Frédéric Joannette veillera à la qualité des surfaces de jeu tout au long du Championnat canadien junior de curling.

Profession, maître des glaces

TROIS-RIVIÈRES — «C’est comme si on transformait un terrain de soccer en green de golf.»

Voilà comment Frédéric Joannette décrit la transformation de la patinoire de l’Aréna de Grand-Mère qui, depuis quelques jours, est séparée en cinq surfaces de jeu réservées au curling.

«Le comité organisateur a beau livrer la marchandise, si les glaces déçoivent les athlètes et les entraîneurs, ça portera ombrage à toute l’équipe», fait remarquer Joannette, technicien en chef des glaces en vue du Championnat canadien junior de curling, qui s’ouvre officiellement vendredi avec les premières séances d’entraînement, avant le début des compétitions samedi.

L’homme originaire de Valleyfield s’y connaît en système de réfrigération. Les amateurs de hockey se souviennent peut-être que les Cataractes avaient fait appel au spécialiste des glaces de la LNH, Mike Craig, pour appuyer l’organisation, aux prises avec des problèmes quant à la qualité de la patinoire lors de la Coupe Memorial en 2012.

Le comité curling de Shawinigan 2018, dirigé par Alain Boucher, s’est aussi assuré de miser sur l’une des bonnes têtes de sa discipline au pays.

En effet, Joannette cumule une vaste expérience dans le domaine, lui qui fut technicien en chef du Brier, des Cœurs Scotties ainsi que de nombreux championnats européens. Ce domaine, c’est 20 ans de sa vie.

«Et c’est mon premier national junior», sourit le principal concerné, qui décrit ce tournoi comme un «mini Brier».

«Tu as beau avoir les meilleures pierres au monde, si ta glace n’est pas de qualité, ça va paraître. Ces jeunes sont nos futures étoiles et Curling Canada nous oblige à miser sur des surfaces dignes des pros.»

C’est ce qui explique la présence de dix personnes sur l’équipe des glaces, dont cinq en provenance de l’extérieur du club local.

Un travail minutieux
Si vous croyez pouvoir créer une belle surface de curling en arrosant et en attendant que l’eau gèle, les risques que l’on se paie votre tête sont grands.

«Ça ne gèle pas comme une vitre, sourit Frédéric Joannette. Afin que la glace soit uniforme, ça nous prend une surfaceuse pour ajouter des gouttelettes d’eau et remplir les parties encavées. L’eau prend de l’expansion si on ne touche pas à la surface et ça crée des conditions de jeu difficiles. Pour une glace seulement, on doit calculer huit arrosages. Et ce à chaque séance.»

Une patinoire de curling mise sur un pouce de glace de plus qu’une patinoire de hockey.

«Quand je compare la transformation d’un terrain de soccer à un vert de golf, c’est exactement ça. Et on doit garantir un bon niveau autant pour les cinq glaces de l’Aréna de Grand-Mère que pour les trois autres du Centre municipal de curling, car les huit surfaces sont très importantes.»

Avec les sondes installées dans la glace et la collaboration avec l’équipe des frigoristes – qu’il compare aux mécanos de la course automobile – Frédéric Joannette est confiant de combler les athlètes qui débarqueront au Centre-de-la-Mauricie, dès vendredi.