Jean-Pierre Eto, un garçon de 10 ans originaire du Cameroun, fait partie des 20 jeunes nouveaux arrivants qui bénéficient du programme mis en place par le SANA et le CSTR.

Pour rallier les cultures

TROIS-RIVIÈRES — Le soccer ne connaît pas de frontières, on le constate avec la popularité de la Coupe du monde. C’est dans cette optique que le Club de soccer de Trois-Rivières offre, pour une deuxième année, un programme destiné aux immigrants et dont l’objectif vise à briser les barrières de l’isolement.

Le projet, élaboré par le Service d’accueil des nouveaux arrivants de Trois-Rivières (SANA) et le CSTR, a déjà fait ses preuves l’été dernier et il a été reconduit en 2018. Une vingtaine d’enfants de 6 à 14 ans en bénéficient, comme le signale le vice-président et entraîneur au club trifluvien, Jean-François Hardy, l’un des acteurs de cette initiative saluée par tous.

«Ils sont passionnés par le sport, mais trop souvent, n’y ont pas accès. La priorité en arrivant ici pour leur famille, c’est de s’établir, ce ne sont pas les loisirs», explique-t-il, en parlant de tous ces jeunes en provenance du Cameroun, du Congo, du Burundi, de la Syrie, de la Colombie ou d’autres pays asiatiques.

«On ratisse assez large! Ça devient une expérience culturelle très intéressante pour nos propres jeunes. Imaginez les discussions dans la voiture, lors des tournois à Shawinigan ou Victoriaville! C’est un beau lieu d’échanges.»

Le conseil d’administration du CSTR a voté un budget pour encourager des programmes sociaux comme celui-ci.

Les histoires recensées sont «fabuleuses».

Comme celle de ces deux Congolais, qui regardaient un match du FC Barcelone dans le salon familial au moment où Jean-François Hardy s’est pointé avec une simple paire de bas de soccer. «Ils avaient du feu dans les yeux. Leur père m’a expliqué qu’ils étaient à Trois-Rivières depuis un mois et qu’ils vivaient dans un camp de réfugiés auparavant. C’était la première fois qu’ils jouaient au soccer avec des souliers. Il fallait voir leur sourire pendant toute la pratique pour comprendre à quel point les choses changeaient pour eux.»

Une famille du Burundi composée de 10 enfants profite aussi du programme. Trois de ses jeunes sont inscrits aux activités estivales du CSTR.

«On paie leur inscription, les vêtements pour le sport et on leur fournit les transports. Des parents se sont portés volontaires. Pour certaines familles issues de l’immigration, le concept d’être prêt à l’heure pour les matchs ou les pratiques reste à apprivoiser, mais la plupart s’en tirent bien! Plus de la moitié des jeunes de 2017 sont de retour cet été.»

La réponse des jeunes s’avère fascinante aux yeux des entraîneurs et des parents.

«Le regard de l’adulte diffère tellement de celui de l’enfant. À leur âge, il y a une grande acceptation, les liens d’amitié se tissent rapidement. Ils ont une passion commune, celle du soccer. Ils grandiront ensemble avec ça. On a fait un bout de chemin sur la tolérance envers les homosexuels si on compare à la situation qui régnait il y a 20 ou 30 ans dans les écoles. C’est à souhaiter que nous assisterons aux mêmes changements positifs avec la tolérance envers les nouveaux arrivants, grâce à nos jeunes.»