière vague tôt mardi matin, à 5 h (heure du Québec).

C’est encore une fois sous les applaudissements de ses proches que Boutin a obtenu son billet pour l’étape suivante, en espérant poursuivre sa route vers les finales du 1000 m dames qui auront lieu jeudi.

Rappelons que la Sherbrookoise est déjà double médaillée de bronze des Jeux de PyeongChang.

« Je sais que Kim est capable de se reprendre, souligne Monique Boutin. Elle reviendra concentrée à l’épreuve du 1000 m et si elle gagne une troisième médaille sur une possibilité de quatre, ce sera excellent. Elle en a déjà deux. Et comme dit l’adage : jamais deux sans trois!

Les Canadiennes Valérie Maltais et Marianne St-Gelais ont également franchi les préliminaires de l’épreuve de 1000 m.

Charles Hamelin a quant à lui raté ses éliminatoires du 500 m messieurs contrairement à son compatriote Samuel Girard.

Tous sont donc invités jeudi matin à se rendre encourager la coqueluche sherbrookoise au même restaurant.

« Après toute cette mobilisation pour Alex Boisvert-Lacroix et Kim Boutin à Sherbrooke, on devait créer un rassemblement matinal pour les encourager, estime Jacques Petit, directeur général d’Excellence sportive Sherbrooke. On ne pouvait pas rater cette occasion. Parce que plusieurs personnes de la région ont aidé Kim à atteindre son rêve. La Cage aux sports a donc accepté de nous accueillir et l’endroit est superbe. On a hâte à jeudi, parce que malgré la disqualification, Kim a super bien fait aujourd’hui encore une fois. »

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