Le 20 décembre 1917, Le Devoir fait mention de la victoire du Canadien à Ottawa. La première saison de la LNH aura été mouvementée, notamment avec une menace de grève des joueurs. À droite, le sommaire du match, publié dans le Ottawa Citizen, toujours le 20 décembre

Petit retour dans le temps

Trois-Rivières — Le 19 décembre 1917 marque le début officiel des activités de la LNH, avec deux matchs impliquant les quatre équipes fondatrices du circuit.

Pendant que le Canadien se rend à Ottawa pour affronter les Sénateurs, les Wanderers de Montréal reçoivent la visite des Arenas de Toronto, rebaptisés St. Pats, puis Maple Leafs quelques années plus tard.

Un retour dans le temps n’en serait pas un sans l’intervention de l’encyclopédiste du sport Gerry Rochon, qui a évidemment en sa possession les sommaires de matchs publiés dans les quotidiens du 20 décembre 1917!

De cette grande soirée de première pour la LNH, on retiendra d’abord les cinq buts inscrits par Joe Malone du Canadien, victorieux 7-4 sur la patinoire de ses rivaux. Pendant ce temps, au Westmount Arena, Harry Hyland enfilait lui aussi cinq buts, en route vers un gain des Wanderers 10-9. Dans les 100 années suivantes, un joueur parviendrait à marquer au moins cinq buts dans une rencontre à 58 autres reprises, le dernier étant Johan Franzen (Detroit, 2011).

L’honneur à Dave Ritchie

Si on célèbre les 100 ans de la LNH ce samedi dans la capitale fédérale, c’est bien à Montréal, pendant le match Arenas-Wanderers, que le premier but de l’histoire du circuit fut réussi, l’œuvre de Dave Ritchie, à 1:32 de l’engagement initial. Un dénommé Bert Lindsay protège la cage des Wanderers. Il est le père de Ted, l’un des meilleurs joueurs qui patinera dans la LNH. Ils sont plus de 7000 à avoir eu ce privilège en date d’aujourd’hui.

Le 20 décembre 1917, Le Devoir titre dans sa section sportive «Les champions sont victorieux à Ottawa», sous un texte relatant la victoire des Wanderers. Les champions, ce sont les Canadiens, tenants du titre de la NHA (Association nationale de hockey), la ligue qui cesse ses activités au moment où la LNH voit le jour.

«Le propriétaire des Blue Shirts de Toronto, Eddie Livingstone, ne faisait pas l’unanimité et les propriétaires de la NHA voulaient s’en débarrasser. Ils ont donc créé la LNH qu’on connaît aujourd’hui», explique Gerry Rochon, en rappelant qu’il n’y a pas six équipes originales, mais bien deux: le Canadien et les Arenas. Les Bruins de Boston (1924), les Blackhawks de Chicago (1926), les Red Wings de Detroit (1926) et les Rangers de New York (1926) arriveront plus tard, alors que d’autres formations disparaîtront, comme les Bulldogs de Québec, actifs seulement en 1919-20.

Québec avait rejoint les cadres du circuit pour ajouter une quatrième équipe, après la fin abrupte des Wanderers, victimes de l’incendie du Westmount Arena le 2 janvier 1918. Les Wanderers ont dû fermer les livres après seulement quatre matchs (six dans les faits, puisque deux ont été perdus par forfait). Les anglophones du Québec retrouveront une équipe pour les représenter en 1924, avec l’arrivée des Maroons. Ils joueront jusqu’en 1938, avant de cesser leurs activités en raison de la crise économique qui sévit durant cette décennie. Fortement ébranlé par celle-ci, le Canadien passe près de disparaître à son tour, mais sera sauvé. Au grand bonheur des générations suivantes, qui seront aux premières loges pour assister aux plus beaux moments de la plus vieille franchise du hockey professionnel.

Pour la génération la plus jeune, la patience reste cependant de mise...

En bref

Le Canadien entame son expérience LNH avec un titre de la Coupe Stanley, celui de 1916. Il faudra attendre à la saison 1926-27 pour que le précieux trophée devienne l’emblème de la LNH. Avant cela, la coupe de Lord Stanley couronnait le champion d’une confrontation entre les circuits de l’est et de l’ouest du continent...

Le premier match Canadien-Sénateurs met aux prises deux des meilleurs gardiens des débuts de la LNH: Clint Benedict (Ottawa) et Georges Vézina (Montréal)...

De l’avis de Gerry Rochon, le trio du Canadien formé de Joe Malone, Newsly Lalonde et Didier Pitre serait le premier gros trio de l’histoire du circuit.