Pavlos Antoniades pourra continuer de s’entraîner sous la supervision de Pascal Dufresne.
Pavlos Antoniades pourra continuer de s’entraîner sous la supervision de Pascal Dufresne.

Pavlos Antoniades: du triathlon à la médecine

Michaël Fréchette
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Certains ont tous les talents, eh bien, c’est le cas de Pavlos Antoniades. À seulement 20 ans, le jeune homme peut se targuer d’être reconnu comme un triathlonien d’exception. Visiblement, ce n’était pas assez pour le natif de Trois-Rivières, lui qui a complété un véritable tour de force en étant admis au programme de médecine au Campus Mauricie affilié avec l’Université de Montréal, lui permettant ainsi, de poursuivre la destinée de ses deux grandes ambitions simultanément, là où tout a commencé.

«On récolte ce que l’on sème», citation bien populaire et couramment utilisée, mais qu’une fois décortiquée et analysée, prend tout son sens. Le parcours du jeune Antoniades n’y fait pas exception. Surtout pas. Lorsqu’il a un but en tête, il fait tout en son pouvoir pour arriver à ses fins. L’athlète avait les yeux rivés sur le programme de médecine et chérissait cette opportunité. Vous connaissez la suite, le jeune homme a atteint une fois de plus son objectif, mais non sans peine et misère.

«J’avais des cours chaque jour tout en m’entraînant une vingtaine d’heures par semaine. Le triathlon est demandant puisque ce sont trois disciplines à exercer et à maîtriser. La fin de semaine était ma chance de m’avancer ou de rattraper le retard en classe. Une journée typique rimait avec un réveil à 5 h 30, par la suite je nageais de 6 h à 8 h. Je me dirigeais ensuite à mes cours jusqu’à l’heure du dîner. Si j’avais une pause, j’en profitais pour étudier. L’après-midi, c’était à nouveau des entraînements, ce qui menait ma journée à l’heure du souper. Finalement, après avoir mangé je retournais dans mes livres. Toutefois, ces efforts me permettent aujourd’hui de poursuivre à la fois mon sport et mes études dans la même structure, avec le même entraîneur à Trois-Rivières où j’ai grandi et c’est une grande fierté», a soulevé le jeune homme.

Ayant le programme de médecine bien en vue, le Trifluvien a étudié les Sciences de la nature au Collège Laflèche sur une période de trois ans plutôt que deux afin de faciliter la conciliation du sport et des études.

«C’est beau le talent, mais ça prend du travail et Pavlos en est un bel exemple. Je l’ai vu aller et honnêtement, c’est exceptionnel comment il a travaillé fort. Il a vraiment bûché pour atteindre cet objectif. Il y a des gens qui pour entrer en médecine doivent y mettre toute leur énergie. Lui, il a été en mesure de le faire en plus de l’entraînement, des compétitions et tout en maintenant une vie sociale. Chapeau», s’est exclamé son entraîneur empreint de fierté, Pascal Dufresne.

Un parcours atypique qui s’apparente drôlement à celui de Laurent Duvernay-Tardif, joueur de football professionnel qui a concilié le sport de très haut calibre à ses études en médecine. Même son de cloche pour le triathlonien considérant les nombreux parallèles entre sa passion pour le sport et cette affection pour le domaine médical.

«J’ai toujours été passionné par les sciences, le corps humain et les sports. Je me suis souvent questionné à savoir quels traitements étaient préférables pour certains sportifs et j’aime analyser ça. J’apprécie également aider les gens et de pouvoir faire une différence dans la vie de quelqu’un. Je trouve ça magnifique et c’est une grande motivation pour moi. D’ailleurs, le parcours de LDT m’inspire beaucoup, surtout la façon dont il redonne à la communauté. La médecine est aussi un milieu très vaste où il y a tellement de choix, un peu comme le triathlon qui propose plusieurs disciplines. Il y a de nombreuses spécialités qui m’intéressent, peut-être quelque chose en lien avec le sport, mais j’ai encore beaucoup de temps pour décider», selon le principal intéressé.

Au fil de sa belle et surtout jeune carrière sportive, Antoniades a cumulé de nombreuses réussites dignes de mention. À seulement 20 ans, le jeune homme peut se vanter d’avoir derrière la cravate, trois participations aux championnats du monde juniors et d’actuellement évoluer au sein de l’équipe nationale de développement de triathlon.

«L’objectif ultime est d’aller un jour aux Jeux olympiques et de me rendre le plus loin possible dans le sport. Si c’est une victoire aux Jeux, ce sera une victoire et si c’est d’y aller, ce sera ça. L’important pour moi est de garder un équilibre de vie avec l’école. J’y vais lentement, mais sûrement et tant et aussi longtemps que je vais avoir du plaisir à m’entraîner, je vais continuer», a admis celui qui a commencé la pratique du triathlon à l’âge de huit ans.

L’école en priorité

«Le sport, c’est l’école de la vie. C’est ce qui lui a permis de devenir qui il est aujourd’hui. Il ne gagnera pas sa vie avec le triathlon. Pour moi l’école est toujours la priorité, mais câline que ce sport est un bon levier pour devenir une meilleure personne. Dans son cas, la notion de discipline de vie est assez impressionnante. L’organisation et la structure seront à jamais ancrées en lui. C’est beau à voir, c’est wow», a renchéri Pascal Dufrsne, qui est à l’emploi du Cégep de Trois-Rivières à titre d’enseignant en éducation physique et qui encadre Antoniades depuis maintenant sept ans.

Le sympathique athlète a tenu a souligner l’apport de son entourage, qui sans eux, rien de tout ça n’aurait été réalisable. «Je tiens vraiment à remercier le Collège Laflèche, la Fondation de l’athlète d’excellence, mes entraîneurs et ma famille. Ça a l’air d’un sport individuel, mais c’est important de mentionner qu’il s’agit d’un gros travail d’équipe et j’ai eu un gros appui.»