Marc-Antoine Pépin affrontera l’équipe qui l’a repêché... et qui l’a échangé contre une caisse de rondelles en fin de semaine!

Pépin veut augmenter la cadence

Trois-Rivières — En ce week-end des rivalités, la LHJMQ a changé un peu sa formule en décidant d’opposer les Cataractes de Shawinigan au Phoenix de Sherbrooke dans ce duel aller-retour. À première vue, les Cataractes ont moins d’affinités avec le Phoenix que les Tigres de Victoriaville. Mais bon, la fin de semaine va peut-être permettre de bâtir une histoire entre deux équipes qui connaissent un excellent départ.

Chose certaine, Marc-Antoine Pépin souhaite être au coeur de l’action en fin de semaine. Il y a un peu moins d’un an, Le grand arrière natif de Bécancour voyait ses droits passer du Phoenix au Cataractes en retour d’une caisse de rondelles. Un modeste choix de dixième ronde, pour être plus précis. Une transaction mineure d’un gars évoluant dans le circuit collégial, qui est toutefois devenu toute une prise de Martin Mondou. Depuis, Pépin s’est en effet fait une place dans le top 4 de l’équipe, il a participé au camp des Maple Leafs de Toronto et son nom est apparu sur le premier bulletin de la LNH, en vue du prochain repêchage.

«J’ai affronté le Phoenix l’an dernier, c’était spécial un peu. Cette transaction, c’est la meilleure chose qui pouvait m’arriver. Je n’en veux pas au Phoenix. Mais bon, c’est sûr que lorsque j’ai joué à Sherbrooke l’an dernier, il y a une partie de moi qui voulait prouvé qu’ils m’ont mal évalué! Je suis convaincu que je vais ressentir la même chose ce week-end», propose avec sincérité Pépin, en avouant du même souffle souhaiter prendre un tournant au cours des prochains jours. «Le premier segment de 10 matchs est derrière moi, je veux lancer le reste de ma saison en fin de saison. Pas que je joue mal, mais je sais que je peux participer davantage aux succès de l’équipe. Défensivement, il y a eu des matchs où j’en ai arraché. Et offensivement, je peux créer davantage de choses. Je veuc faire grimper mon niveau de jeu et je veux que ça commence dès le prochain match.»


« Je n’en veux pas au Phoenix. Mais bon, c’est sûr que lorsque j’ai joué à Sherbrooke l’an dernier, il y a une partie de moi qui voulait prouvé qu’ils m’ont mal évalué! »
Marc-Antoine Pépin

Dans le camp du Phoenix, Stéphane Julien assure qu’il n’a pas mal jugé le protégé de Denis Francoeur. «On le savait qu’il avait des habiletés, qu’il avait seulement besoin d’un peu plus de millage. On ne lui aurait pas rendu service en le gardant et en ne le faisant pas jouer beaucoup. Notre philosophie, c’est toujours de ne pas empêcher un gars d’avancer et c’est la raison pour laquelle nous avons fait la transaction. Je suis très content de voir que ça se passe bien pour lui à Shawinigan. Maintenant, si c’était à refaire, le prix serait différent!», sourit Julien, qui dirige une équipe qui trône au sommet du classement général, avec une seule défaite au compteur. «Lors de la première fin de semaine, on aurait pu perdre les deux matchs. On a au contraire trouvé une façon de les gagner, et ça généré de la confiance. Nos leaders font de l’excellent boulot, et notre groupe travaille fort en ce moment. C’est très plaisant.»

Julien ne tarit pas non plus d’éloges envers les Cataractes. «C’est une équipe bien différente de l’an dernier. Mieux structurée, avec de la vitesse. Ce sont peut-être les deux équipes les plus rapides de la ligue qui s’affrontent en fin de semaine.»

Soutirer davantage du jeu de puissance

Dans le camps des Cataractes, ces deux matchs face au Phoenix lancent une séquence de six duels face à des équipes qui ont une fiche combinée de 30 victoires, huit revers et quatre revers en prolongation. La crème du plateau, quoi.

«On a connu une bonne tranche de dix matchs, nous voilà face à un gros test. J’aime que ça arrive tôt dans la saison, ça va nous indiquer où nous sommes rendus dans notre progression, et sur quoi il faut travailler au cours des prochaines semaines. Ça, c’est pour le portrait global. Mais en ce moment, on se concentre uniquement sur le prochain match, celui de vendredi.»

Pour tenir tête à une équipe aussi aguerrie que celle du Phoenix, Daniel Renaud sait qu’il devra soutirer davantage de son jeu de puissance. L’avantage numérique shawiniganais roule à 14,3%. En comparaison, celui du Phoenix se pavane avec un taux de réussite de 34.1%! Ne cherchez pas plus loin pourquoi il y a cinq points qui séparent les deux équipes au classement en ce moment... «Nous sommes encore au stade de placer les choses. Évidemment, tu veux toujours avoir une bonne moyenne. Mais, encore plus important, c’est que ton jeu de puissance produise dans les gros moments», fait valoir Renaud.

Bien sûr, Pépin peut être une des clés à ce chapitre, lui qui n’a que deux mentions d’aide à sa fiche depuis le début de la saison. Renaud est toutefois loin de juger son défenseur de 18 ans sur ses statistiques. «Il ne faut pas oublier qu’il n’a qu’une quarantaine de matchs d’expérience dans la ligue. On lui en demande beaucoup, il a les responsabilités d’un gars d’une première paire. Est-ce qu’il connaît un bon début de saison? Assurément, sinon la fiche de l’équipe serait moins reluisante. Marc-Antoine est encore en développement, il est en train d’apprendre à bien choisir ses moments pour appuyer l’attaque.»

Cataractes et Phoenix s’affrontent à Sherbrooke vendredi soir, avant de se retrouver dimanche après-midi à Shawinigan. Les Cataractes devront d’ailleurs se passer des services du vétéran défenseur de 20 ans Jordan Lepage, suspendu cinq matchs jeudi pour un coup de coude à la tête d’Andrew Coxhead lundi face aux Remparts.