Alexandre St-Jean, de Québec, a complété le 1000 mètres en 11e position.

Alexandre St-Jean, grand fan du futur anneau couvert

GANGNEUNG — Si le futur anneau couvert de Québec a besoin d’un porte-parole, Alexandre St-Jean ferait un excellent candidat.

Satisfait de sa 11e place au 1000 m, vendredi, le patineur de vitesse longue piste de Québec est convaincu que l’avenir de l’équipe nationale passera par la capitale peu de temps après l’ouverture du centre de glaces.

St-Jean n’a pas livré la performance de sa carrière à son unique course olympique et l’avouait d’emblée. «J’en ai fait une bonne, mais ce n’était pas la course de ma vie. J’aurais pu faire autour d’une minute et neuf secondes, mais j’aurais été assez loin du podium. J’ai été fidèle à moi-même, 11e, c’est ce que j’ai fait toute l’année», disait celui qui a ramené un temps de 1:09,24.

Il se réjouissait toutefois de savoir que dans deux ans, il n’aura plus à patiner à l’extérieur sur l’anneau Gaétan Boucher.

«J’ai fini 11e, et je ne suis pas sûr que les 10 gars devant moi s’entraînent dehors. Ce qu’il nous manque, ce n’est pas la forme ni la technique, mais plutôt le fait qu’on ne peut pas patiner une fois sur trois parce qu’il y a une tempête, qu’il neige ou qu’il pleut», notait celui qui avait commencé à faire de la courte piste parce qu’il trouvait «plate» de patiner à l’intérieur.

La relève profitera donc de l’anneau intérieur, même lui et Laurent Dubreuil, qui a pris le 25e rang du 1000 m. Grippé et blessé au talon, Vincent De Haître, de Cumberland (Ontario), a fini 19e.

«J’ai vu dans les médias Gaétan Boucher dire qu’il a toujours pensé que les Québécois étaient les plus forts en patinage de vitesse, je suis d’accord avec lui. J’ai hâte de voir ce que ça va être. Dans six ans, quatre ans après l’ouverture, il y en aura pas mal moins de gars de l’Ouest dans l’équipe nationale, ça va se passer à Québec.»

Et lui, dans tout ça? «Si je regarde les gars contre qui j’étais, aujourd’hui, il y en a plusieurs devant moi qui avaient 28, 29, 30 ans. Les gars atteignent leur sommet vers 28, et si je continue de m’entraîner et d’être sérieux, je pourrais être performant à l’échelle internationale dans quatre ans, on va voir», indiquait le patineur de 24 ans.

Avec un Coréen

St-Jean était jumelé à un patineur coréen, qui a obtenu la médaille de bronze derrière le Néerlandais Kjeld Ruis et le Norvégien Havard Lorentzen. En raison de la présence du favori local, les cris étaient assourdissants à l’intérieur de l’Ovale de Gangneung.

«Quand j’ai vu ma paire [jeudi], j’étais content. J’ai assisté à des courses, et je voyais que la foule s’animait à la présence d’un Coréen. Comme de fait, ça s’est allumé lorsqu’ils ont annoncé le nom de Tae-Yun Kim, sur la ligne de départ. J’étais crinqué.»

Son premier tour était correct, son deuxième ordinaire, évaluait-il.

«Dans ma visualisation de course, je me voyais plus proche de lui, mais il m’a quand même clenché. Ça m’a un peu déconcentré dans le dernier tour, j’ai été un peu moins vite. Tout le monde veut sortir la course de sa vie, et lui, c’est ce qu’il a fait.

«Avec le recul, je sais que ce n’est pas moi que la foule encourageait, c’était l’autre. Mais ça ne changeait rien, je les entendais, c’était vraiment un bon feeling.»

St-Jean était encouragé pour l’avenir, même si la prochaine saison servira à s’avancer dans ses études en médecine dentaire. Sa saison actuelle est terminée, car à l’instar de Vincent De Haître et d’Alex Boisvert-Lacroix, il a renoncé à participer au Mondial sprint, à Minsk, le week-end prochain.

«Ça fait sept semaines qu’on est partis, et en plus, Patinage Canada n’a plus d’argent pour payer ça, il faudrait débourser de notre poche.»

Sa saison terminée, il pouvait s’offrir quelques bières en récompense avant de rentrer à la maison, lundi.