Alex Bellemare a bien hâte de s’élancer samedi. On le voit ici à l'entraînement en début de semaine.

Alex Bellemare prêt à y aller à 100 %

Trois-Rivières — Victime d’une sévère chute il y a un mois, qui lui a laissé un dos en compote, Alex Bellemare assure qu’il sera en plein contrôle de ses moyens, samedi soir, lorsqu’il s’élancera du haut de la piste du parc du Phénix, à Bokwang, pour l’épreuve de ski slopestyle des Jeux olympiques de PyeongChang.

À la mi-janvier, le skieur de Saint-Boniface croyait ses chances de participer à la grand-messe des sports amateurs d’hiver compromise après être atterri directement sur le dos à la suite d’une manœuvre qui a mal tourné dans les airs. Bellemare avait notamment dû passer son tour lors des prestigieux X Games, question de ménager son dos.

Arrivé en Corée du Sud il y a déjà une dizaine de jours, le Mauricien n’en peut plus d’attendre son tour. «Ça fait deux jours qu’on peut essayer la piste. J’avais hâte, ça fait longtemps que je suis arrivé ici», raconte-t-il, en entrevue téléphonique avec Le Nouvelliste.

«On va avoir droit à un parcours extravagant! Les rails sont débiles et les sauts sont très bien construits», ajoute le skieur de 24 ans.

Toujours aux prises avec des maux au dos, Bellemare jure qu’il sera capable de tout donner sur la piste. «Je pense que je vais pouvoir y aller à 100%. Oui, je vais skier avec de la douleur, mais ça ne m’empêchera pas de faire ce que je veux faire. De toute façon, l’adrénaline va faire oublier toute la douleur», explique le Bonifacien qui a grandi sur les pistes de Vallée-du-Parc.

OBJECTIF : LA FINALE
Cette saison, sur le circuit de la Coupe du monde, Bellemare a obtenu ses meilleurs résultats à Snowmass aux États-Unis (7e) et Stubai en Autriche (8e). Il a aussi terminé 36e lors de l’épreuve de Cardrona, en Nouvelle-Zélande. Lors des plus récents Championnats du monde, en mars dernier, les Bonifacien s’était classé septième.

Quant à son meilleur résultat en carrière, il l’a justement obtenu à Bokwang, en février 2016, en grimpant sur la plus haute marche du podium de la Coupe du monde présentée Corée du Sud.

À la lumière de ces résultats, une place en finale apparaît réaliste pour le 15e favori de la compétition. Pour ce faire, il devra se hisser parmi les 10 meilleurs sur les 30 athlètes en liste lors des qualifications qui seront présentés samedi soir à compter de 20 h (heure locale).

Pour Bellemare, la qualité de ses manœuvres dans les modules pourrait faire toute la différence puisque c’est à cet endroit de la piste qu’il se démarque du lot.

«J’aime ma descente de rails. Elle est assez technique. Par contre, il y a tellement d’options sur les rails que ça va être difficile pour les juges de différencier ce qui est le meilleur, analyse-t-il. Pour ce qui est de mes sauts, je vais demeurer dans mes moyens... à moins que je sois pris d’une impulsion de dernière minute!»

AUX PREMIÈRE LOGES
Avant son tour sous les projecteurs olympiques, Bellemare s’est permis d’assister à quelques épreuves à Bokwang.

Il était notamment aux premières loges pour assister à la victoire de son compatriote Mikaël Kingsbury lors de l’épreuve des bosses. «C’était assez impressionnant! C’était une des épreuves que je voulais absolument voir. J’ai eu l’occasion de croiser Mikaël jeudi et j’en ai profité pour le féliciter.»


« Oui, je vais skier avec de la douleur, mais ça ne m’empêchera pas de faire ce que je veux faire. De toute façon, l’adrénaline va faire oublier toute la douleur  »
Alex Bellemare

Bellemare a aussi jeté un regard attentif aux compétitions de slopestyle en planche à neige. Bien heureux des trois médailles récoltées jusqu’à maintenant (argent Maxence Parrot, bronze Mark McMorris et argent Laurie Blouin), le Mauricien admet que les conditions étaient terribles pour planchistes féminines.

«Quand on est allé essayer la piste, il ventait juste un peu et on sentait très bien le vent en descendant. Alors je peux juste imaginer à quel point ça ne devait pas être le fun pour les filles lors de leur compétition.»

Tous derrière Alex

Toute la famille d’Alex Bellemare aura les yeux rivés sur ses prouesses ce week-end alors que sera présentée l’épreuve de ski slopestyle aux Jeux olympiques de PyeongChang. Alors que la nervosité sera à son comble chez les parents, le frère de l’olympien, Jérémy, ne pourra s’empêcher de penser à tous les beaux moments vécus sur la piste avec le frangin.

Toutes ces heures passées à rouler aux quatre coins du Québec à la conquête de multiples compétitions de ski acrobatique seront récompensées lorsqu’Alex Bellemare s’élancera du haut de la piste au parc à neige Phénix de Bokwang, en Corée du Sud.

«On s’est promené d’un bord puis de l’autre ensemble. J’ai toujours eu l’impression qu’il allait se rendre loin. Il finissait toujours dans le top à chaque compétition au Québec. Puis, il est allé au Colorado et il a continué de performer.»

De trois ans l’aîné d’Alex, Jérémy ne regardera pas les Jeux en se disant que ça pourrait être lui au haut de la piste. Bien humblement, il admet que son frérot a toujours eu ce petit quelque chose de plus sur les pistes. «J’ai toujours aimé skier, mais les priorités ont changé au fil du temps. Et puis, je n’ai jamais été aussi bon que lui. Contrairement à moi, Alex a toujours bien géré son stress. C’est son point fort. À PyeongChang, c’est certain qu’il va être stressé en raison de l’ampleur des Olympiques, mais je suis convaincu qu’il va bien faire ça», indique celui qui a eu l’occasion de s’offrir quelques descentes à Vallée-du-Parc avec Alex pendant le temps des Fêtes.

Pour le paternel, les nerfs seront testés à souhait samedi soir dès le début des qualifications prévu à 20 h (heure du Québec). «C’est un gros stress. Tu ne veux pas qu’il tombe. Quand il fait un saut, le cœur t’arrête. Tu ne sais jamais ce qui peut arriver...», mentionne un Steven Bellemare rempli de fierté.

«Il a travaillé très fort pour se rendre là. Il n’a jamais lâché. Je suis allé porter souvent à la station et j’ai aussi voyagé avec lui. Quand il va descendre en piste aux Olympiques, je vais le regarder comme si c’était sa première compétition, en lui souhaitant simplement que ça aille bien.»