Le championnat provincial scolaire de cheerleading a remporté un vif succès samedi au Complexe sportif Alphonse-Desjardins.

Populaire, le cheerleading

Il y avait un fourmillement incessant autour du Complexe sportif Alphonse-Desjardins, samedi, à l'occasion du Championnat provincial scolaire de cheerleading. Près de 3000 participants ont franchi les portes pour compétitionner dans 12 catégories différentes.
Le CSAD avait fière allure. Lumière tamisée, écran géant, scène éclairée, l'endroit avait de quoi impressionner les néophytes. Quelques centaines de chaises recouvraient la surface synthétique de soccer, celles-ci étant toutes occupées par les familles des athlètes, au même titre que les estrades habituellement réservées aux amateurs de ballon rond.
Sur la scène, les routines des 107 équipes scolaires et 14 formations collégiales se succédaient à un rythme infernal. «C'est notre plus gros championnat, il n'y en a pas un qui attire autant de spectateurs. On s'attendait à voir autant de monde», a indiqué la directrice générale du RSEQ Mauricie, Micheline Guillemette.
Alors que la popularité du cheerleading atteint des sommets - le nombre d'équipes présentes au championnat est passé de 40 à 120 en cinq ans -, la discipline doit encore combattre les préjugés de plusieurs qui ne font pas la différence entre les meneuses de claques sur les lignes de côté au football et le cheerleading de compétition.
Aux États-Unis, un tribunal de district a décrété en 2013 que le cheerleading n'était pas un sport pouvant être reconnu au même titre que le football ou le basketball dans les universités américaines en raison, entre autres, de l'absence de calendrier régulier et de séries éliminatoires.
Les intervenants sont clairs, la discipline est encore victime de préjugés malgré le fait que les chorégraphies, qui incluent des projections d'une quinzaine de pieds, n'ont rien à voir avec ce qu'on peut observer sur les lignes de côté lors d'un match des Alouettes de Montréal. «Quand on parle de cheerleading, les gens pensent à la version avec des pom-pom alors que c'est surtout de l'acrobatie. Ça nous bloque et il faut se dissocier des meneuses de claques», a avoué Laurie Jutras, qui dirige les Lions de l'école secondaire Chavigny.
Elle n'est pas la seule à être de cet avis. Enseignante au profil cheerleading au Séminaire Saint-Joseph, Joanie Morrissette frôle l'étouffement lorsqu'on lui dit que le cheerleading ne peut être reconnu comme une discipline sportive par les instances juridiques américaines. «C'est sûr que c'est un sport, je ne vois pas en quoi ce n'est pas un sport. Ça demande beaucoup d'endurance. Une performance, c'est un 2 min 30 secs très intense. Les gens ne voient pas tous les efforts que doivent faire les filles. C'est très demandant.»
Il ne fait d'ailleurs pas de doute que le cheerleading est exigeant physiquement. Il n'est pas rare que les acrobaties se terminent par une violente chute. Une étude de l'Université de la Caroline du Nord a d'ailleurs révélé que la discipline est classée au deuxième rang pour le nombre de participants blessés de façon catastrophique annuellement aux États-Unis, tout juste derrière le football. «Ce sont des gymnastes sur le terrain, des athlètes qui font des pirouettes. Les mentalités sont en train de changer. Oui, ça crie, ça chante, mais quand je les regarde faire, j'ai des frissons chaque fois», a avoué Micheline Guillemette.
Si l'événement a été un succès aux guichets, les équipes de la Mauricie n'ont pas su y tirer leur épingle du jeu. Aucune d'elles n'est parvenue à grimper sur le podium, toutes catégories confondues. Le meilleur résultat a été réalisé par les Lions de Chavigny avec une sixième place en juvénile 4.
De retour l'an prochain
Le succès qu'a connu le Championnat provincial de cheerleading scolaire au CSAD pourrait se répéter l'an prochain, puisque le RSEQ Mauricie accueillera de nouveau l'événement en 2015. Et s'il n'en tient qu'à Micheline Guillemette, ce fort contingent d'athlètes et de spectateurs sera aussi de retour en 2016. «Si on pouvait l'avoir une troisième année, ça ferait mon affaire, parce que nous avons fait un gros investissement en achetant la scène. On espère espacer les paiements sur trois ans alors c'est certain que nous allons faire la demande pour avoir le championnat lors d'une troisième année.»