Le Grizzly Simon Kean a montré ses griffes au début de la cinquième reprise, expédiant Esparza au tapis après une belle combinaison.

Plus ardu que prévu: Kean passe le K.-O à Esparza au 5e assaut

QUÉBEC — Simon Kean a fait sa part pour matérialiser le combat face à Adam Braidwood. Samedi au Centre Vidéotron de Québec, Le Trifluvien a empoché sa 14e victoire d’affilée depuis ses débuts chez les pros en passant le K-O. à Ignacio Esparza (21-3) au cinquième assaut.

Le combat a gardé la foule de plus de 4200 personnes sur son appétit. Le ventripotent Mexicain – qui a fait oscilller la balance à 273 livres la veille – n’avait pas trop le goût de mélanger avec l’olympien, à qui il concédait plusieurs pouces. Kean, de son côté, est resté prudent, ce qui n’a pas produit beaucoup d’étincelles dans les premiers assauts. Il y a eu des huées de plus en plus nourries entre le 1er et le 4e round. Le Grizzly a enfin montré ses griffes au début de la cinquième reprise, expédiant Esparza au tapis après une belle combinaison. Le quadragénaire s’est relevé mais une mitraille de coups l’a convaincu de retourner au sol et d’y rester.

«Je suis content. On voulait faire des rondes. Je risque d’avoir une guerre de 12 rondes au prochain combat, ça n’aurait pas été très productif de finir ça au premier round. J’ai pu mettre en pratique ce que nous avions préparé au gymnase», soulignait Kean, qui avouait avoir entendu les huées. «J’ai trouvé ça plate, les huées. Mais je comprends les gens, mon rival ne voulait pas attaquer. Il ne voulait pas se compromettre, il attendait le gros coup. J’ai été actif, j’ai lancé des coups, mais c’est dur de provoquer une guerre quand il y a juste un gars qui veut se battre», analysait l’élève de Jimmy Boisvert. «Peut-être que les gens s’attendaient à un combat plus court en raison du physique d’Esparza. Mais on avait fait nos devoirs, et on savait que c’était un gars qu’on devait respecter. Il avait quand même pas mal d’expérience, et un certain niveau d’habiletés.»

Boisvert était sur la même longueur d’ondes. «Si le gars avait eu 40 livres de moins, personne n’aurait chiâlé. Malgré ce surplus de poids, c’était un boxeur dont il fallait se méfier. Simon a respecté le plan, il a été méthodique et il s’est servi de sa mobilité. Il ne s’est fait pincer qu’une seule fois au cours du combat. Et quand l’ouverture s’est présentée, il a fini ça par un beau K.-O. Il sort d’ici avec un victoire face à un boxeur d’expérience, sans blessure, et prêt pour le prochain camp d’entraînement dans deux semaines. Il a livré la marchandise.»

Performance «très mature»

Camille Estephan était encore plus élogieux envers le Trifluvien. «C’est une performance très mature. On va bientôt arriver dans les hautes sphères de la boxe, et c’est une qualité qui sera extrêmement importante. Je suis très fier de Simon. Même si son adversaire l’a nargué, même si la foule s’impatientait, il a respecté le plan à la lettre. On ne voulait pas qu’il prenne de risques, un gros combat nous attend», mentionnait le grand patron d’Eye of the Tiger Management, qui a quand même avoué être déçu de la condition physique d’Esparza. «Ce n’est pas comme ça qu’il devait se présenter. On a compris pourquoi il ne voulait pas enlever son linge à la pesée. Il va y avoir des conséquences à ça», promettait-il.

Par contre, Estephan a farouchement défendu la qualité de sa carte. S’il y a eu plusieurs combats inégaux, c’est en raison de la qualité des boxeurs locaux, martelait-il. «Ça va être dur d’avoir des combats équilibrés pour un gars comme Sadriddin Akhmedov dans les prochains mois. Ce gars-là, c’est un sauvage! Dans deux ans, on aura le meilleur top 10 de toutes les écuries en Amérique du Nord. J’ai trouvé que les Mexicains ont offert une belle opposition dans l’ensemble.»

Il reste donc une étape avant d’officialiser le combat Kean-Braidwood. Ce dernier a une dernière sortie préparatoire à son agenda le 28 avril à Edmonton. «J’espère qu’il ne se défilera pas. Je suis prêt à lui faire payer toutes ses niaiseries sur les médias sociaux. Adam Braidwood, je viens bientôt te botter les fesses», a conclu Kean.

LIRE AUSSI :